Page 32 - EcoRéseau n°20
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n°20
CLUB ENtREPRENDRE En immersion - Les Gobelins, école d’animation
Dans chaque numéro, un(e) journaliste d'EcoRéseau fait un reportage in vivo dans une entité (entreprise, usine, incubateur, association...)
tremplin pour Hollywood ?
afin de décrire ce qu'il voit, de comprendre le fonctionnement au jour le jour, la capacité à innover et les flux financiers
VL'école des Gobelins est pour beaucoup dans cette « french touch » de l’animation et des effets spéciaux visuels. Visite guidée...
endredi après-midi, poir de travailler pour les néma d’animation, qui ne putation de faire du très comme la série de films parler d’élèves couteaux- boulevard Saint- studios les plus réputés, en recrute que 25 élèves par beau avec des coûts restant réalisée par des étudiants suisses. Les enseignants Marcel à Paris. Une France comme à l’étranger. promotion... arthur, lunettes raisonnables. » sur le thème du parfum La préfèrent évoquer des pro-
poignée d’élèves fument en Dreamworks, Electronic rondes et bracelet brésilien, RÉPONDRE AUX
BESOINS DES ENTREPRISES
L’école se distingue aussi par un taux d’insertion hors norme. aucune des forma-
Petite Robe Noire de Guer- fils en t : une profonde
s’abritant de la pluie devant l’entrée de l’école des Go- belins. Certains ont les traits tirés par la fatigue, mais tous parlent avec passion de leurs travaux. Pierre est en dernière année, et tra- vaille sur son film de fin d’études. « Ce projet mo- bilise tout mon temps, c’est assez stressant », reconnaît le jeune homme, qui a été admis à l’école après un DMa d’animation. « C’est un travail réalisé en groupe, très similaire à ce que nous serons amenés à réaliser dans une vraie production », détaille Clémence, elle aussi étudiante en dernière année de la filière cinéma d’animation.
arts, Disney, Pixar, ou en- core Sony... Et pour cause : l’école entretient une rela- tion privilégiée avec ces studios, qui sont membres des jurys de fin d’études et
fait partie des heureux élus. il se souvient de la prépa- ration intense qu’il a suivie : « J’ai passé un an à bosser à fond, non-stop. Je suivais une classe prépa aux écoles
lain, dévoilée en février der- nier. La collaboration avec les entreprises passe aussi par la mise à disposition de certains matériels dont dis- pose l’école, comme le la- boratoire ergodesign : une vraie caverne d’ali-Baba en matière de technologie de pointe. Matériel d’eye- tracking, casques encépha- lographiques... dans cette petite pièce située en sous- sol, on trouve tous les ins- truments nécessaires pour analyser la trajectoire du regard, savoir où l’œil s’at- tarde, si le spectateur com- prend le message rapide- ment... Des données qui re- présentent une véritable mine d’or dans le monde de la publicité. La location de ce matériel à des pro- fessionnels et l’expertise des équipes permettent aux Gobelins de financer le dé- veloppement de l’école. « Comme beaucoup d’autres écoles, nos ressources his- toriques tendent à se tarir, nous devons donc en trouver d’autres », explique arnaud Lacaze, enseignant-forma- teur et responsable de Pro- Lab, l’incubateur de projets de l’école.
