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n°34
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Baromètre Finance & Investissements Art De VIVre & PAtrIMOINe
Les SCPI séduisent toujours autant
uLE COIN DES ANALYSTES u Cholet Dupont : vers un été in-
dien sur les marchés ?
Le reflux des incertitudes économiques et la perspective d'un maintien des positions accommodantes des grandes banques centrales ont permis aux marchés de progresser pendant deux mois, observe Cholet Dupont dans une note. Selon lui, ces tendances encourageantes pourraient se prolonger, et permettre aux Bourses de traverser les « inévitables incertitudes de l'automne ». Après le Brexit, « le calme actuel permet à l'économie anglaise de rattraper son retard », écrit Cholet Dupont, tout en ajoutant qu'« il est toujours difficile d'imaginer quand et comment la sortie aura lieu ». Globalement, l'analyste a une position légèrement surpondérée sur les actions à court terme, et neutre à moyen terme.
uActions : EDRAM mise sur la zone euro
Les actifs risqués ont poursuivi leur progression en août, dans un marché où la volatilité a été particulièrement faible et où les volumes sont restés modestes, remarque Edmond de Rothschild Asset Management. Pour Benjamin Melman, directeur allocation d'actifs et dettes souveraines chez EDRAM, ce rebond s'explique en grande partie par l'amélioration de l'environnement économique mondial, notamment aux Etats-Unis et au sein des pays émergents. « L'économie mondiale retrouve enfin son potentiel et devrait confirmer cette tendance au cours des prochains mois, ce qui, dans un contexte de taux extrêmement bas, constitue un cadre favorable aux marchés actions », écrit-il. Il considère les
Les Sociétés civiles de placement immobilier (ScPI) ont collecté au total 2,45 milliards d’euros au premier semestre 2016 selon l’Aspim (Association française des sociétés de placements immobiliers). Un nouveau record historique, qui marque une hausse de plus de 30% par rapport à la même période l’an dernier. Le constat est sans appel : les particuliers s’intéressent de plus en plus à ce placement. On les comprend : alors que les produits classiques voient leur rentabilité reculer (le rendement du livret A a
actions chères, mais estime que les niveaux de valorisation restent « fréquentables ».
uZone euro : SwissLife AM attend les données chiffrées
La croissance du PIB en zone euro s'est établie à 0,3% au second trimestre, soit 1,2% en rythme annuel, rappelle SwissLife AM : une croissance certes modérée, mais supérieure à son potentiel, observe-t-il. Le pic de la récente reprise a déjà été atteint, mais le cycle est toutefois loin d'être achevé. Suite au Brexit, l'analyste a réduit ses prévisions de croissance trimestrielle à 0,3% pour le troisième trimestre et à 0,2% pour le quatrième. « Bien qu'il soit encore difficile d'en évaluer l'impact sur l'économie de la zone euro, nous savons que cette période d'incertitudes élevées sera longue », anticipe SwissLife AM, qui attend la publication de données chiffrées concernant la période post-Brexit.
chuté à 1% contre 1,5% auparavant alors que le taux d’intérêt du Livret A est maintenu à 0,75%), les taux d’intérêt des ScPI demeurent attractifs. en moyenne, ils ont servi 4,70% au premier semestre... soit deux fois plus que la moyenne de l’assurance-vie. Surtout, ils permettent de se positionner sur le marché de l’immobilier (et notamment de l’immobilier de bureau) sans subir les inconvénients de la gestion.
éthique & Finance
D
dernier G20 du quinquennat donc je suis encore plus mobilisé pour ce que j’avais dit dès le début : la lutte contre la finance, la priorité à la croissance et une mondialisation qui soit régu- lée ». cet écho au désormais célèbre discours du bourget pré- cise le plan d’attaque contre l’adversaire sans visage et sans nom : il s’agit « d’éviter que les trous dans le système finan- cier puissent offrir des occasions à ceux qui alimentent le ter- rorisme par toute sorte de trafics, puissent leur permettre de faire leurs basses œuvres ». Autrement dit, la lutte contre le financement du terrorisme international rejoint celle contre la fraude et l’évasion fiscales, et exige l’établissement d’une « liste noire des paradis fiscaux et des pays qui ne respectent pas leurs engagements ».
Plus encore, pour assainir les marchés et « aligner la finance » sur les efforts d’adaptation au changement climatique énoncés lors de la cOP21, François Hollande a annoncé que la France allait « montrer l’exemple » en étant « le premier pays à lancer des obligations vertes, dédiées à des projets d’investissements environnementaux ». D’aucuns, à l’instar de l’économiste Maxime combes, ont déjà révélé que la France n’était pas le premier pays à œuvrer en ce sens. Les mêmes et d’autres ont
Le Président prépare sa mise au vert
par
lorsqu’il n’était que le candidat Hollande : « c’est le
ébut septembre, à Huangzhou, le Président français a réaffirmé les convictions qui étaient les siennes
émis des doutes quant à l’assurance que les fonds récoltés se- raient effectivement alloués à des projets correspondant à leur objectif initial. Le cas d’engie, qui avait levé près de 2,5 mil- liards d’euros en 2014 avec une émission obligataire officiel- lement verte mais dont une partie aurait servi au financement de grands barrages polluants et à la déforestation de l’Ama- zonie, a par exemple été avancé. Les détracteurs de ce véhi- cule financier ont ainsi mis en avant un néologisme intéressant, celui d’« écoblanchiment » : « des multinationales sales » instrumentaliseraient le vocable du développement du- rable pour maquiller des financements qui n’auraient rien de socialement responsables ni d’environnementaux. La décision politique d’encourager l’allocation de fonds à un objectif vital mérite pourtant d’être saluée. Sans volonté de diriger, autant que faire se peut, les ressources disponibles vers des projets dont la visée n’est autre que le bien-être et l’avenir de tous, il est fort à parier que les actions spontanées, nécessairement disparates, s’avèreront ineffectives. Pour autant, par souci d’efficacité, il eût été souhaitable que le Président ne présentât pas son action comme un « combat contre la finance ». ces relents de populisme ont certes servi le candidat de 2012, mais risquent fortement de ne pas apporter l’effet escompté sur l’opinion publique par le probable candidat de 2017.
Arthur
Cohen
Président Directeur général des éditions Hermann, Philosophe spécialisé dans les questions éthiques appliquées au secteur financier
OctObre 2016
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