Page 49 - EcoRéseau n°34
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avait pas d’écart, rentrait les valeurs dans son sys- tème, se tenait à jour des évolutions législatives... bref, beaucoup de travail administratif et de saisie. Aujourd’hui, dans un sys- tème dématérialisé, il pro- cède à une vérification globale grâce à des ta- bleaux de bord, peut se consacrer directement à résoudre les cas problé- matiques, analyse les ten- dances et génère un rap- port... Des tâches qu’il réalisait déjà auparavant, mais de façon moins effi- cace. ces transformations ne sont pas bénéfiques pour tous. « Dans une en- treprise qui traite beau- coup de volume, il n’est pas rare de trouver des employés qui ne font que de l’opérationnel, par exemple de la saisie de factures, et qui ne sont payés qu’à cela », rappelle benjamin Outin. ces em- ployés-là craignent pour leur travail, et il faut bien avouer que ce n’est pas sans raison. Par exemple, l’arrivée de Linky, le compteur communiquant d’eDF, modifie en pro- fondeur le métier des agents et opérateurs lo- caux.
Haute résolution - Secteurs impactés par la dématérialisation StrAtéGIe & INNOVAtION NUMérIQUe Livre Blanc « Préservation des données / documents et transformation numérique », de Jean-Marc Rietsch, 2016.
ce passage à ce qui est en fait de la gestion de flux n’est pas la seule façon dont les métiers évoluent. Si l’on prend l’exemple des achats dans une en- treprise, la dématérialisa- tion complète de ce flux inclue la négociation, les référencements, les appels
et « une autre consé- quence majeure de la dé- matérialisation des flux est que cela entraîne une collaboration plus pous- sée entre les différents acteurs de la chaîne », souligne Fabien ray- mond. Par exemple, la
d’offres, les contractuali- sations, les demandes... Au final, le métier d’ache- teur finira par ressembler à une séance shopping sur Amazon. Les réseaux et hubs sont déjà là : l’Ariba Network de SAP Ariba, un des leaders du domaine, compte déjà 1,8 millions de membres – fournisseurs comme clients.
recueillir des avis sur des
Par ailleurs, « un élément important de la dématé- rialisation est la mobi- lité », souligne Fabien raymond, consultant chez Wavestone. Par exemple, dans le cadre d’une dématérialisation des achats, il devient pos- sible de valider les dé- penses depuis son smart- phone. tout cela permet de gagner en fluidité et en rapidité – à condition que la personne intègre ces nouvelles pratiques dans son quotidien.
et au-delà encore de toutes ces évolutions, la dématérialisation boule-
n liquidation : comment gérer la fin d’activité ?
... DU DÉBUT À LA FIN DE LA CHAÎNE On pourrait croire que les hauts cadres sont épar- gnés par ces évolutions qui se concentrent sur les tâches à faible valeur ajoutée. Mais ce n’est pas le cas. tout d’abord, cela influe sur les profils du personnel, et change donc son recrutement et sa gestion. ensuite, cela influe sur la nature du travail – par exemple, erDF (filiale d’eDF chargée du réseau de dis- tribution) se transforme en opérateur de don- nées...
direction des affaires fi- nancières va travailler étroitement avec la di- rection des achats. La transversalité devient la norme, et cela change en profondeur la façon de travailler – une évolution souvent difficile pour des entreprises habituées à travailler en silos.
Propos recueillis par Julien Tarby
verse également les ha- bitudes de l’autre côté de la barrière. toute une par- tie du travail autrefois effectuée par les entre- prises est maintenant – et de façon tout à fait na- turelle – assurée par les clients eux-mêmes. L’exemple le plus frap- pant est l’agence de voyage/guide touristique. Autrefois, on allait sur place demander conseil,
cas ?
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Pourquoi avoir écrit ce livre de 40 pages ?
Les changements règlementaires et normatifs changent la donne. La mise en application au 1er janvier 2016 du règlement européen aIDAS en matière d’identification est une bonne occasion, parce qu’il introduit des dis- tinctions entre les signatures électroniques – simples, avancées, qualifiées. Je reste per- suadé qu’il faut faire de même en archivage. Les données en entreprise n’ont pas toutes la même importance : égarer un bon de li- vraison n’est pas aussi grave que supprimer un contrat de travail. Et pourtant les deux
pièces sont stockées de la même manière, sans différenciation, avec le même niveau de sélection, sécurité et traçabilité, ce qui coûte de l’argent.
Vous êtes un expert reconnu en dématique (dématérialisation sous toutes ses formes : supports, échanges, processus) et en conservation de données. omment l’archivage est-il perçu en France ?
Il faut réhabiliter l’image de l’archivage, utile, mais aujourd’hui vu comme une obligation et une corvée. La gestion des données et du cycle de vie des documents est devenue essentielle dans les organisations. Auparavant le papier, quand il était archivé, était mis de côté dans un autre lieu. Le document était comme mort. Ce n’est pas cette idée au- jourd’hui dans le numérique. Je plaide d’ailleurs pour une autre appellation qu’archivage, comme conservation des données. La question n’est plus de savoir si on peut mettre les données dans le cloud, mais plutôt est-ce que le cloud est assez sécurisé pour permettre tel archivage, au cas par
informa.
éparpillées. Aujourd’hui, tout est centralisé en ligne. et les avis de tri- padvisor – qui font la va- leur du site – sont générés (et tapés) par les clients eux-mêmes. eh oui, être client est un travail, main- tenant !
Jean-Marie Benoist
tions qui étaient
considérant qu’il avait potentiellement un rôle de direction et ne pouvait donc profiter du super-privilège des salariés. Il a fallu démontrer au liquidateur de la startup mais aussi à l’AGS que cette personne ne disposait pas de la signature pour le compte en banque de la société, l’un des marqueurs forts d’absence de la direction. Deuxièmement, il en fut de même pour les locaux de l’entreprise. comme dans toute liquidation, un inventaire des biens de la société a été réalisé. A l’évidence, à l’excep- tion de quelques ordinateurs d’une célèbre marque à la pomme et la présence d’un serveur, le mobilier présent n’était pas d’une grande valeur.
De même, le bail était – anomalie juridique – au nom du président, l’un des fondateurs de l’entreprise.
considérant l’ensemble comme ayant peu de valeur, les organes de la procédure n’avaient même pas cru bon de le signaler au président. ce n’est qu’après avoir insisté lourdement qu’il obtint une réponse étonnante : les biens n’ayant pas de valeur et le bail étant à son nom, il pouvait librement en disposer et s’en débarrasser.
Moralité pour les entrepreneurs en difficulté : évitez les difficultés pour votre en- treprise, car même dans la procédure de liquidation, vous devrez affronter... d’autres difficultés.
OctObre 2016
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