Page 42 - EcoRéseau n°15
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Les petits jobs ont vocation à se propager. Le vieillissement de la population et tous les types d’emplois qui y sont as- sociés en matière de services à la personne forment un autre élément essentiel qui fait croître les missions ponctuelles », analyse Fabrice Robert. Jusqu’ici, pour faire connaître une offre, on trouvait déjà les « jobboards » comme plate- formes disponibles. Mais ceux- ci impliquent des prix bien trop élevés pour tous les petits commerces qui, désormais, se tournent eux aussi vers cette nouvelle offre en ligne, venant grossir les rangs des jobbers. Pour certains profils profes- sionnels, il s’agit d’ailleurs d’un véritable tremplin pour stimuler l’activité, la faire
CLUB ENTREPRENDRE Créer aujourd’hui - Le jobbing
se lancer sur la Toile avec le
des annonces gratuitement en vivant grâce à la publicité en ligne générée par le trafic. L’émergence de ces nouveaux modes de consommation s’ex- plique bien sûr par l’avantage économique qu’ils représentent. « Dans chaque maison se ca- chent des petits travaux de manutention et d’entretien à effectuer. Prises de courant à changer, nouvelles tringles à rideaux à poser, robinets d’ar- rêt des WC à réparer, murs à peindre, et bien d’autres petits tracas du quotidien. Besoin d’un coup de main ? Encore faut-il pouvoir le financer ! », scande YoupiJob. Le site assure que toutes les petites tâches peuvent être réalisées par le biais de la plateforme pour un coût jusqu’à deux à trois fois
cette étiquette que se présente l’ensemble des acteurs du do- maine. Une cartographie des membres réalisée par YoupiJob révèle que 59% des personnes inscrites sont des actifs, et 26% des étudiants. Parmi ces actifs, on compte de nom- breuses situations profession- nelles à temps partiel subi. Le loyer élevé, les enfants à charge, et la faiblesse des re- venus les précipitent vers l’ins- cription sur ces nouveaux sites. Pour Patrick Cingolani, socio- logue et auteur d’un « Que sais-je » intitulé La précarité, «ilyalàundangerécono- mique et social. Ces plate- formes contribuent à installer durablement ces actifs dans la précarité, leur faisant courir le risque d’un éloignement en-
site RunMyErrand, qui est par la suite devenu TaskRabbit. L’aventure se résume au- jourd’hui en une liste de chif- fres plus impressionnants les uns que les autres : 1,25 million de membres, 25000 presta- taires, 10% d’entre eux qui exercent leur activité à plein temps... En France, l’activité émerge véritablement début 2013. Jemepropose a été l’un des premiers à exploiter le filon avec une première version lancée en avril 2012, puis la version actuelle du site, mise en ligne fin 2012. « Le but de ces développements est la créa- tion d’une nouvelle offre à mi- chemin entre les petites an- nonces, comme celles propo- sées par Leboncoin, et des
Il n’y avait jusque là aucune plateforme pour les emplois dits « non structurés ». L’objectif est de faire sauter les frontières entre services rendus et emplois
plateformes de recrutements professionnelles. Il n’y avait jusque là aucune plateforme pour les emplois dits non struc- turés. L’objectif est de faire sauter les frontières entre ser- vices rendus et emplois », dé- crypte Fabrice Robert. « As- sembleur de meubles Ikea ou Conforma est un exemple de nouveau métier que nous créons », souligne Bertrand Tournier, illustrant cette entrée dans une nouvelle ère. Les modèles déployés ne sont pas nécessairement identiques entre les plateformes. YoupiJob joue le rôle d’agence en ligne qui met en relation les intéressés. Le site se rémunère à l’échange de services réalisé, c’est-à-dire lorsque le travail proposé par le jobber est terminé. A l’in- verse, Jemepropose propose
moins élevé que ceux pratiqués par les professionnels concer- nés. Entre le déplacement, la réalisation des travaux, et la main d’œuvre, les taux horaires se situent rapidement dans une fourchette allant de 30 à 60 euros, contre 10 à 25 euros sur ces plateformes collabo- ratives. Les professionnels prennent par ailleurs très peu en charge les petites interven- tions de manutention, de bri- colage, ou de décoration, ou- vrant ainsi une fenêtre sur un créneau jusque là peu pourvu, si ce n’est par les particuliers eux-mêmes.
core plus important d’un em- ploi pérenne à plein temps. Avec ce type de formule, on travaille quand l’autre le veut bien. Il s’agit d’une flexibili- sation à outrance, synonyme d’appauvrissement des popu- lations concernées ». Se lancer dans une telle activité peut donc au moins autant être source d’enfermement que de nouvelle aventure profession- nelle prometteuse. Avec 1,6 million de personnes em- ployées à temps partiel en France métropolitaine, c’est- à-dire 6,1% de la population active, nul doute que ces sites continueront à faire rêver la foule d’individus qui ont besoin d’arrondir leurs fins de mois. « Le climat de crise écono- mique explique la forte crois- sance de cette nouvelle activité.
connaître localement. « La no- tion de proximité géographique est très importante dans la plupart de ces offres », souligne Fabrice Robert. Il cite l’exem- ple d’un photographe dont l’activité s’est envolée dès lors qu’il s’est inscrit sur Jeme- propose : « très rapidement, 90% de ses clients provenaient de notre plateforme. » Les sites qui existaient déjà il y a quelques années comme Le- boncoin se révélaient peu adap- tés aux échanges de services professionnels. « Il y avait un vrai manque que nous com- blons désormais », se félicite Bertrand Tournier.
ACTIVITÉ D’APPOINT VS FLEXIBILISATION À OUTRANCE
Une énième solution anti- crise ? C’est en tout cas sous
DES MODÈLES CONÇUS POUR
DURER ?
A peine mises en ligne, les
42 NOVEMBRE 2014
Conseils
Les moyens de se faire payer en un éclair
Le rêve de tous les chefs d’entreprise, surtout au sein des plus petites structures. Avec les avances de trésorerie, il de- vient réalité. Vous avez réalisé des ventes ? Vos clients ont signé des billets à ordre ? Précipitez-vous chez votre ban- quier ! Il anticipera votre recette par une avance immédiate en rachetant votre créance portant sur le(s) client(s) concerné(s). Ce crédit prend la forme d’une lettre signée pour acceptation par le client, et est payable par ce dernier à l’échéance de la date inscrite sur le document. En contre- partie de ce paiement éclair, la banque prélève quelques frais. Des intérêts, sous forme d’agios sur la période allant du dépôt à l’établissement bancaire jusqu’à l’échéance, se- ront prélevés. A cela s’ajoutent une commission pour la re-
mise du bordereau d’escompte récapitulant les effets remis par l’entreprise, et une commission par nombre d’effets remis au sein du même bordereau. A noter qu’en cas d’im- payé, la banque peut légalement se retourner contre la so- ciété qui lui a confié les créances en débitant cette dernière. Des poursuites à l’encontre du client mauvais payeur sont également envisageables. Tous les établissements bancaires proposent ce type de formule.
Egalement créée dans le but d’octroyer des avances de tré- sorerie par transfert de créances, la cession Dailly est un dispositif intéressant très proche du précédent, à une dif- férence près : le transfert se fait sans l’intervention du client. Ce dernier n’a donc pas connaissance du recours au

