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n°17
CLUB ENTREPRENDRE Business guides - Entreprendre en 2015
Dans chaque numéro, EcoRéseau s'intéresse de prêt à une problématique que peut se poser un cadre dirigeant
Le changement, c’est maintenant ?
(logistique, marketing, finance, communication...) en demandant l'avis des prestataires et conseils
LLe visage des entreprises évolue. Des postes de coûts aux financements en passant par la question du statut, des tendances naissent, se développent, formant une véritable boîte à idées qu’il est intéressant de passer à la loupe.
e réalisateur américain Robert Zemeckis s’est trompé. Nous sommes en 2015, le ciel n’est
pas constellé de voitures volantes comme il le prédisait dans sa saga Retour vers le futur. Mots-clés Pour autant, un vent nouveau souffle sur la société, notamment sur l’écosystème entre-
preneurial, et il semble bien décidé à faire entrer les entreprises dans une ère de révolutions. Dans 1 Portage salarial
quelques années, combien de jeunes sociétés exerceront leur activité en coworking, cette tendance à partager les mêmes espaces pour les activités professionnelles ? Depuis un an, ces centres d’af- faires d’un nouveau genre pullulent, à l’image des nouveaux locaux b-libre, dans les Yvelines, ou du Creative Center KB, dans le Val de Marne. Avec la croissance des activités en freelance, on estime à un million le nombre de coworkers en 2018.
Coworking 4 Affacturage
2015, c’est aussi l’année où la paperasse doit fondre comme neige au soleil. C’est en tout cas ce qu’espèrent les dirigeants, avec la démocratisation de la Déclaration sociale nominative (DSN), premier tour de roue de la grande simplification administrative que le gouvernement veut mener. Le portage salarial devrait lui aussi faire peau neuve et élargir son champ d’application, permettant enfin à une multitude de professions de ne plus avoir à choisir entre la sécurité du salariat et l’aventure de l’indépendance. Côté financement – le nerf de la guerre –, l’affacturage représente un recours en constante progression pour étoffer la trésorerie. Bref, la période ne manque pas d’ingrédients innovants pour faire mijoter des projets d’entreprise. Ceux-ci sont cités dans la fic- tion, puis analysés dans les pages suivantes. Matthieu Neu
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3 Cession Dailly
Incubateurs
Formalités administratives et DSN
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6 Dispositifs d’accélération
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8 Voyages d’affaires chez l’habitant
IFiction : Peuvent mieux faire
Histoire de deux créateurs qui sont tombés dans des pièges classiques et qui ont négligé des coups de pouce
l était une fois deux projets au succès poussif Au cours de ses 100 premiers jours, seul l’espace bu- alors qu’il aurait pu être bien plus flamboyant. reautique s’avère nécessaire. Un simple hébergement
vante en Suisse après une longue période de négo- ciations et d’études. La démarche aurait pu être bien plus rapide en passant par des structures conçues spé- cialement pour servir de tremplin 6 .
Question d’opportunités, bien sûr, mais aussi de en coworking
aurait donc fait l’affaire.
choix. Bénédicte fait partie des audacieux qui se sont Rapidement, elle se rend compte que les entreprises
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En quatre ans, Tchin a tout de même réussi à grandir. Entre les livraisons, la réalisation des produits, la ges- tion des commandes, l’équipe atteint une dizaine de salariés lors des pics d’activité annuels. Bénédicte ré- fléchit à dupliquer son modèle dans des régions en- soleillées du sud de l’Europe. Mais elle hésite, ajourne, ne connaissant pas les structures d’aide idoines. Echaudée par ses pertes financières passées liées à de mauvais choix, elle adopte une ligne de conduite visant à rationaliser ses dépenses : la mise en place prochaine de la DSN 7 devient une priorité. A l’avenir, ses multiples déplacements avec son as- sociée, relatifs à son projet de filiale avec des parte- naires locaux, obéiront eux aussi à des principes de rigueur économique. Plutôt que de payer plusieurs nuits dans deux chambres d’hôtel, le choix se porte sur les solutions de type Airbnb 8 qui s’avèrent bien moins coûteuses.
lancés dans l’aventure entrepreneuriale en pleine crise économique. Son idée : la livraison de cocktails à domicile. Son premier casse-tête est celui du statut. « Quel type de casquette me donnera la meilleure souplesse ? », se demande-t-elle tandis que le ma- rasme bat son plein. La mauvaise passe économique a fait naître une certaine aversion au risque. Elle se penche sur le portage salarial 1 , trouve la formule séduisante, mais déchante vite. Même si le statut s’élargit à de nouvelles activités, la sienne n’est pas éligible. Pressée par le temps et l’envie d’entrer dans une phase plus concrète de son aventure, elle tranche. Sa structure, baptisée Tchin, devient une SARL. Pourquoi pas, mais quelques mois au moins en au- toentrepreneur auraient peut-être été préférables pour tester l’activité dans un contexte plus avantageux. D’emblée, Bénédicte loue un local qu’elle aménage en trois parties : un petit bureau, un espace de stockage, une pièce pour la réalisation des cocktails, l’élaboration des packagings et emballages. 65 mè- tres carrés pour 1500 euros par mois. Elle se rend compte un peu tard des dépenses inutiles que repré- sente son espace immobilier au cours des premiers mois. Conformément aux conseils que lui ont prodi- gués les ateliers stratégiques de la chambre de com- merce voisine, elle travaille d’abord à peaufiner son étude de marché, à l’élaborer sa stratégie de commu- nication, à concevoir ses cartes, son site, son offre.
seront l’essentiel de ses clients, les particuliers étant peu enclins à se faire livrer des cocktails en dehors des deux ou trois mois de l’année où le soleil assèche les papilles. Les événements organisés par les entre- prises en quête d’originalités font appel à ses ser- vices. Mais elles payent tard. Les verres se vident, la caisse aussi. Pour remplir sa trésorerie, elle sacrifie une partie de son budget Communication pourtant essentiel, alors que la cession Dailly 3 ou mieux en- core, l’affacturage 4 , lui aurait permis d’obtenir d’intéressants moyens de financement à court terme. Bruno a lui aussi son lot d’écueils. Sa start-up Cool- Care a mis au point un stylo d’injection auto-réfrigé- rant. Un marché prometteur. Les patients souffrant de maladies chroniques synonymes de traitements à domicile par injection ont la contrainte de devoir res- pecter la chaîne du froid. Les stylos actuels ne doi- vent pas être conservés hors réfrigérateur pendant plus de deux ou trois heures maximum, ce qui com- plique bien sûr chaque déplacement. Après deux an- nées d’incubation, Bruno comprend que son stylo magique va d’abord susciter des convoitises à l’in- ternational. Quelque peu abandonné après sa période d’accompagnement de proximité au sein de son in- cubateur 5 , il décide de séduire des investisseurs pour exporter son idée à l’aide de son maigre réseau personnel. Il tergiverse, se heurte à des barrières ré- glementaires, mais finit par déployer son offre inno-
Bruno et sa société CoolCare attendent encore d’être véritablement propulsés vers le succès sans frontière qu’on promet à son innovation de rupture. L’aura et la visibilité acquises grâce aux programmes d’accé- lération destinés aux start-up à fort potentiel de crois- sance devraient permettre un changement de dimension.
M.N.
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FÉVRIER 2015
Cahier pratique n°1 - Entreprendre en 2015
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