Page 71 - EcoRéseau n°19
P. 71

n°19
www.ecoreseau.fr
La Sélection culturelle
ArT DE vivrE & PATriMoiNE
Choix culturels et artistiques de la rédaction, sans prétention aucune
Livres / BD
n La Porte du secret, de Christel Noir
Albert Camus, dans son Mythe de Sisyphe, disait de l’homme
qu’il devenait un étranger au monde dès lors que ce dernier
était dénué d’enchantements et d’illusions. C’est peut-être pour
lutter contre ce constat qui nous accable que Christel Noir nous
distille beaucoup d’espoir et d’optimisme dans son dernier ou-
vrage : La Porte du secret. Au milieu des Tristan et Yseult ou
des Roméo et Juliette, le thème central de l’œuvre demeure un
lieu commun de la Littérature : Les amours impossibles, cette
fois-ci, entre Marie, libraire de son état et Josh, scénariste franco-américain. Dans son traitement, l’ouvrage fait partie de
ces livres qui, une fois arrivés à leur terme, vous procurent un
sourire aux lèvres et l’envie de croire à la diète faite d’amour et d’eau fraîche.
La Porte du secret, roman aux Editions Héloïse d’Ormesson, 320 pages, 19 euros
n 50 bonnes raisons de choisir l'optimisme,
de Thierry Saussez (Éd. Saint-Simon)
Le conseiller en communication Thierry Saussez (chroniqueur pour EcoRéseau) a décidément enfilé le heaume et saisi la lance pour pourfendre non pas des moulins à vent mais la sinistrose. Le créateur du Printemps de l'optimisme, à qui l'on doit aussi un Manifeste de l'optimisme (Ed. Plon) et Les 101 mots de l'opti- misme (Ed. Archibooks) publie en effet 50 bonnes raisons de choi- sir l'optimisme aux Éditions Saint-Simon, truffé de conseils simples et concrets pour cultiver les pensées et les émotions po- sitives. Le secret du bonheur et de la réussite ?
n Exposition « Souvenirs de Syrie » du 10 mars au 30 avril 2015,
Bibliothèque Buffon à Paris
« Souvenirs de Syrie », avec des photographies d’une époque révolue, présente une image très différente de celle véhiculée actuellement par les médias dans l’espoir de susciter chez le spectateur une prise de conscience du drame que vivent le pays et ses habitants.
Le photographe Alain Homsi présente ainsi deux séries de prises de vue : celle réalisée à Damas - lieu de son en- fance - et celle réalisée sur d’autres sites dont Alep, se- conde ville du pays. Loin de toutes considérations politiques, c’est avant tout une immense nostalgie qui se dégage de ses images. Cette impression est d’autant plus frappante lorsqu’on sait qu’il n’a pu retourner dans son pays depuis 2011.
Les clichés sont en vente à l’occasion de cette exposition,
dont tous les bénéfices seront reversés au profit de la cause des enfants syriens victimes des événements dramatiques actuels.
Infos pratiques : Visite du mardi au vendredi de 13h à 19h et le samedi de 10h à 18h (entrée libre) - Bibliothèque Buffon (15 Bis rue Buffon - 75005 Paris) - Site web : http://homsi.fr
n L’Esprit et la Main
Inédit ! Dans le cadre des Journées Européennes des Métiers d’Art, le Mobilier national, institution multiséculaire, vous propose de découvrir ses coulisses par la présentation originale de ses ateliers de restauration. L’occasion pour Olivier Roller, en parallèle de cette exposition, d’investir le Salon carré en mode carte blanche. L’artiste y dévoile une tapisserie photographique. Singulier. Appelée « l’Etat du monde - la tapisserie comme allégorie du pouvoir », la composition prend la forme d’un immense fil discontinu dans l’état d’esprit de la Manufacture des Gobelins. Une rencontre entre l’art et le politique où s’entremêlent les différences pour produire un tout ondulatoire et homogène.
