Page 48 - EcoRéseau n°17
P. 48

www.ecoreseau.fr
n°17
CLUB ENTREPRENDRE Créer aujourd’hui - Statut d’étudiant-entrepreneur
ments partenaires : Montpellier 1 et 2 (qui viennent d’ailleurs de fusionner, NDLR) Mont- pellier 3, les Universités de Nîmes et Perpignan, ainsi que quatre écoles : les Mines d’Alès, Montpellier Business School, l’École Supérieure de Chimie et Montpellier Sup Agro. 29 étudiants suivront la première session. Nous avons choisi de ne pas concurrencer l’offre de cours existante, mais plutôt de miser sur un ac- compagnement au cas par cas, au plus près des étudiants. » Ils bénéficieront ici notam- ment de la qualité du Business and Innovation Center, pion- nier des incubateurs techno- logiques en France et en Eu- rope, qui figure au 4e rang mondial du genre* ainsi que du Laboratoire d’Excellence d’Entreprendre (Labex de Montpellier). « L’étudiant consacre le plus de temps pos- sible à son projet tout en me- nant des études en parallèle, poursuit Sylvie Sammut. Cela signifie qu’il faut aussi convaincre qu’il n’a pas à chercher un stage. Et ce n’est pas forcément facile, d’autant que le D2E est transversal,
puisqu’il s’adresse aux pre- mières années de licence jusqu’aux doctorants. » Des étudiants chouchoutés pour qu’ils se lancent, et apprennent, quelle que soit l’issue. « J’invite les entreprises à contribuer au développement de cette idée nouvelle sur l’entrepre- neuriat. En participant à des tables rondes, en témoignant, en tant que chef d’entreprise, sur les différentes étapes d’un parcours, mais aussi, soyons clairs, financièrement. Parce que je suis convaincue que, si le retour sur investissement n’est pas immédiat, plus nous aurons d’étudiants entrepre-
la mise en place officielle des PEPITEs.
up sans ce statut, mais c’est l’assurance d’avoir une cou- verture sociale sans avoir à s’inscrire dans une formation fantôme. Le bénéfice pour nous, c’est aussi de pouvoir rencontrer des étudiants qui ont aussi un projet. » L’espace de co-working est-il détermi- nant pour cette génération no- made ? « Il est disponible, mais nous ne l’utilisons pas puisque nous avons déjà nos locaux dans un incubateur. Nous ne suivons pas de cours non plus. En revanche, les rencontres avec d’autres étu- diants qui ont leurs problé- matiques et leurs solutions
les projets de ces aspirants- Zuckerberg tournent en grande partie autour des outils numé- riques et des applications pour smartphones. Peut-être en rai- son du faible apport capitalis- tique nécessaire, mais pas seu- lement:«Ilyaaussidespro- jets sociaux, solidaires, pas forcément dans l’optique de faire de l’argent. Je rencontre surtout des jeunes qui sont dans une logique de création d’entreprise, quelle qu’elle soit, témoigne Georges Weil, di- recteur du PEPITE oZer de Grenoble, créé en 2002 avec la maison de l’entrepreneuriat étudiant. Ils ont un rapport différent à la vénalité, ils intè- grent aussi que les entrepre- neurs ne sont pas les plus di- plômés, qu’il faut d’abord oser et qu’on apprend en marchant, poursuit ce professeur de mé- decine, lui-même lauréat du Prix entrepreneuriat en 2004 pour une entreprise créée en 1999 et qui a connu une hyper croissance. La maturité des projets qui nous ont été soumis varie. Mais certains sont déjà très avancés, avec des études de marché, des contact à l’in- ternational ou même déjà en pré-incubation. »
associatifs de financement (Entreprendre, Initiative France, France Active...), et peut-être de la possibilité d’in- tégrer le D2E à n’importe quel moment de l’année – « parce qu’il n’y a pas de saison pour entreprendre », rappelle Georges Weil. Dans le même temps, il faudra aussi convain- cre les entreprises d’investir dans les PEPITEs. Vite, même, car le robinet État-Caisse des Dépôts va se fermer dès 2017. « Les financements courent seulement sur deux ans, de l’ordre de 130000€ pour deux ans pour un budget annuel de 280000€ pour notre PE- PITE, explique Sylvie Sam- mut. Nous avons signé un partenariat symbolique avec la Banque Populaire du Sud, mais il faudra des moyens fi- nanciers. À nous de montrer que nous sommes aussi des entrepreneurs ! »
REPENSER L’ÉCHEC
700 kilomètres plus au nord, les 55000 étudiants de l’Uni- versité de Lorraine répartis à Nancy et Metz bénéficient aussi d’un pôle très engagé. Titulaire de la chaire Entre- prendre, Christophe Schmitt est acquis à la cause depuis plus de quinze ans. Auteur notamment de Réussir sa créa- tion d’entreprise sans business plan (Editions Eyrolles, 2012), il a accueilli sa première promo sur le campus avec une vraie satisfaction : « Le travail des
Monter une boîte quand on est jeune,
En pratique
Quelles conditions ?