compétence métier, et une capacité à travailler trans- versalement. L’une des clés de l’école pour accéder à l’emploi, c’est aussi l’al- ternance, qui est l’un des piliers de l’enseignement dans la plupart des forma- tions dispensées aux Go- belins : les élèves passent trois jours en cours et deux jours en entreprise. « C’est ce qui permet à nos étu- diants de vraiment appli- quer au sein de l’entreprise ce qu’ils ont appris en cours », note Moïra Mar- guin. Un point noir dans ce beau tableau : la préca- rité des contrats obtenus, souvent des CDD d’usage. « Même dans les grands studios, lorsque le film est terminé, le contrat s’ar- rête », soupire Moïra Mar- guin. Les diplômés doivent aussi être toujours plus no- mades. « Les productions ont souvent lieu en fonction des mesures incitatives mises en place par les dif- férents gouvernements, comme des crédits d’im- pôt », souligne Cécile Blon-
DANS LA COUR DES
GRANDS
a l’intérieur de l’école, c’est
l’effervescence. Dans la
salle réservée aux
deuxièmes années, les étu-
diants planchent sur les vir-
gules visuelles du festival
d’annecy (15 au 20 juin)
dans une ambiance stu-
dieuse. Répartis par groupes
de cinq, ils ont pour objectif ciens élèves présents dans mouvement... » Si les géants alors, quelle est la recette
de réaliser des films de 45 secondes. « Les années pré- cédentes, c’était un peu plus court, mais nous allons y arriver. Je pense que nous
les grands studios – comme Kristof Serrand, directeur de l’animation à Dream- Works et ancien des Gobe- lins – est aussi un atout ca-
de l’animation made in USA courtisent les étudiants des Gobelins, c’est aussi parce que l’école représente le nec plus ultra de la « french
du succès ? « Notre raison d’être, c’est vraiment de ré- pondre aux besoins des en- treprises, de travailler en partenariat avec elles »,
PRÉPARER LES ÉTUDIANTS À L’INSTABILITÉ
DU MÉTIER
Depuis quelques années, l’école des Gobelins s’est fixé pour nouvel objectif de répondre à la conver- gence des médias. « Au- jourd’hui, un photographe doit savoir faire de la vi- déo ; un motion designer doit savoir faire de l’ani- mation et de la vidéo, voire même écrire un scénario. Il y a quelques années, c’était impensable », re- marque arnaud Lacaze. Pas question pour autant de
del, respon.
national de l’école. Fuite des talents ? Non pour Cé- cile Blondel : « Nos étu- diants partent, reviennent, repartent... Ils vont là où se trouvent les projets, mais rares sont ceux qui aban- donnent définitivement la France. »
« Laissez-moi deviner : vous rêvez de travailler pour Georges Lucas, non ? »
participent avec elle à des événements comme le speed-recruiting d’annecy. L’important réseau d’an-
d’animation à Sèvres. Il faut un niveau très rigoureux en matière de perspective, de volumes, de perception du
tions de l’école n’est en dessous du seuil de 80%, et les filières de l’animation sont proches du 100%. Mais
sable de l’inter-
Matériel d'eye-tracking, casques encéphalographiques... des instruments pour analyser la trajectoire du regard et savoir si le spectateur a compris
Antoine Pietri
allons y arriver », espère Frédéric Nagorny, ensei- gnant au département ci- néma d’animation, un peu inquiet tout de même de l’avancement des travaux. Entrer dans l’une des for- mations dispensées par les Gobelins, c’est souvent l’es-
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pital. Mais comme dans toute école d’exception, il y a beaucoup d’appelés et peu d’élus. L’an dernier, ce sont plus de 600 étudiants qui se sont pressés au cours d’entrée de la formation phare de l’école, celle qui prépare aux métiers du ci-
touch », cette animation à la française extrêmement prisée outre-atlantique. « Il existe cette réputation de l’excellence française, ré- sume Cécile Blondel, res- ponsable de l’international pour l’école. Mais nous de- vons aussi soigner notre ré-
explique Moïra Marguin, la responsable du Département Cinéma d’animation de l’école, rappelant au passage que l’école fait partie de la CCi de Paris. Nombre de projets pédagogiques sont d’ailleurs l’occasion de nouer des partenariats,
Infos pratiques
Frais de scolarité : de 6 500 à 9 900 euros par an en fonction des cursus Adresse :
73 Boulevard Saint-Marcel, 75013 Paris
Site web :
http://www.gobelins.fr/

