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n°16
CLUB ENTREPRENDRE Business guides - Séminaires haut de gamme
Haute précision
L Cesséminairesjadisdegrandeenverguresemblentplusconcisetmodestes,maisneseront certainement pas plus faciles à organiser à l’avenir...
a folie des grandeurs clients ayant refusé un hôtel serait-elle définitive- 5 étoiles pour cette raison, ment de l’histoire an- ou d’autres ayant, de la même
cienne ? Les événements manière, renoncé à un court
d’entreprise, comme bien d’autres secteurs, ont été in- fluencés par la crise. « Dans un contexte économique dif- ficile, plus de 30% des en- treprises ont vu leur budget MICE diminuer en 2013 et ont dû s’adapter », note Isa- belle de Ponfilly, directrice commerciale des Yachts de Paris. Au cœur du marché de l’événementiel, le séminaire occupe une place prépondé- rante (80% des événements d’entreprise) mais a, à cause d’un contexte de nouvelles préoccupations et de lois res- trictives, considérablement évolué.
trajet en hélicoptère. Dans un contexte de crise et d’encou- ragement à « serrer la cein- ture », se montrer trop à l’aise pourrait mal passer... et ce même auprès des personnes conviées au séminaire !
Dans ce cadre global, le seg- ment du séminaire haut de gamme a lui aussi mué. La tendance est, d’une certaine manière, à plus de modestie. Les escapades délirantes du style affrètement d’un avion pour passer une soirée mé- choui dans un campement berbère au Maroc, fortes en terme d’impact sur les parti- cipants mais catastrophiques d’un point de vue financier et écologique, semblent moins fréquentes. Cependant même si les séminaires haut de gamme se font plus mesurés qu’auparavant, ils ne sont pas nécessairement plus simples à mettre en place pour leurs organisateurs.
« Non, je ne sais pas quand est prévu le buffet ou la visite de l'île voisine. Quelqu'un a-t-il une question en rapport avec ma présentation ? »
Les objectifs de ces événe- ments, eux, sont restés les mêmes : récompenser des collaborateurs, mêler travail et loisir dans un lieu excep- tionnel, s’offrir un moment de détente entre dirigeants, renforcer des relations avec des clients privilégiés en ren- voyant une image forte de l’entreprise... « Les clients désirent un lieu de caractère et expriment une volonté de bien-être, de lâcher-prise, tout en désirant impressionner les personnes conviées au sé- minaire », résume David Fiévé, le directeur de la res- tauration du Grand-Hôtel du Cap-Ferrat, 5 étoiles Palace. Les attentes et les exigences clients ont, en revanche, changé. Selon Isabelle de Ponfilly, une tendance se confirme autour de manifes- tations marquantes, à contenu et messages forts tandis que les demandes ont parallèle- ment évolué autour de points devenus incontournables : connectivité (infrastructures équipées des technologies les plus modernes), originalité (devenue un critère de prédi- lection pour l’organisation de ces séminaires haut de gamme) et modularité. « Ils cherchent des lieux modula- bles, qui vont offrir des pos- sibilités démultipliées pour ces temps forts de communi- cation ; ainsi, il n’est pas rare de répondre à des de- mandes d’événements en plu- sieurs temps avec l’organi- sation d’une session plénière, suivie d’ateliers dynamiques puis de nouveau de partage des éléments. » La séparation stricte entre temps de travail et temps de loisir tend égale- ment à s’estomper.
MODESTIE OBLIGE
client, en termes de modula- rité, de connectivité mais aussi en termes de niveau de gastronomie attendu, de prise en charge des équipes et de toute la valeur ajoutée de
groupes de clients à motiver. Les destinations sont plus rapprochées qu’auparavant. La durée des événements di- minue. Yves Brunot, directeur de l’agence conseil en évé-
des repas sur place, une ini- tiation à la dégustation de vin avec un œnologue, une randonnée en raquettes et chiens de traîneau... « Bref, des activités agréables dans
ginalité de l’expérience et la qualité du service que dans le clinquant tape-à-l’œil ou la destination exotique. D’un point de vue communication, il n’est d’ailleurs plus forcé-
Pourquoi ? « La confirmation des événements se fait de plus en plus tard, explique Thomas Jobbé-Duval, directeur mar- keting de Relais & Châteaux. Auparavant, nous travaillions sur un planning annuel, mais il nous arrive maintenant d’enregistrer des demandes une ou deux semaines seule- ment avant la date choisie par l’entreprise. » Consé- quence ? De nouveaux enjeux pour les organisateurs : « Nous devons faire preuve d’une plus grande réactivité et ré- pondre dans les 24 heures à toute demande commerciale, en intégrant l’ensemble du cahier des charges de notre
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Le curseur du haut de gamme se situe plus dans l'origi- nalité de l'expérience et la qualité du service que dans le clinquant tape-à-l’œil ou la destination exotique
nos équipes en nos lieux », complète Isabelle de Ponfilly. Les séminaires haut de gamme concernent au- jourd’hui le plus souvent des groupes réduits, comme des comités de direction ou des
nements d’entreprise Aéreau, se souvient par exemple avoir organisé pour un comité de direction de huit personnes un séjour de 3 jours/2 nuits dans un chalet à La Clusaz avec un cuisinier s’occupant
un très beau cadre, mais loin du haut de gamme déli- rant ! », résume-t-il.
De fait, si bien sûr ces sémi- naires restent onéreux, le cur- seur du haut de gamme se si- tue en un sens plus dans l’ori-
ment très bon de se montrer trop dépensier. « Certaines entreprises ont les budgets mais ne le dépensent effecti- vement plus pour des raisons d’image », poursuit Yves Bru- not, se rappelant ainsi de
TEN YEARS AFTER
Imaginer à quoi ressembleront
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