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dispositif, sauf bien sûr s’il a reçu une notification. Il en résulte surtout un gain de temps précieux pour l’entreprise quant à l’encaissement des fonds, puisque la phase d’attente inhérente à la réception des documents par le client n’existe pas. Le coût est sensiblement identique à celui mentionné précédemment (versement d’intérêts et de commissions). L’affacturage est une autre réponse adaptée dans ce genre de cas. La cession de la créance se fait alors auprès d’une société spécialisée appelée factor, ou d’une filiale dé- diée au sein de votre banque. Celle-ci se chargera du recouvrement, mais aussi des élé- ments de gestion associés comme les lettres de relance. La remise des factures à la société d’affacturage se fait au fil de leur émission par l’entreprise. Côté dépenses, il faudra pren- dre en compte une commission de financement (un petit pourcentage de l’avance de tré- sorerie), une commission d’affacturage (correspondant aux frais de gestion, ainsi qu’un montant pour se prémunir contre le risque d’impayé, également proportionnel aux fonds avancés).
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le client, 50% des sommes dépensées peuvent être dé- duites des impôts ou récupé- rées en crédit d’impôts. L’avan- tage fiscal est accessible à tous dans la limite d’un plafond annuel variant de 12000 à 20000 euros selon les cas. Les activités éligibles au dispositif sont la garde d’enfants, le sou- tien scolaire, l’assistance aux personnes âgées ou handica- pées, les petits travaux de jar- dinage, les travaux ménagers et l’entretien du logement, les prestations de petit bricolage, ainsi que les prestations d’as- sistance informatique et In- ternet. Autant dire que toutes les catégories de coups de main entrent dans la catégorie. Attention, pour rester dans un cadre légal, le service conclu entre les différentes parties doit impérativement se dérou- ler en France, dans la résidence du client ou de celle d’un as- cendant familial.
services de rédaction de conte- nus, de traduction, ou de rem- plissage de bases de données. Ces emplois, pour lesquels une faible qualification est parfois suffisante, sont souvent remportés par ceux qui ac- ceptent de baisser au maxi- mum les prix. » Là où les au- teurs de ces sites voient une
condamnés à être le moins offrant pour pouvoir fournir leurs services. » Pour l’heure, du côté des pouvoirs publics, on ne s’immisce pas dans le succès de cette professionna- lisation du système D. Mais à long terme, « il serait mal- heureux que le gouvernement encourage le précariat comme
plein, payées au Smic. Autant dire qu’on est bien plus proche de l’argent de poche que de la rémunération permettant de payer son loyer. Pour gagner en importance, Jemepropose espère notamment attirer l’at- tention de nombreux artisans spécialisés qui ne disposent d’aucune vitrine actuellement
Certaines missions sont réalisées
pour une trentaine d’euros. D’autres
Certains donnent plus qu’un simple cours de bricolage...
Si l’annonce est diffusée au nom d’un professionnel, qu’il s’agisse d’une société, d’un autoentrepreneur, d’un artisan, ou encore d’une association, il ne faut pas omettre de men- tionner dans celle-ci le nom et la raison sociale de la per- sonne morale concernée, le numéro SIREN, ainsi que la zone géographique dans la- quelle la prestation est pro- posée.
Même si les développements sont rapides, la généralisation des heures de travail par ce biais est loin d’être à l’ordre du jour. Sur son site Internet, YoupiJob annonce qu’une an- née de jobs postés équivaut à 600000 euros, c’est-à-dire un revenu pour une quarantaine de personnes occupées à temps
tant les.
personne est intéressée par leurs services. Il s’agit d’un développement pertinent, car les artisans sont souvent sur la route et n’ont pas forcément le réflexe de télécharger une application smartphone pour ces usages », confie Fabrice Robert.
plateformes étaient déjà poin- tées du doigt comme un bou- levard inespéré pour le marché noir. Sur ce point, leurs fon- dateurs semblent réagir d’une seule voix. « Nous rappelons en ligne toutes les obligations essentielles pour les parties prenantes. Libre à chacun de savoir s’il veut être dans la légalité ou l’illégalité », estime Bertrand Tournier. Même son de cloche chez Jemepropose : « Tous les aspects de la loi sont clairement explicités sur le site. Nous remplissons notre devoir d’information. Mais nous ne sommes pas derrière chaque internaute pour savoir ce qu’il fait. C’est le civisme des personnes qui fait la dif- férence. Avec ou sans ces nou- velles plateformes, le travail au noir existe. Nous ne sommes
que le reflet de problèmes an- crés dans la société ».
En tant que particulier, un job- ber a parfaitement le droit de fournir un service à autrui contre rémunération. Mais la déclaration des revenus auprès de l’administration fiscale est obligatoire. Ceux-ci doivent être mentionnés comme « re- venus complémentaires » sur la feuille d’impôts. La ligne « Prestations de services et locations meublées » est pré- vue à cet effet. Un point pré- cieux joue en faveur de l’en- semble de ces plateformes d’un nouveau genre et de leur développement à long terme. Leurs activités sont éligibles au Chèque emploi service uni- versel (CESU), le dispositif qui encadre les services à la personne. Concrètement, pour
Mathieu Neu
Au-delà des aspects légaux, c’est aussi la question de la qualité et la relation au travail qui interroge les experts. « L’horizon de ces supports en ligne est de mettre en concurrence les travailleurs de manière beaucoup plus vio- lente que ce que la société fait déjà dans un cadre de re- cherche d’emploi classique, s’inquiète Patrick Cingolani. Aux Etats-Unis, où le phéno- mène a un temps d’avance, de nombreuses plateformes ont émergé, proposant des
chantiers d’aménagement avoisinent
les 20 000 euros
sorte de nouvelle voie, d’al- ternative au salariat et au contrat de travail classique, le sociologue craint « un danger lié à un modèle trop flexible. Par le passé, l’embauche était considérée comme un fait or- dinaire. Aujourd’hui, l’em- ployeur est presque vu comme un philanthrope lorsqu’il donne du travail. La quête d’emploi ne doit pas se faire à n’importe quel prix, et cer- tainement pas au risque d’une mise en concurrence extrême de travailleurs ultra-flexibles
nouveau mode de travail ris- quant de supplanter le salariat. Fermer les yeux sur ces dan- gers seraient une grave er- reur », prévient Patrick Cin- golani.
sur le Web, comme les fer- ronniers ou les ébénistes. « A court terme, nous prévoyons de lancer des offres SMS aler-
jobbers lorsqu’une
NOVEMBRE 2014


































































































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