Le statut d’étudiant entrepreneur est ouvert à tous les ti- tulaires du Baccalauréat ou équivalent au minimum, ou sur dérogation. Il n’y a pas de condition d’âge (mais seuls les étudiants âgés de moins de 28 ans bénéficient de la sécu- rité sociale étudiante). Les frais d’inscription sont limités à 500 euros par an pour la période 2014-2017 pour l’étu- diant entrepreneur.
Qui le délivre ?
Le ministère de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche en s’appuyant sur l’expertise et l’instruction des Pôles étudiants pour l’innovation, le transfert et l’entrepreneuriat (PEPITEs) qui évaluent chaque projet dans le cadre d’un comité d’engagement paritaire composé d’universitaires, d’entrepreneurs ou de cadres di- rigeants et de structures associées type CCI.
Quels avantages ?
- Accès à un diplôme dédié à l’entrepreneuriat : le Di- plôme d’étudiant entrepreneur (D2E).
- Pour les jeunes diplômés, prolongation des avantages étudiants (couverture sociale, restauration, transports... ) via l’inscription au Diplôme d’établissement étudiant- entrepreneur.
- Possibilité de bénéficier d’un aménagement d’études afin de travailler sur le projet entrepreneurial à la place du stage ou du projet de fin d’études.
- Reconnaissance du projet d’entreprise comme élément du parcours de formation (crédits ECTS).
- AccèsauxespacesdetravailcollaboratifduPEPITE(co- working, fablabs...)
- Accompagnement par des tuteurs (au minimum un en- seignant et un référent externe)
- Possibilité de signer un Contrat d’appui au projet d’en- treprise (CAPE) avec une structure type couveuse ou Coopérative d'activité et d'emploi (CAE) ou un autre par- tenaire du PEPITE.