« L’ESPRIT ET LA MAIN », exposition du 27/03 au 26/07, Galerie des Gobelins, 42 rue des Gobelins, 75013 Paris
n Munch, de Steffen Kverneland (Nouveau Monde Graphic, 2013) En une BD virtuose de près de 300 pages, l’ar-
tiste norvégien Steffen Kverneland raconte la
vie passionnante de son compatriote, le pein-
tre Edvard Munch (1863-1944), père du Cri, de
La Madone ou de L’Enfant malade. Il a fallu
sept longues années à l’auteur pour parvenir à
mettre la touche finale à son ouvrage, car il n’a
pas choisi la facilité. D’abord parce qu’il a mul-
tiplié les styles, adaptant son coup de crayon
au moment du récit : là du réalisme, ici du cu-
bisme, ailleurs de l’expressionnisme, mais aussi
de la photographie lorsqu’il se met lui-même
en scène, du croquis, de la caricature... Une pa-
lette qui fait honneur au précurseur de l’ex-
pressionnisme. Ensuite, comme Kverneland
l’explique dès les premières pages entre deux
gorgées d’aquavit, parce qu’il s’est imposé pour
règle de laisser parler les sources : « mon ma-
nuscrit sera un collage de citations à la lettre ! (...) L’intégralité du texte devra se composer de citations authentiques. Il est strictement interdit de les modifier ou d’en écrire soi-même. » Puisant dans les journaux, les correspondances, les notes et les peintures des protagonistes de l’époque, l’ouvrage donne au lecteur l’impres- sion de partager des instants de la vie interlope et sous absinthe des artistes scan- dinaves et germaniques du tournant du XXème siècle : Munch bien sûr, mais aussi le tourmenté Strindberg, Adolf Paul, Przybyszewski, ou encore l’anarchiste norvé- gien Hans Jaeger.
éatre
n IDEM, Collectif Les Sans Cou, mise en scène par Igor Mendjisky En guise d'introduction un conte pour enfants sous forme d'épanadiplose: "Pourquoi bébé ours blanc ne se sent-il pas ours blanc?" Derrière la "captation bénévole", le jeune collectif "Les Sans Cou" nous emmène sur les chemins sinueux de l'identité de Julien Bernard alias Gaspard Kasper, père de famille, mari aimant, terroriste, apatride amné- sique, présentateur loufoque, j'en passe. Le point de départ de l' intrigue ? Une prise d'otages dans un théâtre où le protagoniste, alors comédien venu voir un spectacle, subit la violence de l'attentat jusqu'à en perdre la mémoire. S'entremêlent ensuite plusieurs temporalités et une multitude de fils narratifs au service du questionnement du spec- tateur: La recherche désespérée de la femme de Julien Bernard qui sans sa moitié perd de son identité. La construction psychologique de la fille du personnage principal qui ne peut totalement s'épanouir en l'absence du père. Le père enfin, caméléon perdu et balloté entre les lambeaux de chair de son passé et le présent dénué de sens. Les in- trigues posent la question de l'identité par trois entrées: celles de l'individu, du groupe et celle de l'artiste. L'ensemble est rythmé. Les changements de personnages joués par les mêmes acteurs aussi. Les ambiances évoluent sans crier gare et nous déstabilisent en déchirant le voile des apparences Dans sa mise en scène, Igor Mendjisky prend ainsi un malin plaisir à multiplier les mises en abîme pour nous questionner sur le théâtre de nos existences et sur le théâtre en tant que tel. Presque de manière épistémologique. On passe du comique au tragique. Du décalé à l'émotion qui vous empoigne. Bref, on se trompe. On se fait balader. On cherche du sens. On rit aussi. En particulier pendant les saynètes du club des supershéros et de la chorale gospel. Et ça fonctionne. Le dénoue- ment se fait attendre et l'on nourrit le sentiment très plaisant de se sentir impliqué dans la pièce. Les comédiens, d'ailleurs, n'y vont pas par quatre chemins et se font plaisir. Chant, déplacements chorégraphiés, guitare, déguisements, mise en scène parfois bur- lesques. Tout est mis en oeuvre pour se questionner sur notre intime nature et nos ac- tions dans un espace-temps donné: Sommes nous fait d'un terreau inamovible sur lequel se superpose des couches d'expériences? Ou peut-on faire du passé table rase et renaître tel le phénix? Pour répondre à ces enjeux, la troupe détourne les codes du théâtre et se moquent de tout. Un moment à la croisée des genres, une tragi-comédie contemporaine, création originale pour le théâtre de l'Idéal، preuve manifeste de la vigueur du collectif Les Sans Cou accrocs aux improvisations et aux écritures de plateau. A voir!
IDEM, 3h avec entracte.
24/03 à Clamart, 01/04 à Beauvais, 11 aril à Tremblay-en-France, 14/04 à Châ- tenay-Malabry, du 12/11 au 13/12 à la Cartoucherie de Paris.
Expo
Avril 2015
71


































































































   69   70   71   72   73