Page 58 - EcoRéseau n°20
P. 58

www.ecoreseau.fr
n°20
StRatÉGiE & iNNoVatioN NUMÉRiQUE Décryptage - Secteur de l’animation et des effets visuels L'occasion pour EcoRéseau d'expliciter en détails le sujet principal de Stratégie & Innovation Numérique
French touch animée
a Reconnuetconvoité,lesavoir-fairefrançaisenmatièred'animationetd'effetsspéciauxestrécompensé et apprécié dans le monde entier. Retour sur les raisons du succès.
la base, ils vou- le projet Mr. Hublot de Lau- la société de production système de soutien et d’en- quel a notamment travaillé en Allemagne, en Grande- laient juste un rent Witz et alexandre Es- d’animation 2D et 3D et cadrement efficace (CNC, le studio teamto) en sont Bretagne ou en Italie. Et menu KFC avant pigares qui remporte à son d’effets spéciaux numériques collectivités territoriales, des exemples récents. Le réciproquement. » Mais si
de reprendre leur service. tour l’oscar du meilleur chaînes de télévision, co- box-office et la façon dont la France parvient à faire
Mais pour ces deux flics à l’allure de Bibendums Mi- chelin, le destin en a voulu autrement. Un appel radio, un coup d’œil dans le rétro et l’évidence : le repas, ce sera pour une autre fois. Car un dangereux psycho- pathe, sosie de Ronald McDonald, a été repéré dans le coin et fuit à leur ap- proche. Une course-pour- suite puis une fusillade s’en- gagent dans les rues de Los angeles aux décors recréés à partir de logos publicitaires connus... En 2010, le court- métrage d’animation Logo- rama(1) jouait ainsi durant 16 insolentes petites minutes avec les codes du thriller et de la pub dans une fiction au rythme endiablé. Né de la collaboration entre
court-métrage d’animation. Depuis 2008, toujours dans cette catégorie, Oktapodi, Dimanche ou encore Ma- dagascar, carnet de voyage ont également
les œuvres d’animation créées et pro- duites en France par- viennent à circuler dans le monde té- moignent de ce suc- cès. « Bien que nous disposions de peu de chiffres, nous savons instinc- tivement que l’animation française s’ex- porte bien, in- dique Patrick Eveno, directeur du Festival inter- national d’anima- tion d’annecy. Encore plus que les récompenses, c’est un signal fort de l’excellence hexa- gonale dans ce domaine. » Et ce malgré l’aspect limité et aléatoire du marché na- tional et européen : « Il n’y a pas véritablement de mar- ché européen, regrette Pa- trick Eveno. Un film qui fonctionne bien en France ne marchera pas forcément
10 réussites du cinéma
d'animation français à voir ou à revoir
Astérix et Cléopâtre (1968), de René Goscinny et Albert Uderzo. La Planète sauvage (1973), de René Laloux.
Le Roi et l'oiseau (1980), de Paul Grimault.
Kirikou et la sorcière (1998), de Michel Ocelot.
Les Triplettes de Belleville (2003), de Sylvain Chomet.
La Prophétie des grenouilles (2003), de Jacques-Rémy Girerd. Persepolis (2007), de Vincent Paronnaud et Marjane Satrapi. L'Illusionniste (2010), de Sylvain Chomet.
Moi, moche et méchant 1 (2010) et 2 (2013), de Pierre Coffin et Chris Renaud.
Ernest et Célestine (2012), de Stéphane Aubier, Vincent Patar et Benjamin Renner.
le studio H5 et la
société spécialisée
dans la création
d’effets visuels numériques Mi-
kros image, ce
projet franco-fran-
çais allait alors connaître un par-
cours pavé d’or : prix Kodak à la Semaine de
la Critique du Festival de Cannes 2009, puis oscar du meilleur court-métrage d’animation en 2010 et enfin César du meilleur court- métrage en 2011. Excusez
les effets visuels sont sou- vent nominés et récompen- sés dans diverses compéti- tions internationales, comme par exemple aux Visual Ef-
Cube Creative, à l’ori- gine des séries animées Kae- loo et Piggy Tales. On re- trouve cette réussite dans tous les secteurs de notre activité, aussi bien dans la
pro- ductions...) ayant nourri la mise en place d’un système ver- tueux permettant à l’ani- mation française de se dé- ployer et d’installer une in- dustrie solide. S’il reste dif- ficile, dans le domaine du cinéma, de faire sa place
PAS SEULEMENT
UNE QUALITÉ TECHNIQUE
Certaines sociétés consti- tuent à ce sujet des réussites remarquables. « Les pro- ducteurs les plus importants, à Hollywood, n’hésitent pas à confier aux meilleurs stu- dios français la création de leurs images, se réjouit Lio- nel Fages. On peut citer par exemple le succès du
été nommés, de même que L’Illu- sionniste, Une Vie
de chat ou Ernest
et Célestine
pour l’oscar du meilleur film d’ani- mation. au- delà des os- cars, les so- ciétés et ar- tistes spé- cialisés
dans
La faculté de donner vie à tous les personnages, des plus gentils...
circuler ses œuvres, c’est avant tout son savoir-faire qui est recherché et s’ex- porte facilement. « A tel point que nous aimerions parfois bien que ce savoir- faire brille moins aisément à l’étranger, et que nous puissions importer davan- tage de projets », sourit Ju- lien Meesters, directeur gé- néral adjoint de la société Mikros image ayant œuvré aussi bien sur des publicités (Canal +...), des films d’ani- mation (Astérix et le do- maine des dieux...) que sur les effets visuels de longs- métrages (De rouille et d’os...). Un œil attentif et avisé repérera ainsi souvent des noms français aux gé- nériques des films à effets internationaux.
Le studio Illumination Mac Guff basé à Paris, filiale du groupe Universal, a fabriqué 97% du long-métrage d'animation 3D Moi, moche et méchant 2, qui a réalisé 1 milliard de dollars
du peu. Heureux hasard ? Coup de chance isolé ? Pas du tout. L’animation fran- çaise se porte bien, voire très bien, et se retrouve ré- gulièrement sous le feu des projecteurs. En 2014, quatre ans après Logorama, c’est
58 Mai 2015
fects Society awards. « Sec- teur d’excellence », « Réus- site totale »... Les superlatifs sont de sortie pour qualifier cette situation. « Ce n’est pas du tout à nuancer, confirme sans hésitation Lionel Fages, président de
création, la composition, la production que la post-pro- duction. »
aux côtés des majors hol- lywoodiennes disposant de budgets infiniment plus conséquents, l’animation française, petit à petit, fait son nid et prend des parts de marché à l’international – Minuscule et Gus (sur le-
BONNE
UTILISATION DE LA MONDIALISATION Une réussite étayée par un


































































































   56   57   58   59   60