Page 32 - EcoRéseau n°36
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n°36
cLUB EnTREPREnDRE En immersion - nextdoor, espace de bureaux du futur
Dans chaque numéro, un(e) journaliste d'EcoRéseau Business fait un reportage in vivo dans une entité (entreprise, usine, incubateur, association...)
Freelancers, start-up et grands groupes se cô- toient dans les anciens locaux de canal+ situés à Issy- Les-Moulineaux au 41 et 43 rue camille Desmoulins, par- tageant trois types de volumes : des espaces de coworking qui incluent un café et un lieu de restauration, des salles de réu- nion de quatre à 35 personnes, amovibles pour les plus grandes d’entre elles, et des bureaux privatifs. Une centaine de sociétés au total jouissent de ces lieux. Et le nouveau bâtiment ouvert le 17 octobre dernier au 43 de la rue, en face de son aîné, se caractérise déjà, le 4 novembre, par un taux d’occupation de 70%. aujourd’hui, ce sont 800 per- sonnes qui s’adonnent à un va-et-vient pendulaire dans cet antre de la convivialité.
vont encore plus loin en pro- posant des afterworks – un classique, mais celui-ci mé- lange chaque entreprise –, des ateliers de manucure, des cours de photo... « Au boulot, on
pour gérer les deux bâtiments. Une dizaine de personnes se divise les tâches, du manager à la maintenance technique, en passant par la gestion de l’accueil, du bar, des achats,
locaux plus grands ou plus petits », explique Stephen an- dré. au43delamêmerue,le petit frère du bâtiment pilote, déjà rempli au bout de trois
sportifs, une prairie – sorte de pièce improbable en intérieur avec tableaux blancs, balan- çoire et poufs en tout genre – , une bibliothèque et des coins récréatifs en extérieur. Pour le 43 par exemple, il s’agit d’un jardin en angle sans vis- à-vis adossé au bâtiment avec
depuis son emménagement. Le dirigeant, au moment de remplir son cahier des charges, a réalisé qu’il passait à peine 20 à 30% du temps dans son bureau. Il a donc décidé de travailler, sur son temps de présence, à côté de ses colla- borateurs...
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afin de décrire ce qu'il voit, de comprendre le fonctionnement au jour le jour, la capacité à innover et les flux financiers
Faut-il changer sa manière de travailler avant de changer ses bureaux, ou inversement ? nextdoor a tranché, avec des lieux qui changent la manière de travailler et collaborer.
COMME CHEZ SOI SANS LES CHARENTAISES
« Le concept de nextdoor est celui de casser les codes du tertiaire : le bar avec tireuse à bière et l’accueil sont collés l’un à l’autre. Les lieux contri- buent à créer du plaisir et du confort social sur le lieu de travail. Nous développons tout un panel d’animations festives et business », relate Stephen andré, Smile ambassador de la structure, ou si vous préférez responsable de la communi- cation.
Exemple de "meet-up" chez nextdoor.
© Arnaud CAILLOU
mois, possède un dimension- nement un peu plus grand mais mise sur la même recette : à chaque étage, l’ascenseur s’ou- vre sur un espace collaboratif avec billard, téléviseur et consoles de jeu vintage, voire même à un étage en particulier
BIEN-ÊTRE,
ÉMULATION ET RESPONSABILISATION : LA FIN DU MANAGEMENT
À LA PAPA
Surtout nextdoor voulait ré- pondre au changement de pa- radigme de l’entrepreneuriat en France. « Nous passons de l’entreprise baleine à une multitude d’entreprises en mode banc de poissons qu’il faut fédérer et faire vivre. La start-up “Have a Good Day” hébergée chez nous gère le bar au 43 et s’occupe d’une partie de l’événementiel », se réjouit le professionnel de la communication.
aussi les locaux de nextdoor correspondent-ils à ces nou-
amène souvent un souvenir heureux qui vient de chez soi : une photo, une plante, un mug... Mais l’inverse est rare. Tout comme l’on peut ramener du travail chez soi mais peu d’entreprises peuvent se tar- guer d’adopter les codes ras-
de la prospection commerciale, du montage de partenariats, etc.
