Page 36 - EcoRéseau n°19
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ClUB ENTrEPrENDrE Créer aujourd’hui - Auto-entrepreneurs qui ont réussi et changé de statut
Philippe Carrez, président de Subocéana Plongée dans le grand bain en 3D
pour me consacrer à plein temps au pro- jet. » Philippe Carrez multiplie les contacts, parcourt les salons, développe de nouveaux outils et remporte plusieurs concours à la création d’entreprise. rapidement, il atteint le plafond de chiffre d’affaires de 32000 euros (ndlr : 32900 euros au- jourd’hui) et se heurte aux limites du ré- gime. « J’ai été confronté à un problème de crédibilité face à mes concurrents et j’ai eu besoin d’inclure la TVA dans mes factures client. » En 2011, conseillé par un avocat, il bascule en Société par actions simplifiée unipersonnelle (SASU) avec un capital de 10000 euros, pour
moitié financé grâce à un concours. « Sur les marchés innovants, c’est la forme ju- ridique la mieux adaptée pour lever des fonds. » Car la petite start-up, lancée avec 3 francs 6 sous, doit aujourd’hui fi- nancer une croissance exponentielle. Avec sept embauches en deux ans et un chiffre d’affaires prévisionnel de 600 000 euros en 2016, Philippe Carrez a changé de casquette. « Je joue dans la cour des grands maintenant, avec les préoccupa- tions d’un vrai chef d’entreprise... » Pro- chaine étape : lever 300 000 euros auprès d’investisseurs privés.
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la Bretagne, la mer et... l’auto-entre- preneuriat ! voilà le tiercé gagnant de Philippe Carrez, fondateur de Subocéana dans les Côtes-d’Armor. En 2009, ce fana de plongée profite de la création du régime pour réaliser son vieux rêve : proposer des visites virtuelles des fonds marins. « Je voulais tester mon idée sans prendre trop de risques. Et surtout éviter le casse-tête des démarches administra- tives. » Par précaution, il conserve son
poste d’ingénieur aux 4/5e et commence à bidouiller dans son garage. Modélisation en 3D, simulateur de plongée, logiciels de réalité augmentée... les travaux du Géo Trouvetou breton font vite le buzz. ils tapent d’ailleurs dans l’œil de la fédé- ration américaine de plongée, Professional Association of Diving instructors (PADi), qui lui passe commande d’un logiciel de simulation. « Avec ce premier contrat, j’ai commencé à y croire. J’ai démissionné
J’aime ma boîte
par Sophie de menthon
Guillaume Le Grand, co-fondateur de Towt (Trans Oceanic Wind Transport) il relance le transport de marchandises à la voile
Présidente d'ETHiC lPrésidente de SDME Membre du CESE
Que se passe-t-il lorsqu’un analyste de données « oil and gas » chez Bloomberg se passionne pour le déve- loppement durable ? il crée un pipeline écolo ? il invente un procédé de récupération d’énergie éolienne ? rien de tout ça ! Guillaume le Grand, « voileux » depuis sa tendre enfance, a remis au goût du jour le transport de marchandises à la voile sur des vieux gréements. « C’est un peu fou comme projet mais face à l’épuisement du pétrole, le transport maritime re- présente la seule alternative d’avenir. » En 2011, conforté par les résultats d’une étude de marché confiée à des étudiants de l’ESC Clermont-Ferrand, il devient auto-entrepreneur et crée ToWT. « J’ai perçu ce statut comme un tremplin. Je voulais y aller douce- ment et évoluer pas à pas avant de faire le grand saut. » les premiers clients – des coopératives agricoles, des producteurs de vins, des magasins bio... – mordent à l’hameçon et les premières traversées commencent. Sur les côtes françaises mais aussi à l’étranger avec
des transatlantiques. « Nous faisons voyager du café, des fèves de cacao, du rhum, des fruits... Tous les pro- duits que nous affrétons sont labélisés « transportés à la voile ». En trois ans, nous avons effectué 38 traversées, ce qui représente une économie de 220 tonnes de Co2 ». Flirtant dangereusement avec les plafonds de chiffre d’affaires, Guillaume le Grand choisit de passer en SArl en juillet 2014. Un chan- gement de cap indispensable. Notamment pour financer la construction d’un bateau. « Jusqu’à maintenant, nous louions des voiliers à des propriétaires. La pro- chaine étape sera de lever des fonds pour construire un trois mâts capable de charger 1000 tonnes de mar- chandises. » En attendant, la société fait son bonhomme de chemin : elle a intégré la pépinière Sévellec au sein du technopôle Brest iroise et a embauché deux salariés. Quant à son capitaine, il espère quadrupler le chiffre d’affaires d’ici deux ans.
