Page 34 - EcoRéseau n°20
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n°20
CLUB ENtREPRENDRE Electron libre - Entrepreneur précoce
Dans cette rubrique EcoRéseau met à l'honneur un(e) entrepreneur(e) parce qu'il (elle) a un profil atypique, parce que son entreprise
Coques en stock
évolue dans un secteur unique ou parce qu'il (elle) a eu l'idée de sa boîte d'une manière peu conventionnelle
Louis Haincourt a prouvé sa précocité entrepreneuriale en créant une boîte à 16 ans. Quatre ans plus tard, il développe Dealer de Coque en parallèle de ses études.
a 15 ans, alors que les statuts de son entreprise, ses camarades ré- en avril 2011. Pas sans visaient leur brevet, peines : « Créer sa boîte
PREMIÈRES RÉCOMPENSES Heureusement, les pre- mières récompenses n’ont pas tardé à tomber. D’abord parce que le pianiste s’est découvert une passion pour
sance prometteuse. En 2014, Dealer de Coque a réalisé un chiffre d’affaires de 120 000 euros, et vise 150 000 euros en 2015. De quoi dégager un salaire confortable pour l’étudiant
Cette année, l’étudiant caen- nais a aussi rejoint l’incu- bateur de l’EM Normandie, l’insiDE (institut du déve- loppement de l’innovation et du développement de l’entrepreneuriat). Un coach
qualité, et d’être plus effi- cace dans l’expédition ». a partir du plastique importé, il imprime les coques à l’aide des six machines – imprimantes 3D, presses – installées chez lui. La fa- brication demande quatre à dix minutes. Les coques personnalisées sont ainsi envoyées dans les 24 heures après leur commande. En outre, « dès qu’un fabricant lance un nouveau téléphone sur le marché, je suis plus réactif que mes concur- rents », explique le « dea- ler ». il a aussi fait le choix d’étendre le nombre de ses références de téléphones, même si certaines lui coû- tent plus qu’elles ne lui rap- portent, afin de ne pas per- dre de clients au profit de ses concurrents. C’est aussi lui qui, depuis le début de l’aventure, gère le suivi des client : « Cela me permet de les connaître et de créer une relation humaine avec eux, ce qui est assez rare pour un site Internet ».
Louis Haincourt faisait ses premiers pas dans l’entre- preneuriat. C’était en 2010 et presque par hasard : pour ne pas abimer son iPhone 3G, le jeune homme, qui rêvait alors de devenir jour- naliste, se met en quête d’une coque. il commence par faire le tour des maga- sins, mais son argent de poche ne lui permet pas de s’offrir les premiers prix du marché, de 20 à 30 euros le bout de plastique. Sur in- ternet, même constat après une rapide recherche : au- cune offre bon marché. alors il fouille dans les re- coins du Net, avec des re- quêtes en anglais dans les moteurs de recherche. au détour d’une page, il finit par découvrir un lot de 100 pièces, made in China, pour une centaine d’euros. Le collégien tente le coup. il conserve dix coques de cou- leurs différentes pour lui- même, et vend le reste à des copains de classe et sur Le Bon Coin pour une poi- gnée d’euros. très vite, l’en- trepreneur précoce tombe en rupture de stock et devant l’insistance de ses cama- rades, se décide à repasser une commande en Chine, en envoyant ses propres dessins pour personnaliser les coques. Puis une autre, et encore une...
avant la majorité est un parcours du combattant. J’ai profité d’un flou juri- dique, mais cela ne pouvait
"Hé Dealer de Coque, t'as pas une dose pour mon smartphone ?"
où se voie le jeune homme dans dix ans ? « C’est diffi- cile à dire, peut-être que les téléphones auront été remplacés par des montres ou des lunettes connectées. Mais j’espère encore être mon propre patron, ou avoir la possibilité d’innover et de créer pour le compte d’une entreprise, en ayant beaucoup de liberté. » a plus court terme, il envisage d’acquérir un camion pour imprimer des coques sur les marchés cet été, afin « de ne pas avoir de baisse
se faire que sous le statut de l’EIRL, et j’ai dû atten- dre deux mois et demi avant que ma demande soit vali- dée, alors que cela se fait normalement dans la jour- née », se souvient Louis Haincourt. Comme il lui était aussi impossible de créer un compte profes- sionnel avant l’âge du per- mis de conduire, il a dû se contenter d’un compte per- sonnel. Et à chaque signa- ture de contrats, l’un de ses parents devait être présent à ses côtés. Pour les entre- preneurs précoces, difficile de couper le cordon. Celui qui vient d’embaucher son premier employé découvre aussi les contraintes de la viedepatron:«Unsitede e-commerce ne peut pas fermer, donc je ne peux pas prendre plus de quatre jours de vacances de suite ».
l’entrepreneuriat : « J’aime développer un projet de A à Z, ainsi que l’indépen- dance et l’autonomie que cela procure ». Ensuite, parce que les médias s’em- parent de son histoire et la
qui peut ainsi voyager et payer ses frais de scolarité. En effet, une fois son bac en poche, Louis Haincourt rejoint les bancs d’une école de commerce, l’EM Nor- mandie, afin de parfaire ses
de l’école l’accompagne et le conseille sur tous les as- pects de la création d’en- treprise : développement, levée de fonds... L’incuba- teur lui offre aussi dix cré- dits d’une heure pour ren-
LYCÉEN- ENTREPRENEUR Bientôt, il apparaît plus pra- tique de créer un site mar- chand pour écouler son stock, plutôt que de ren- contrer personnellement chaque acheteur après la première approche sur Le Bon Coin. Ses 16 ans ré- volus, le Versaillais décide d’officialiser les choses, en se rendant à la Chambre de commerce et d’industrie des Yvelines pour déposer
Créer sa boîte avant la majorité relève du parcours du combattant
34 Mai 2015
relaient largement. a la grande surprise du principal intéressé : « Je trouvais cela étrange, car je n’avais pas le sentiment d’avoir créé quelque chose d’exception- nel ». Cette communication gratuite lui permet d’en- granger les commandes et de développer son affaire sans avoir à taper à la porte d’un banquier. Par l’auto- financement et en réinves- tissant les bénéfices, la petite entreprise connaît une crois-
connaissances du métier. Sa deuxième année d’études toucheàsafin:«Mêmesi je maîtrisais déjà certains des domaines enseignés, Dealer de Coque me per- mettait de mettre très vite les cours en pratique ». Conscient qu’un client coûte plus cher à conquérir qu’à fidéliser, il a ainsi pu amé- liorer son service client, afin de résoudre plus effi- cacement les problèmes de livraison ou de casse.
contrer des professionnels. il a ainsi pu échanger avec un expert comptable et un spécialiste des sites mar- chands en Normandie.
dans cette période
MADE IN FRANCE
d’activité .
compliquée », et espère dé- velopper une activité de conseil en développement de sites marchands. il faut reconnaître qu’il est bien placé pour : malgré ses 20 ans, il compte déjà cinq ans d’expérience dans le domaine.
L’apprenti homme d’affaires analyse les points forts de son entreprise, dont l’es- sentiel des produits est fa- briqué en France, contrai- rement à la plupart de ses concurrents : « Cela permet d’avoir un contrôle sur la
Aymeric Marolleau

