Page 30 - EcoRéseau n°17
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n°17
PANORAMA Régions & Territoires - Villes du Bassin parisien
u Beauvais, prolongement de CDG
80 km séparent le mastodonte parisien Charles de Gaulle (CDG) du « Minipouss » aéroport de Tillé, dit aéroport de « Beauvais-Paris ». Le royaume français de la compagnie Ryanair – champion européen du « low cost » – qui vient d’annoncer l’ouverture, à l’été 2015, de trois nouvelles lignes depuis Beauvais vers la Grèce, la Pologne et l’Italie. Grâce à lui, près de trois millions de passagers décollent chaque année de la préfecture de l’Oise. Un flux aérien qui génère sur place plus de 1000 emplois directs et autant indirectement. « C’est un souffle important, re- connaît Caroline Cayeux, premier magistrat de la ville. Mais notre véritable ADN est ailleurs ». Beauvais mise de fait sur la filière agricole pour forger son caractère. Témoins : l’école d’ingénieurs dans les sciences de la terre et du vivant La Salle Beauvais et la présence historique de l’américain AGCO, leader de la machine agricole qui va ouvrir une troisième entité de production sur place en 2015 (après celle ouverte en 2013, investissement : 15,5 millions d’euros). « Beauvais vise à s’imposer comme un pôle de recherche et d’excellence européen sur cette fi- lière », relève le sénateur-maire de la ville. Beauvais entend également jouer collectif en renforçant ses collabora- tions avec l’UTC de Compiègne et l’université de Reims. Autre accélérateur : un cluster dédié à l’innovation agricole et le projet d’éco-parc qui a pour ambition d’accueillir sur 15 ans, quelque 3000 emplois sur 125 hectares dédiés. Et les portes de Paris ? « Nous sommes très bien desservis avec la N31 et l’A16, détaille Caroline Cayeux. C’est un moteur évident ». Point faible : l’attractivité du territoire auprès des cadres parisiens qui travaillent sur place. « Beaucoup se montrent réticents à habiter ici... »
u Le Mans, entre opportunités et concurrence
Si la proximité de Paris est source d’opportunités, elle peut constituer un facteur de concurrence particulièrement sensible pour les villes comme Le Mans : « Délocalisation des sièges des grands établisse- ments souhaitant bénéficier des
équipements et de la proximité
d’autres entreprises, dynamisme
culturel et événementiel de la
métropole française qui repré-
sente une source d’attractivité
pour les populations jeunes et
les entreprises », note l’Insee.
En retour, la proximité du bassin
parisien offre à la ville des op-
portunités de délocalisation
d’activité ou encore d’habitat.
« Les acteurs locaux du Mans
considèrent depuis longtemps
qu’un lien très fort avec la capi-
tale constitue une source de dy-
namisme, que la réussite du
centre d’affaires local, Novaxis,
illustre de façon édifiante. »
Mais ce potentiel demande tou-
tefois « à être conforté au tra-
vers, notamment, d’une lisibilité
accrue de la stratégie du terri-
toire ».
u Amiens, le rêve parisien
Paris ? « Un indéniable atout, tranche Pascal Fradcourt, vice-président d’Amiens Métro- pole en charge du développement écono- mique. Nous sommes à ses portes : à moins d’une heure en train... » Et pourtant la ville « accuse le coup » : Amiens affiche en effet deux points de chômage de plus par rapport à la moyenne nationale, soit 14,5%, et peine à trouver un rebonds. « Nous avons perdu Goodyear en janvier 2014 », rappelle l’élu local. Au total : 1500 emplois sur le car- reau. Alors oui, la proximité avec Paris, « il faut en profiter et inciter les investisseurs à faire le choix d’Amiens ». A l’instar de Dun- lop, Valeo ou encore Procter & Gamble ins- tallés depuis les années 60 sur la zone industrielle nord de la préfecture picarde. « Nous sommes en train de réhabiliter cette zone et venons par ailleurs de voter un pacte d’innovation », énumère Pascal Fradcourt. Avec pour ambition de distiller un nouvel es-
u Orléans, XXIe arrondissement À une heure de Paris, Orléans est depuis des années classée 3e pôle logistique français. Un atout renforcé par une diversification ré- cente réussie – la ville a ainsi une position forte en électronique et en centres d’appels ; elle est également le 1er pôle pharmaceutique de France avec 70% de la production natio- nale. Autant de points forts qu’Orléans doit aussi à la capitale... Au point même d’être perçue parfois – grâce notamment à la gare des Aubrais-Orléans à un jet de celle d’Aus- terlitz – comme son 21e arrondissement. « La proximité de Paris et sa facilité d’accès permettent à près de 9000 actifs résidents de travailler dans la zone d’emploi parisienne, tout en bénéficiant de la qualité de vie de la province », confirmait ainsi une note de l’In- see en 2010.
quence : la ville de Clovis mise aujourd’hui sur la politique du nearshoring (externalisation de services) en jouant à fond la carte Paris. Cette proximité, Reims veut également la faire fructifier sur le terrain universitaire en persuadant les écoles parisiennes de délocaliser sur le territoire certains de leurs enseignements. Déjà, des équipes de recherche de l’Ecole Centrale de Paris, AgroParisTech et Reims Management School, collaborent à la plate-forme d’innovation du pôle de com- pétitivité local IAR (Industries et agro-ressources). Reims, futur Sofia Antipolis marnais ? Nous n’y sommes pas encore. « Localement, la densité de la recherche reste faible », reconnaît sans détour Thierry Stadler, le directeur de l’IAR.
30 FÉVRIER 2015
La capitale du champagne aux portes de Paris, idéalement située à moins de 45 minutes de l’aéro- port Charles de Gaulle... Un argu- ment choc pour les as du marketing territorial. Avantage économique d’abord. « S’implan- ter à Reims permet aux entreprises d’économiser en frais de structure et de fonctionnement un million d’euros par tranche de 100 sala- riés par rapport à Paris », détail- lait ainsi il y a quelques mois dans nos colonnes Jean-Yves Heyer, di- recteur général de l’agence de dé- veloppement économique « Invest in Reims », créée en 2003 et qui a depuis aidé à l’installation locale de près de 160 sociétés, multina- tionales pour certaines. Consé-
u Le corridor Paris-Rouen
Ce que Rouen – capitale régionale française la plus proche de Paris – et la Ville Lumière ont en partage ? La Seine évidemment, ce cordon de près de 800 kilomètres qui coupe Paris en deux et serpente jusqu’à Rouen – dernière étape avant la Manche. Un fleuve qui a toujours relié ces deux aires urbaines. « Une situation enviable le long de la Seine, à proximité immédiate de Paris », fait-on savoir au Grand Rouen. Mais plus largement « la ville s’intègre dans un vaste marché de plus de 100 millions de consommateurs au sein du triangle Paris-Londres-Bruxelles ». Rouen c’est aussi un port qui bénéficie d’un atout majeur, dixit, « son positionnement en fond d’estuaire et la proxi- mité de l’Île-de-France, permettant d’augmenter les distances d’acheminement maritime à l’intérieur des terres », et Paris en particulier. Il est le premier port européen pour l’exportation de céréales et le premier port français pour l’agro-industrie.
prit d’entreprise sur le territoire et de profiter de l’aspiration de Paris. Pas si simple.
u Reims, banlieue pétillante

