Page 70 - EcoRéseau n°35
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n°35
rH & FormATIoN Carrières & Talents - Formation continue : les reconversions professionnelles à la mode Analyse d'une formation et de sa capacité à satisfaire les besoins des entreprises
bifurcations autorisées
Dire que se reconvertir professionnellement est une pure formalité pour un cadre, il y a un pas... à ne pas franchir, même si les acteurs académiques se sont engouffrés sur le segment, y compris l’université. renverser la table aujourd’hui, c’est permis.
CP
la troisième édition du salon
Quentin Fauchille, 38 ans, plombier à Croix
« Bien préparer son dossier en amont
est essentiel »
Le placard ? Très peu pour Quentin Fauchille, responsable régional dans une association. Suite à une réorganisation interne, son poste se vide de sa substance. Il démissionne et se retrouve au chômage. On est en janvier 2013. Quid de son avenir ? « Qu’est-ce qui me pousse à me lever le matin ?, s’interroge-t-il à ce moment-là. J’ai toujours aimé travailler de mes mains. Mais n’étant pas dedans, j’avais seulement des images d’Epinal de l’artisanat. » Rencontre sur des salons, journées portes ouvertes... Quentin multiplie les occasions de s’informer pour dénicher sa voie, ce qui lui prend grosso modo cinq mois. Il cherche le déclic. Il l’aura auprès des Compagnons du devoir et se lance dans la préparation accélérée d’un Certificat d’aptitude professionnelle (CAP) d’installateur thermique. Un parcours facile ? Pas tant que ça ! « J’aurais dû profiter d’être placardisé pour préparer mon dossier, déterminer le (bon) statut à avoir pour bénéficier des aides. Difficile de rentrer dans les cases, une fois en dehors de l’entreprise. » Quentin vient de boucler son deuxième exercice, avec un carnet plein pour les six se- maines à venir... mais toujours pas de salaire en vue. « C’est ça ou je mets la clé sous la porte. La trésorerie fa-
miliale doit l’anticiper. »
LES FAUX PAS
À ÉVITER
Les échecs ? bien souvent, c’est la faute à une mauvaise
omptable à la Défense au présent, archéologue chasseur de trésors en devenir. Les super héros sont partout...
orte de la villette, les 23 et 24 novembre prochains, va se tenir
tion du statut d’auto-entre- preneur a ouvert bien des horizons et nourri bien des « plans tirés sur la comète ». mais, « entre le rêve et la réalité, les obstacles sont nombreux, commente Laure
5000 porteurs de projet re- çus en une année, 1200 voient leur projet aboutir. Mais ces chiffres valent pour tous les publics, cadres ou pas. » Le constat vaut aussi pour le salariat. « Il faut
sources humaines qui, lui, a bien négocié son change- ment d’orientation. Il était directeur d’école. « Le risque existe. Plusieurs an- ciens de ma promo en mas- ter de droit social sont tou-
n’a rien à voir, pourtant le libellé est identique. Entre la réflexion et le moment où le cadre est prêt, un an s’écoule généralement. Si aucune formation n’est à mettre en œuvre, alors six mois suffisent. »
Nouvelle vie profession- nelle. 5000 visiteurs en 2014, 6000 en 2015, et en 2016 ? Peut-être plus. « On en parle beaucoup, com- mente Anne-Claire Penet, en charge de la communi- cation des évènements de l’AEF, organisateur du sa- lon. Et si des droits existent, les démarches nécessaires à une reconversion demeu- rent nébuleuses. » La créa-
A force de leur répéter que plusieurs métiers seront exercés dans une vie, intellectuellement les cadres sont prêts
INCONTOURNABLE FORMATION
« Envisager une (nouvelle) formation est devenu plus naturel pour bon nombre de cadres qu’il y a quelques années, analyse Gaël Fouil- lard, directeur de la for- mation continue à Grenoble école de management (GEM). A force de leur ré- péter que plusieurs métiers seront exercés dans une vie, intellectuellement ils sont prêts. »
Quelles sont les compé- tences à mobiliser ? Quel est le capital de départ ? Qu’est-ce qui reste à ac- quérir ? Autant de questions cruciales lors d’une recon- version. Un cheminement
Cousin, responsable accom- pagnement professionnel au sein de BGE Picardie. Sur
être prêt à se planter », ana- lyse Arnaud Testelin, au- jourd’hui directeur des res-
jours à la recherche d’un poste. » C’était il y a... trois ans.
appréciation du temps né- cessaire à la maturation du projet. « Quand bien même l’idée a été arrêtée, elle n’a pas été confrontée au mar- ché, commente Stéphanie Badier, consultante pour l’Association pour l’emploi des cadres (APEC). Ne se- rait-ce que vérifier que la représentation mentale du poste visé correspond bien à la réalité. Aussi, faire des entretiens avec des profes- sionnels en exercice est vi- vement recommandé. De- venir contrôleur de gestion dans une banque ou dans une Organisation non gou- vernementale (ONG), ça
Stéphanie Haas, 46 ans, fondatrice d’Oksa conseil, spécialisée dans les réseaux sociaux à Chantilly
« Ne pas accorder d’importance à la pression sociale »
Le sport, c’est bon pour la santé ! Pour les affaires aussi ! Stéphanie Haas ne dira pas le contraire. Cette commerciale vendant de la publicité pendant 20 ans dans les médias a changé de voie sitôt son retour du raid des amazones en Malaisie, en 2004. « Un vrai déclencheur ! Ce dépassement de soi permet de gagner en confiance. Les projets en sommeil se révèlent. Pour moi, les évolutions sont intervenues sur le plan professionnel ; pour d’autres, la vie privée est revisitée. Je suis une entrepreneuse dans l’âme, mais la pression sociale m’avait interdit jusque-là de me réaliser.
«Tu n’auras pas de mutuelle, ni de chômage...» On m’a qualifiée de dangereuse. Voilà ce que j’ai entendu. C’est une évidence : mieux vaut ne pas écouter son entourage. » Mais bien décidée, quelques mois suffisent à Stéphanie pour monter sa boîte, spécialisée dans les réseaux sociaux. Relier le réel et le virtuel, définir un cahier des charges pour le développement d’un site, mais aussi former les commerciaux, tel est son créneau aujourd’hui. Elle en vit. Et demain ? Pourquoi ne pas devenir apporteur d’affaires ? Et puis, encore et toujours, le sport.
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Novembre 2016
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