Un statut tout juste en phase de décollage, des étudiants et des PEPITEs motivés mais qui essuient les plâtres, et maintenant ? Des ajustements forcément, qui seront débattus le 20 mai prochain à Nantes à l’occasion du congrès de l’Aca- démie de l’Entrepreneuriat. Il y sera notamment question de l’éligibilité à l’ACCRE, des doublons de cotisation au RSI, de la mise en place d’un prêt d’honneur Etudiant-En- trepreneur avec les réseaux
voirs dans cette France qu. du savoir-faire et dont presque la moitié des 1,2 million d’ar- tisans ont plus de 55 ans, sans beaucoup de perspectives de reprise de leur activité. Je dis aux patrons des petites entre- prises : c’est ouvert et ça peut passer par cette connexion aux jeunes entrepreneurs. »
neurs, plus nous aurons des jeunes ouverts et concernés par l’entreprise. Financer les pôles, c’est aussi participer à la formation de ses futurs sa- lariés et favoriser l’intrapre- neuriat », explique cette di- rectrice qui a su aller chercher des fonds européens pour met- tre sur pieds son équipe avant
cela paraît énorme
PEPITEs et celui mené sur le territoire sous d’autres formes avant leur mise en place trou- vent un outil avec ce statut et ce diplôme qui, je le crois, va créer un engouement. Pour- quoi ? Parce que cela répond d’abord à la problématique de l’inexpérience, celle qu’un recruteur souligne sur un CV, la même qui rend frileuses les banques pour financer un pre- mier projet. Ça ne change pas les projets des jeunes créateurs que je vois, mais cela leur confère un label, donc une lé- gitimité. Eux créent leur réseau et leur écosystème pour l’ave- nir. » Sans compter qu’il y a peut-être dans tout cela le levier et les acteurs de la ré- conciliation entre le monde de l’entreprise et celui de l’uni- versité... « Deux mondes qui ne se fréquentent pas assez alors qu’ils ont besoin l’un de l’autre, acquiesce Chris- tophe Schmitt dont l’expé- rience a contribué à l’élabo- ration du statut. Cela permet d’aller bien au-delà des stages. Avoir un mentor, être en confiance, c’est fondamental. » À 22 ans, Paul-Etienne Ri- chard travaille depuis plus d’un an sur Elqui, une appli- cation mobile de partage de fichiers et de connexion entre ordinateurs proches sans In- ternet. Avec Thibault Friedrich, étudiant ingénieur comme lui à l’Ensimag Grenoble, il lan- cera sa SAS dans quelques semaines à l’occasion de la
ont été vraiment très enrichis- santes, comme le fait d’avoir deux coachs (un enseignant et un dirigeant, NDLR). Et puis je crois que cette expé- rience fait tomber des bar- rières : monter une boîte quand on est jeune, cela paraît énorme, presque impossible à beaucoup d’entre nous. Là, nous ne nous sentons pas seuls. Sincèrement, je pense que cela va pousser de nom- breux jeunes à franchir le pas. » Odette Baldaïa, inscrite en Master en valorisation RH et risques psycho-sociaux à Metz, a entamé 2015 par une pre- mière sous-traitance pour un organisme de formation. Elle revendique aussi l’apport sim- ple mais efficace de sa for- mation : « Ce statut n’est que le prolongement de l’accom- pagnement du PEEL. Je me suis confrontée à la réalité du terrain. J’ai aussi compris comment contourner mes be- soins financiers. Trouver 3000 euros pour son fonds de rou- lement et les dépenses cou- rantes, ce n’est pas énorme, mais quand on ne les a pas... Surtout, j’ai appris à me confronter, à oser, à créer le réseau, à analyser concurrents et prescripteurs, à faire face au risque, et expérimenté qu’il y avait une notion d’endurance dans le projet. » De quoi faire aussi évoluer les représenta- tions de l’échec pour ceux qui descendront du train en cours de route.
Les cibles des PEPITEs sont de grandes entreprises natio- nales : une grande banque, un opérateur téléphonique, un constructeur automobile... Dans un appel au monde de l’entreprise, Jean-Pierre Boissin incite aussi à anticiper : « Pen- sons à la transmission des sa-
ia
Olivier Remy
*Classement UBI Index 2014
Contacts
Statut national Étudiant- entrepreneur
Les 29 PEPITEs
Référents Entrepreneuriat APCE
L’agenda des Pôles Étu- diants Pour l’Innovation, le Transfert et l’Entrepre- neuriat près de chez vous
e mise sur le marché de la 2
DEUX ANS POUR CONVAINCRE Principalement issus d’écoles de commerce ou d’ingénieurs,
version de l’appli. « Tout juste diplômés, nous nous sommes inscrits pour un D2E à l’IAE. Nous aurions lancé notre start-
Le statut national étudiant- entrepreneur en vidéo
48
FÉVRIER 2015


































































































   46   47   48   49   50