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nécessite de lourds investissements. Je le savais et je m’étais bien renseigné. » il fait le tour des aides finan- cières et décroche 65000 euros de prêts d’honneur auprès d’initiative France, de réseau Entreprendre et de Michelin Développement. « Le fait que le dossier soit validé par des professionnels de la création m’a aidé à convaincre les banques. » résultat : une ligne de crédit de 80000 euros supplémentaires. Et une en- treprise avec une offre diversifiée allant de la prestation de service à la fabrication. Cosmetosource a réalisé 95000 euros de chiffre d’affaires en 2014 et embauché trois personnes. Michael Klein ne compte pas s’arrêter là : un troisième étage de la fusée est à l’étude avec la création d’une nouvelle société, orientée sur les aspects médicaux de la cosmétique. Pas question d’auto-entre- preneuriat cette fois-ci. « Ce sera une société, de type SAS, pour lever des fonds et accueillir des investisseurs » précise Michael Klein, en créateur désormais averti.
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Adoptez la FiSH Philosophy !
a FISH! Philosophy, inspirée de l’expérience du marché aux poissons de Pike Place à Seattle, permet de transformer le mal être en bien-être pour ranimer
l’énergie, la créativité et l’enthousiasme qui sommeillent en nous. Elle étudie notre potentiel en tant qu’être humain à pouvoir changer le cours des choses par nous-mêmes. Pour adopter cet état d’esprit, d’abord, aimez ce que vous faites : c’est avant tout tenter de rendre une activité rébar- bative la plus stimulante possible. on ne choisit pas tou- jours son métier mais on peut toujours choisir comment l’exercer. là est la clé du succès !
Michael Klein, gérant de Cosmetosource
Dix mois de test avant de créer son labo de cosmétiques
Enfin, effectuez une réflexion personnelle sur ce qui pour- rait vous permettre de vous sentir heureux au travail et à y prendre du plaisir.
la FISH! Philosophy permet de renforcer les liens au sein de l’équipe avec laquelle vous travaillez, avec vos clients ou simplement les gens que vous aimez. C’est donc en dé- veloppant ce savoir-être que vous parviendrez à trouver le bien-être. En effet, pour faire la différence et prospérer dans cette nouvelle ère, il est nécessaire de maîtriser des qualités jugées auparavant frivoles : l’empathie, la joie, l’inventivité et la recherche de sens.
le parcours est sans faute, propre, net et carré. Après dix ans de salariat en laboratoire pharmaceutique, Michael Klein décide de se mettre à son compte en 2013. Sa feuille de route est toute tracée : commencer par du conseil aux industriels cosmétiques (certification, procédure de mise sur le marché, réglementation) avant d’évoluer vers la création d’un laboratoire de fabrication de compléments alimentaires et de soins du corps. « J’avais besoin de valider le projet, de vérifier s’il gé- nérerait du chiffre d’affaires et de tester la réaction des clients sans pour autant prendre trop de risques. » il opte pour le régime de l’auto-entrepreneur et contacte une poignée de prospects issus de son carnet d’adresses. « L’activité a tout de suite décollé et en moins de 10 mois, j’ai dépassé le plafond de chiffre d’affaires. » Fin du premier round. Début de la seconde manche. Michael Klein transforme l’auto-entreprise en SArl début 2014, avec la ferme intention de mener à bien son projet de départ. « La création d’un laboratoire
Une combinaison de circonstances externes et de volonté interne peut ramener cette recherche de sens à la surface : la fameuse FISH! Philosophy ! Toutes ces aptitudes mè- nent au bien-être, à créer ses propres opportunités et pous- sent donc à ENTrEPrENDrE SA viE car entreprendre n’est pas exclusif aux créateurs d’entreprises, de sociétés. Entreprendre est l’acte d’oser réaliser ce qui nous pas- sionne. C’est en entreprenant que l’on devient entrepre- neur.
Si vous avez tout compris sur la FISH! Philosophy, alors vous n’hésiterez pas à célébrer « J’aime ma Boîte » le jeudi 1er Oc- tobre 2015. www.jaimemaboite.com
36 Avril 2015

