Page 49 - EcoRéseau n°17
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n°17
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Créer aujourd’hui - Forum EIP, geeks et créateurs d’entreprise CLUB ENTREPRENDRE Harder, Better, Faster, Stronger...
Du listener au maker
DComment tirer de nos idées et de nos technologies une valeur économique ? Éléments de réponse apportés par le trophée des EIP (Epitech Innovative Projects), dont la rédaction d'EcoRéseau fut membre du jury pour élire le projet innovant de l'année.
ocker, Prestashop, chaque métropole hexago- Melty ou encore nale. Chaque site s’est doté Goopil... Des noms il y a moins d’un an d’un
qui n’évoquent peut-être « Innovation Hub », implé-
rien aux profanes de l’in- novation, mais qui pourtant provoquent l’admiration chez les initiés, tant ces start-up françaises, qui n’en sont plus à proprement par- ler d’ailleurs, sont syno- nymes de croissance forte et d’importantes levées de fonds. Le point commun entre ces projets ? Toutes les personnes aux manettes de ces fleurons numériques se sont assises sur les bancs de l’Epitech. Et tous ont participé au forum EIP. Eco- Réseau revient pour vous sur ce concours ayant eu lieu en cette fin d’année 2014, qui transforme les passions en projets entre- preneuriaux, anticipe les usages de demain et traduit les services en révolution digitale.
Epitech, éleveurs de champions !
chaque scolarité et qui trans- formeront ses participants en des managers de sys- tèmes d’informations ou des startuppers. « Nous avons la chance d’avoir plus de liberté que le public ou cer- taines grosses institutions, précise Fabrice Bardèche, vice-président exécutif du IONIS Education Group. Sur le papier, c’est plutôt simple : dans le cadre de l’EIP, les élèves réalisent un prototype, un modèle, puis le développent. Les jeunes sont maîtres de leur parcours en mettant en œu- vre leurs idées. Notre prio- rité demeure l’insertion et cela passe par la pédagogie de projet tout en libérant les élèves de leur résistance au changement. » Autre- ment dit passer du « liste- ner»au«maker»,del’ap- prenant au créatif.
des élèves d’éprouver leurs compétences, pour mener de bout en bout un projet innovant sur 2,5 ans. Em- manuel Carli, DG d’Epitech précise : « En sortie de l’EIP, les étudiants possè- dent un prototype et ont pensé à la fois business plan et problématiques d’or- ganisation. Un chemin qui les mène dans 11% des cas vers l’entrepreneuriat à la
Group, membre du jury et ancien de l’Epitech, ajoute toutefois : « N’étant pas la seule personne à voter lors de ce forum, j’ai fixé des critères assez stricts : j’éli- mine de mes scores les pro- jets déjà vus, les clones. L’objectif de l’EIP est inscrit dans son nom : c’est d’être innovant pour faire quelque chose d’open source et non pas de monter obligatoire-
tablettes à destination des personnes aphasiques. L’ou- til peut s’adapter à d’autres pathologies et être configuré par le personnel soignant », souligne Marie Doucet qui a pitché le jour du concours. Une interface qui répond à une demande so- ciétale et qui peut même se prolonger à d’autres formes de troubles, tels que l’au- tisme par exemple. L’aven-
menté dans chacune des structures pour cristalliser les inclinations à l’innova- tion et fédérer l’interculturel, le transdisciplinaire et une communauté profession- nelle venant d’horizons va- riés. Cette pluralité est même encouragée sur chaque site qui possède en son sein plusieurs écoles du Groupe IONIS. Le cam- pus parisien se compose ainsi d’e-artsup, d’Epitech, du Ionis STM et de SUP Internet. Cet écosystème évolue à un rythme haletant. Et si les universités et les grandes écoles d’ingénieurs sont autant de chênes de l’éducation, robustes et his- toriques, les rejetons du Groupe IONIS incarnent ces roseaux pédagogiques dont la souplesse et la rapi- dité d’évolution leur per- mettent de se distinguer sur la scène de l’enseignement supérieur numérique. En at- teste le futur « anti-incuba- teur », en référence à la no- tion d’ « antimatière ». « On s’aperçoit que des start-up se créent sans ressources techniques. L’anti-incuba- teur ambitionne la mise en relation fructueuse de start- up extérieures avec nos compétences et nos profils », avance Emmanuel Carli. Entres autres, il s’agira pour la nouvelle structure de chal- lenger ces start-up sur leur
PÉDAGOGIE
DE PROJETS
« De la pédagogie joyeuse, ou encore de la pédagogie de projet, voire même de la pédagogie coopérative », prônait Célestin Freinet au début du XXe siècle pour mettre l’apprenant au cœur des enseignements. Ces pré- ceptes désormais connus de tout professeur des écoles font aussi partie de l’ADN de certaines écoles post- bac, dont fait partie Epitech, spécialisée dans l’innovation et l’expertise informatique. L’école basée au Kremlin- Bicêtre, au sud de Paris, point d’ancrage parmi une constellation de douze éta- blissements de la même marque, se caractérise dans ses méthodes d’apprentis- sage par l’autonomisation des étudiants grâce à la col- laboration entre pairs, pro- fessionnels ou enseignants. Ce sont effectivement 220 projets à la complexité gran- dissante qui structureront
Le programme est simple : passer de l'apprenant au créatif
TRADUIRE EN SERVICES LA RÉVOLUTION DIGITALE : CAS PRATIQUE AVEC TALKACTIV’
DES ÉCOSYSTÈMES TRANSDISCIPLI- NAIRES EN MUTATION Bras numérique du Groupe IONIS, le réseau Epitech forme aujourd’hui un réseau de 12 écoles présentes dans
business model avec un o. jectif final qui change des autres incubateurs clas- siques : générer du CA et trouver des clients avant de penser à la levée de fonds. Une autre manière de conce- voir (l’accompagnement), marque de fabrique du groupe privé d’éducation.
En cerise sur ce gâteau pé- dagogique quinquennal vient se placer l’EIP. Le but ? Permettre à l’ensemble
Geoffroy Framery
fin de leur parcours. » Une statistique d’ailleurs en hausse par rapports aux mil- lésimes précédents. Dès la troisième année, les étu- diants se regroupent donc – de six à quinze personnes –, et planchent jusqu’à la fin de leur cursus sur une idée originale, et ce malgré une quatrième année passée à l’international. Pour don- ner vie à ce type de projets, le processus de création se calque sur celui de l’entre- prise et dépasse les seuls aspects techniques. Julien Palard, CTO (Chief Tech- nology Officer) de Melty
ment une entreprise. Car rappelons-le, pour construire une boite viable, on n’est pas obligé d’être obligatoirement innovant. » Cette année, 115 projets au- ront donc vu le jour. Après avoir passé la sélection, une dizaine d’équipes aura pit- ché, comme pour une levée de fonds, afin de décrocher un accompagnement pour transformer éventuellement leur violon d’Ingres en bu- siness. C’est TalkActiv’ qui a décroché la timbale pour ce trophée 2015 des EIP. « Notre projet est une solu- tion de communication sur
ture se poursuivra pour les six membres de l’équipe par leur stage de fin d’étude synonyme de dépôt des sta- tuts et de lancement des premiers abonnements, tout en bénéficiant d’une année d’incubation au sein de la Creative Valley, un des maillons de l’écosystème d’Epitech.
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FÉVRIER 2015
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