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Rétrospective - Fondatrices et créatrices d’entreprise en France GALAxIe eCoréSeAU
la grande majorité des cas, freinées par des moyens financiers limi- tés : elles n’ont pas de capital personnel. » en 2007 encore, le capital de départ des créatrices d’entreprise s’élevait en- core en moyenne (euro- péenne) à 4000 euros... De fait, pendant 30 ans, ou presque, malgré les progrès accomplis, l’en-
quelque peu archaïque. » core peu de temps, il Les clichés sociétaux sur était inenvisageable de les rôles de chacun – et confier l’entreprise fa- l’équilibre à trouver entre miliale à une héritière, eux – assignent toujours ce n’est plus le cas au-
femmes entrepreneures « Il faut faire une dis- en 2017. L’objectif ne tinction : on cite le chif- sera pas réalisé, du moins fre de 28% d’entreprises sur la population glo- créées par des femmes. bale ; il est en revanche Mais 8% seulement, en
beaufort. Le prochain défi, dans lequel s’est déjà lancée la FCe, est
Le plan gouvernemental de développement de l’entrepreneuriat féminin de 2013 vise un taux de 40% de femmes entrepreneures en 2017
de soutenir.
sation de ces entreprises. Car une chose est claire : l’économie a besoin de créatrices d’entreprise, de la valeur qu’elles ap- portent, de façon durable. et pour atteindre cet ob- jectif, il reste du chemin à parcourir.
la pérenni-
majoritairement les femmes aux foyers, sur- tout dès qu’une vie de famille est en jeu. Pour combattre cela, « il faut des modèles, des témoi- gnages de femmes qui ont réussi ce parcours », continue Anne-Sophie Panseri. C’est là que les réseaux professionnels féminins jouent un rôle essentiel, depuis leur émergence, majoritaire- ment dans les années 2000. Ils brisent l’isole- ment et la culpabilité, qui souvent encore constituent le lot des créatrices d’entreprise, débrident les ambitions, donnent des exemples, encouragent, créent des contacts... De fait, en 2000, il y a eu un vrai saut générationnel. Une génération de femmes est arrivée sur le marché du travail avec non seu- lement l’ambition de créer leurs sociétés, mais avec – pour la première fois – les moyens et les soutiens (familiaux et étatiques) pour y parve- nir. Aujourd’hui, s’il reste du chemin à par- courir, deux tendances fortes témoignent des progrès accomplis. La première est l’arrivée d’une génération de start-upeuses, issues des génération Y et Z, inten- sément digitales et uti- lisant tous les outils nu- mériques – ce qui dé- bloque beaucoup de li- mites et de frontières, y compris géographiques, avec tous les avantages que cela apporte... Avec en plus de cela, un rap- port décomplexé au risque et à l’échec.
jourd’hui. Le plan gou- vernemental de dévelop- pement de l’entrepreneu- riat féminin de 2013 vise un taux de 40% de
possible que, sur les gé- nérations Y et Z, ce pour- centage soit atteint. mais, là encore, ce n’est pas une fin, mais un début.
fait, sont des sociétés avec capital – le reste sont des autoentreprises, des indépendants... », souligne viviane de
Jean-Marie Benoist
trepreneuriat féminin stagne – en grande partie parce qu’une évolution sociétale d’une aussi vaste ampleur est géné- rationnelle. Si le cadre légal est là, les esprits ne sont, eux, pas prêts. « Il reste des obstacles structurels et organisa- tionnels qui ralentissent le mouvement, analyse Anne-Sophie Panseri, présidente de FCe France, le plus ancien réseau de chefs d’entre- prise femmes français (il a été créé en 1945, bien en avance sur son temps, NDLr). Par exemple, si l’accès aux capitaux est là, l’ambition et la confiance que peut avoir le monde bancaire en- vers des femmes entre- preneures témoignent d’une vision encore
La deuxième est une vague actuelle de suc- cessions dans des entre- prises familiales, notam- ment celles créées après laguerre:si,ilyaen-
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