Page 28 - EcoRéseau n°17
P. 28
www.ecoreseau.fr
n°17
PANORAMA Régions & Territoires - Villes du Bassin parisien
EcoRéseau s'attache à décrire les forces et potentiels insoupçonnés d'un territoire,
Dans l’orbite de Paris
28 FÉVRIER 2015
ment le territoire francilien, l’un des plus at-
d'une métropole ou d'une région
Elles sont à deux heures de la Défense et des Champs-Elysées, s’appellent Rouen, Amiens, Beauvais, Reims, Orléans ou encore Le Mans... Comment ces villes françaises de « deuxième » et « troisième » rang profitent-elles (ou non) de l’attraction de la capitale ?
RAouen depuis bonsecours
voir la Ville Lumière à portée, et plus globale-
tractifs de l’Union Européenne... Un facteur de croissance ou à l’inverse un handicap ? Pour nombre d’élus, qui veulent aussi éviter une forme de « tutelle pa- risienne », l’impact d’une telle proximité se veut mar- ginale. « Nous cherchons aussi à forger notre propre ADN, évidemment, se défend ainsi Caroline Cayeux, sé- nateur-maire UMP de Beauvais. Notre agglomération est forte ».
Au point de se passer des opportunités du territoire fran- cilien ? Evidemment pas. Ce département contribue tou- jours pour 30% au PIB métropolitain. Colossal ! « Un tiers des 500 plus grands groupes mondiaux possèdent un siège en Île-de-France. La région compte sept des 71 pôles de compétitivité labellisés dans l’Hexagone, dont
trois des sept pôles mondiaux », précise l’Insee. L’Île- de-France a par ailleurs globalement mieux résisté à la crise que la Province. « Entre la fin 2008 et la fin 2012, l’emploi y a augmenté alors qu’il a baissé dans les au- tres régions. Fin 2013, le taux de chômage (8,6%) reste plus bas qu’en province et qu’en France (9,9%). »
Il n’empêche, pour ces villes (métropoles pour cer- taines) posées à quelques encablures de Paris, les enjeux diffèrent. « Elles s’insèrent dans des trajectoires de dé- veloppement hétérogènes »Î confirme un récent article de l’Institut de l’aménagement urbain d’Ile de France. « Rouen s’inscrit dans un espace normand, en articula- tion avec l’Île-de-France. Orléans demeure isolé mais de plus en plus intégré économiquement et socialement à l’aire urbaine de Paris. » Amiens pâtit quant à elle « autant de la proximité de Paris que de celle de Lille »,
tandis que « Reims retrouve une attractivité démogra- phique et affermit son contrôle sur un territoire qui s’élargit aux Ardennes et à l’Aisne ».
Pour ces villes, Paris n’est plus la seule porte d’entrée vers l’Europe et le « marché monde ». « La multiplica- tion des compagnies low cost, par exemple, a redonné des couleurs et de l’activité à de petits aéroports q u i , sur des créneaux spécialisés, accueillent une partie de la clientèle internationale de la métropole – ou servent de porte de sortie aux métropolitains », à l’instar de Beauvais (voir ci-après). Enfin, « le développement du port du Havre, ces dernières années – même si le ton- nage a stagné l’année précédant la crise économique – doit peu à la métropole parisienne, qui exporte et im- porte volontiers vers et depuis Anvers. »
Pierre Tiessen
Œ

