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n°20
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Carrières & Talents - Le diplôme bachelor RH & FoRMatioN
UN MARCHÉ
EN PLEINE CROISSANCE
Combien de bachelors compte-t-on ? « J’aimerais bien le savoir », répond du tac-au-tac Christian Chenel, délégué général du concours atout+3, et par ailleurs directeur des pro- grammes et de la scolarité de Novancia, bref un in- terlocuteur situé au cœur du système. « Les écoles de commerce font feu de tout bois. N’importe qui peut ouvrir un bachelor », analyse-t-il. aujourd’hui, aucun interlocuteur n’est en mesure de fournir une réponse quant au nombre de bachelors. Certains avancent le chiffre de 50, d’autres 100... voire da- vantage... L’idée à retenir ? Né – pour la plupart – dans les années 2000 dans les écoles de commerce de mi- lieu voire de bas de clas- sement, ce cursus connaît une forte croissance depuis deux ou trois ans. Un exem- ple:àl’ESCdeLaRo- chelle, l’un de ses trois programmes – le bachelor business – a vu ses effectifs grimper de 20%, les deux autres restant stables. Et Lucile ouvrard, en charge de ces programmes, précise « que la capacité d’accueil à La Rochelle peut encore s’accroitre probablement jusqu’à 2000 étudiants ». ils sont 1650 aujourd’hui. Par ailleurs, une antenne ouvrira ses portes à an- goulême, à la rentrée 2015, pour capter cette demande exponentielle. autre école et même constat : Novan- cia, école parisienne dé- pendant de la Chambre de commerce et d’industrie (CCi), constate une pro-
gretter : « Les entreprises regardent rarement les ca- pacités techniques d’un étu- diant ou d’un jeune di- plômé ».
parence. Mais le risque
n’est-il pas au contraire de
voir le millefeuille des dis-
tinctions s’épaissir davan-
tage encore ? aussi, « the »
critère reste, pour Joëlle
Schmalholtz-Malka, res-
ponsable de ces cursus à
l’iPaG Paris, les partena-
riats avec les entreprises.
Et de citer le tout prochain
bachelor comptabilité et
communication, mis sur les PME. « Depuis deux point même de voir leurs
chelor gagne du terrain sur les catalogues des petites et des grandes écoles.
roulé, la trame générale...
ESSEC intègrent une en- treprise de moins de 500 salariés. Ces jeunes-là ont la réputation d’être direc- tement opérationnels, des collaborateurs de terrain. « Ils n’hésitent pas à mettre les mains dans le cam- bouis », commente Didier Werhi, de l’EM Strasbourg. Pour Jean-François Fiorina, « le succès est patent. Au
LE POIDS
DE LA MARQUE Hugues Levecq a de la chance. Et il le sait. il est aux commandes d’un ba-
Le bachelor n’est donc pas à une contradiction près. Ce terme est une « appel- lation commerciale », rap-
« Les diplômés comme les entreprises ont tout à ga- gner de cette proximité pé- dagogique. »
LE MIDDLE MANAGEMENT
POUR CIBLE
60% des diplômés frais émoulus de l’iNSEEC dé- crochent un emploi dans
La moitié des diplômés du BBA ESSEC intègrent une entreprise de moins
« Major de la promo du bachelor, expériences pointues à l’étran- ger... Non, non, rien n’est exagéré... »
chelor vieux de 40 ans, programme phare de l’Ecole des praticiens du commerce international (EPSCi), rebaptisé BBa ESSEC, du nom de la mai- son mère. « On n’a pas besoin de faire une expli- cation de texte, confirme- t-il. C’est un énorme avan- tage. Quand les recruteurs voient les deux sigles ac- colés, ils sont rassurés. ES- SEC est synonyme de qua- lité. » En l’absence d’idée précise sur le bachelor, l’ef- fet marque est prédominant. « Les candidats jouent sur
dévolus a.
inversion dans la hiérarchie des cursus se profilerait ! Une appellation commer- ciale devancerait le nec plus ultra des études supérieures. Ces propos ont de quoi agi- ter la société française, tel- lement attachée aux di- plômes !
pelle le ministère de l’En- seignement supérieur, et en rien un diplôme. Sur le par- chemin des tout jeunes di- plômés, on peut lire « Bac+3 en... » autant s’y plier pour les écoles, sinon le sceau de l’Etat – à savoir le visa – n’est pas accordé.
Ces jeunes-là ont la réputation d’être directement opérationnels, des collaborateurs de terrain
VERS PLUS DE LISIBILITÉ ?
Difficile de séparer le bon grain de l’ivraie. Le visa et le titre du Répertoire na- tional des certifications pro- fessionnelles (cf. encadré) ne satisfont pas tous les ac-
pied avec le concours du conseil supérieur de l’ordre national des experts-comp- tables. D’ici cinq ans, 50000 postes seraient à pourvoir, avec des évolutions pro- fessionnelles en perspective. Joëlle Schmalholtz-Malka, comme les autres respon- sables de filières, lancent d’ailleurs un appel pour une plus grande implication des patrons de PME. Elles peuvent influencer les ma- tières au programme, le dé-
de 500 salariés
ou trois ans, les grands groupes ont arrêté de re- cruter, constate Claire Sou- vigné, directrice de l’iN- SEEC Bachelor. Et comme les grandes écoles plan- chent sur des cas L’Oréal ou d’autres noms du même acabit, bien éloignés des préoccupations des PME, les petites écoles ont un rôle à jouer pour former et pourvoir les postes du mid- dle management. » La moi- tié des diplômés du BBa
salaires aux Etats-Unis et en Allemagne dépasser ceux
ux masters. » Une
Murielle Wolski
gression de 10 à 15% de ses effectifs. L’Ecole su- périeure de commerce et de marketing iStEC a déjà diplômé deux promotions, de 150 étudiants chacune. L’iPaG s’apprête à sortir la première. Et audencia a repris à son compte le ba- chelor, proposé par l’Ecole atlantique de commerce (aEC). Le phénomène ba-
le nom de l’école, constate augustin Jaclin, jeune en- trepreneur et cofondateur de Lemon tri, société de services pour l’amélioration du tri sélectif et du recy- clage, qui recouvre des cur- sus parfois bien différents. A juste titre, c’est ce que nous allons regarder en premier. » Et Guy Gascoin, à la tête de l’EaC de re-
teurs, écoles, étudiants ou entreprises. aussi, depuis plusieurs mois, plusieurs responsables de bachelors, avec le réseau atout+3 en tête, militent-ils auprès du ministère de l’Enseigne- ment supérieur pour obtenir un grade de licence. Une sorte d’équivalence. Chris- tian Chenel voit là une ré- ponse au besoin de trans-
Mai 2015
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