Page 6 - EcoRéseau n°35
P. 6
www.ecoreseau.fr
n°35
GALAxIe eCoréSeAU Rétrospective - Fondatrices et créatrices d’entreprise en France
La longue route
Dans chaque numéro, EcoRéseau Business vous propose de revenir sur un événement ou une institution qui fait l’actualité, en les mettant en regard de ce qu’ils étaient ou auraient pu être il y a un demi-siècle. Pas question de comparer l’incomparable, de fustiger ou de glorifier le passé. Simplement de montrer que non, ça n’était pas forcément mieux avant.
L Depuis 2013, le gouvernement s’est engagé dans un plan de développement de l’entreprenariat au féminin. Une étape de plus dans une lutte qui ne date pas d’hier.
’histoire de l’en- elles se comptent sur les simple : sans progrès so- treprenariat fé- doigts d’une main – ont cial, l’entrepreneuriat au minin débute, gardé en main les ma- féminin n’est pas possi-
dans notre société mo- nettes de l’entreprise fa- ble – ou, du moins, ex-
derne, après la Grande Guerre. Lors de la Pre- mière Guerre mondiale, les immenses contin- gents de mâles partis au front ont laissé entre les mains de leurs femmes leurs champs, leurs usines, leurs entre- prises... Un mouvement que beaucoup considè-
miliale, d’autres les ont partagées – par convic- tion, passion, devoir, ta- lent... « On peut dire sans trop se tromper qu’il s’agissait de fortes personnalités, estime vi- viane de beaufort, pro- fesseur et fondatrice des Women’s programs à l’essec. Souvent, elles
trêmement difficile. Le droit de vote est une étape, mais il en restait d’autres à franchir. Pour créer une entreprise, il faut de la volonté, mais aussi disposer de connaissances spéci- fiques (en gestion, en production, en création de produits...), de capi-
Pendant 30 ans l’entrepreneuriat féminin a stagné : le cadre légal était là, mais les esprits, eux, n’étaient pas prêts
rent comme décisif dans l’histoire de l’émanci- pation féminine. Dans quelques pays euro- péens, et outre-Atlan- tique, les suffragettes et consœurs avaient réussi à décrocher le droit de vote... ce qui n’était pas le cas en France. en fait dans l’Hexagone tout est vraiment parti de la deuxième. Après 45, toutes ne sont pas re- tournées dans leurs foyers. Certaines – mais
avaient un héritage cul- turel familial propice à leur émergence, typique- ment dans des environ- nements politisés et fé- ministes. »
taux, de soutien... Sans ces piliers sociétaux, l’esprit d’entreprise a beau souffler, il ne se passe pas grand-chose. C’est ce qui explique que pendant une ving- taine d’années après la guerre, la création d’en- treprise par les femmes avoisine zéro, même si ces dames peuvent de- puis 1924 et 1938 res- pectivement passer leur bac et s’inscrire à l’uni- versité. La loi du 13 juil-
Autre facteur, les femmes (grâce à leurs actions dans la résis- tance) obtiennent le droit de voter – mais aussi d’être élues – en 1945. Pour autant, on n’assiste pas à une explosion de vocations entrepreneu- riales. La raison en est
Plus de conquérantes mondiales dans les nouvelles générations ?
let 1965 change tout : vailler, et surtout accè- neuses qui portent leur les femmes n’ont plus dent à la bancarisation. propre projet, estime vi- besoin de l’autorisation « C’est la première vraie viane de beaufort. Mais de leur mari pour tra- génération d’entrepre- elles sont encore, dans
6
Novembre 2016