Et côté prix ? 300 euros HT par mois pour un coworker, 490 euros HT par poste pour un bureau privatif. « Nous avons un positionnement moins
AMBITIONS AVOUÉES
Nous passons de l'entreprise baleine à une multitude d'entreprises, en mode banc de poissons,
Bonne nouvelle, ces bureaux du futur vont être dupliqués. « Nextdoor est le résultat d’un projet intrapreneurial porté par un actionnaire unique, Bouygues Immobilier, qui nous laisse carte blanche. Nous projetons d’essaimer le concept en Île-de-France l’an- née prochaine puis ensuite sur l’ensemble du territoire et à l’international », déve-
« terrain de
et mobilier coloré pour pouvoir travailler lorsque la température l’autorise.
boules, barbec’ »
Et bizarrement, les adultes ne se retrouvent pas à faire des tournantes... de ping-pong pendant trois heures ou à rester scotchés devant la Super nin- tendo. Ils respirent, rient, se détendent. nextdoor n’incar- nerait-il pas ce lieu et cet état d’esprit qui responsabilisent enfin le collaborateur ? Une utopie ? Dans tous les cas, autre lieux, autre mœurs. « Une fois ici, les dirigeants doivent un peu lâcher du lest et se libérer », ajoute le Smile ambassador. Une nouvelle façon de collaborer ou de se rencontrer qui n’est pas sans rappeler les « tiers lieux », ces fameux espaces qui fleu- rissent actuellement dans les grands groupes pour mutua- liser les compétences et dé- construire les silos, afin d’ac- coucher de cycles d’innovation plus courts.
qu'il faut fédérer et faire vivre
Les meetings se veulent in- formels et les thèmes abordés diversifiés, mais tous sont liés à l’innovation : nouveaux lan- gages de programmation, dé- fiscalisation immobilière, uti- lisation de nouveaux outils digitaux. Entre autres, les DG France de Facebook, Twitter et de Microsoft ou encore Emmanuelle Duez, connue pour son fameux Boson Pro- ject, sont intervenus dans les espaces de coworking afin que ces meet-up se réalisent dans un cadre plus intime et informel.
surants du chez soi au travail. L’initiative peut sembler légère mais elle contribue à faire de chaque individu qui arpente les lieux un membre de la communauté nextdoor », pour- suit Stephen andré. Le tout avec application smartphone, pages dédiées sur les réseaux sociaux, newsletter et trom- binoscope à l’appui.
cher de 20 à 30% par rapport aux offres du tertiaire classique en région parisienne. Rappe- lons également que l’immo- bilier tertiaire ne possède qu’un taux d’occupation de 60%. Ainsi, avons-nous dé- coupé l’immeuble pour le ren- dre le plus rentable possible. Les offres peuvent être packa- gées, mais surtout notre offre est flexible en termes de durée et de dimension. D’un mois à l’autre, nous pouvons arrêter l’offre pour laisser respirer l’entrepreneur, ou agrandir les bureaux, ou faire emmé- nager une entreprise dans des
sur un espace tisanerie. chaque entreprise possède donc des lieux dédiés et presque sur-mesure. certaines constantes se retrouvent d’un espace à un autre : le mobilier est sobre certes. ne vous at- tendez pas à de l’art déco, sauf peut-être pour les espaces de convivialité. Mais là n’est pas l’important. Des cabines téléphoniques trônent souvent au milieu des open spaces. Entendez ici des petites pièces avec pupitres pour recevoir des personnes ou parler sans déranger. chaque bâtiment possède ses douches pour les
velles façons de travailler des entreprises qui font du bien- être, facteur indéniable de productivité, un élément cen- tral de leur stratégie. « Les rencontres, même informelles, amènent à de la créativité et à une ouverture d’esprit, ajoute Stephen andré. Même si en France, nous ne sommes pas encore prêts à renoncer au présentiel et à changer nos modes de management. Mais cela bouge à nextdoor. » comme le témoigne un cabi- net spécialisé dans la stratégie RH qui ne possède plus de bureau attribué à la direction
dré. a
Les concepteurs de nextdoor 32 Déc. Jan. 2017
CLASSIQUE
CASSER LES CODES ET L’OFFRE DE L’IMMOBILIER TERTIAIRE
loppe Stephen an. l’heure où la rédaction déam- bulait dans ses bureaux nou- velle génération, nextdoor ve- nait d’ouvrir un nouveau site à La Défense. De nouvelles ouvertures sont prévues très prochainement Gare de Lyon, Porte d’orléans, Gare Saint- Lazare et à neuilly...
L’équipe est dimensionnée
Geoffroy Framery

