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n°19
ClUB ENTrEPrENDrE Créer aujourd’hui - Auto-entrepreneurs qui ont réussi et changé de statut La création d'entreprise, c'est avant tout du concret et de l'opérationnel.
Auto-entrepre- neurs, vous sou- haitez grandir plus vite, plus loin ? Sans doute est-il temps de pas- ser la vitesse supérieure en créant votre entreprise ! Car si le régime d’auto- entrepreneur, souple et peu contraignant, permet pour certains de tester une idée, un concept ou générer des revenus complémentaires, il constitue aussi, bien sou- vent, l’antichambre à la vraie création d’entreprise. D’autant que la sortie d’un tel statut est, dans certains cas, un passage obligé ! « Déjà, pour les auto-entre- preneurs à succès dont le chiffre d’affaires dépasse, in fine, les seuils autorisés, à savoir 89600 euros pour les activités de vente de marchandises, de fourni- ture de logement, etc., ou celui de 34600 euros pour les autres prestations de services et les professions libérales », indique Fran- çois Hurel, président de l’Union des auto-entrepre- neurs (UAE), dont 30% des membres environ dé- cident chaque année « de quitter ce cocon rassurant pour nager dans le grand bain ». Au-delà du dépas-
Mais comment bien négocier le virage ? réponses.
Passez la seconde !
D'où cette rubrique qui explore de manière très pratique l'une des phases de l'entrepreneuriat.
Certains utilisent l’auto-entrepreneuriat comme un tremplin vers la création d'entreprise.
sement des seuils, d’autres facteurs peuvent inciter les auto-entrepreneurs à fran- chir un tel cap. Comme profiter d’une meilleure protection de leur patri- moine personnel. « En ef- fet, la nouvelle entreprise n’est plus enregistrée sous le nom du créateur, ce qui évite tout risque de saisie des biens personnels en cas de faillite », note va- lérie lemière, conseillère en création d’entreprise pour le réseau BGE Nor-
L’auto-entrepreneuriat, chrysalide de la création d’entreprise ?
mandie. Sans oublier un plus vous projetez d’en autre leitmotiv, et pas des avoir – plus la création moindres : la volonté de d’une société sera avanta-
experts s’accordent géné- ralement sur la nécessité d’articuler votre projet au- tour de quelques éléments clés, comme la récurrence
Et ils se conjuguent plus que jamais au pluriel : « Tout d’abord les CCI, qui sont le point d’entrée
statut d’auto-entrepreneur réside dans l’impossibilité de déduire les charges de fonctionnement et de ré- cupérer la TVA, autant de freins levés dès que l’on quitte ce régime », rappelle le président.
sion fine de l’évolution de son activité à moyen terme », recommande valérie le- mière. De quoi vous per- mettre de cadrer votre ré- flexion, en vous posant en amont les questions clés essentielles pour réussir une telle transformation :
en création d’entreprise. »
développer son activité par le biais d’investissements ou d’embauches. « Et pour cause : l’autre limite du
geuse. « D’où la nécessité d’établir un prévisionnel, mieux encore, un business plan, afin d’avoir une vi-
activité et diversifier votre clientèle ? Quid des be- soins financiers propres à ce développement ? les
TRouvER LE bon Timing
vous l’aurez compris, plus vous avez de charges – ou
Toute structure qui grossit, et change in fine de statut, se doit de créer de nouvelles relations avec son partenaire bancaire
avez-vous validé votre bu- siness model ? Comment allez-vous booster votre
de votre portefeuille client, la rentabilité de votre ac- tivité sur le long terme et le caractère 100% innovant de votre produit ou service. Si tous ces signaux sont au vert, alors c’est le mo- ment de passer la seconde ! « Trouver le timing adé- quat n’est toutefois pas aisé, reconnaît valérie le- mière, d’où la nécessité de s’appuyer sur l’exper- tise d’organismes dédiés
numéro un pour les por- teurs de projets, indique François Hurel, auxquels s’ajoutent les boutiques de gestion ou encore les experts comptables œu- vrant dans les centres des impôts ou recommandés par les conseils régio- naux. » Sans oublier les plateformes d’initiatives locales, collaborant en par- tenariat avec les collecti- vités territoriales et les
Yoann Wenger, Co-fondateur de Sansnom Sa ligne de tee-shirts s’exporte au Japon
sant avec des petites collections. Pour payer les factures des fournisseurs, nous avons demandé à nos parents de nous avancer 2000 euros. les bénéfices issus des ventes ont à chaque fois été réinvestis dans l’entreprise. Cela nous a permis de proposer une vraie collection en 2013, composée de 500 pièces. Notre travail a été remarqué, notamment à la Fashion Week, et nous avons commencé à étendre le réseau de distribution au niveau na- tional.
Qu’est-ce qui vous a poussé à évo- luer vers le statut de SARL en 2014 ? le début de la reconnaissance ! Mais pas seulement. Comme l’auto-entreprise a été créée à mon nom, romain était
inexistant dans l’affaire. il fallait rééqui- librer les rôles en nous associant à parts égales. Nous avions également un pro- blème de crédibilité face aux fournisseurs, notamment étrangers. Depuis quelques mois, nous travaillons avec des magasins japonais qui vendent nos produits. il était temps de nous structurer et de nous organiser pour passer la vitesse supérieure. Aujourd’hui, nous cherchons des locaux, mais aussi des capitaux pour financer notre prochaine collection, qui proposera des vêtements techniques de sport. Nous poursuivons toutefois nos études car rien n’est jamais gagné : nous nous donnons trois ans pour réussir.
Valérie Froger
Comment vous est venue l’idée de créer votre marque de vêtements Sansnom ?
Un peu par hasard, comme ça au feeling. lorsque j’avais 16 ans, j’avais un petit boulot dans une boutique de vêtements à lyon et je m’intéressais au milieu de la mode et de la photo. J’ai commencé par créer deux tee-shirts avec des repro- ductions de graphes, en m’inspirant du streetwear et de la culture skate. le patron de la boutique a adoré, et avec romain Sabatier, mon ami et associé, nous avons lancé une première série de
34 Avril 2015
100 tee-shirts. Tout a été vendu en l’es- pace en quelques semaines.
Pourquoi avez-vous choisi l’auto-entrepreneuriat ?
Nous étions encore lycéens, sans argent, ni expérience mais nous souhaitions un cadre légal pour vendre nos articles. C’est important vis-à-vis des fournisseurs et des clients. l’auto-entrepreneuriat s’est imposé de lui-même, par sa simplicité. Je me suis inscrit en 2011. Pendant deux ans, nous avons continué comme ça, en bricolant un peu et surtout en nous amu-
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