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Décryptage - Drones civils professionnels StrAtéGIe & INNOVAtION NUMérIQUe
Wyman. enfin la technolo- gie est de plus en plus so- phistiquée, augmentant de fait les possibilités d’offre : capteurs optiques, ther- miques, lasers, modélisation 3D... Le marché a donc toutes les chances de se structurer.
lisent des études et des re- levés au sol. Là encore, les drones civils justifient un gain de temps et d’argent pour la réalisation rapide et
latif au vol des aéronefs. Leur expertise technique consiste à recueillir des don- nées, à les analyser et à éta- blir des diagnostics et re-
efficace, grâce au dévelop- pement et à l’intégration de différents types de capteurs : lidar (télédétection par la- ser) pour la modélisation
données et analysées avec des techniques issues du big Data pour établir des mo- dèles prédictifs ou des outils d’aide à la décision. Aux
plus en plus d’appareils en mission. employés au départ pour surveiller les voies et empêcher les vols de mé- taux, ils sont de plus en plus utilisés pour modéliser des portions du réseau, que ce soit pour la maintenance ou en prévision de travaux. Dans l’agriculture le drone mesure la vitalité des plantes, leur potentiel, leurs fragilités. « Il estime les besoins en engrais pour le blé ou le colza. L’apport d’azote au sortir de l’hiver est parfois nécessaire, parfois non. Tout dépend si la plante en a trouvé. Le drone donne la réponse pour chaque mètre carré. Nous optimisons la quantité d’engrais versé sur le champ, afin que la plante l’utilise et que cela ne parte pas dans la nappe phréa- tique. Aujourd’hui les agri- culteurs versent une quantité moyenne partout. Nous sommes dans de la précision intra-parcellaire », illustre romain Faroux chez Airi- nov. Les derniers modèles des tracteurs étant équipés de GPS, la modulation de l’épandage de l’engrais peut ensuite se faire de façon au- tomatisée. Un champ des possibles qui augmente donc, sans pour autant laisser en- trevoir le « drone à tout
UNE MULTITUDE
DE SECTEURS CONCERNÉS
L’étude du cabinet Oliver Wyman prévoit en France un marché des drones civils à 650 millions d’euros en 2025, contre 155 millions d’euros en 2015 (1,6 milliard d’euros à l’échelle mon- diale). Surestimation ? Pas si sûr. « Certains secteurs à très haut potentiel en matière de drones n’en sont qu’à une utilisation à peine ré- currente », remarque Sté- phane Morelli à la fédération professionnelle du drone ci- vil. Depuis le début, les ap- plications liées aux médias, comme les tournages de fic- tions et de reportages, se multiplient. Mais ce do- maine n’est plus appelé à se développer, de plus en plus de drones de loisirs permettant de se passer de réalisateurs professionnels. en revanche avec cet outil l’agriculture peut optimiser l’usage des engrais et pré- venir les maladies. « Les industries de réseaux, né- cessitant des pipelines, oléo- ducs, câbles, rails à inspec- ter peuvent aussi en profiter. La SNCF est d’ailleurs un des opérateurs qui a le plus avancé en la matière », pré- cise Guillaume thibault. Vient aussi le bâtiment. La commune de chelles, en Seine-et-Marne, a ainsi ex- périmenté la thermographie par des drones qui ont sur- volé l’un de ses quartiers pavillonnaires pour repérer les déperditions de chaleur émanant des maisons. en avril 2015, GrDF et Azur Drones ont réalisé, cette fois, la thermographie d’un immeuble collectif. Les oi- seaux de métal serviront de plus en plus dans la sécurité : la Préfecture de Police de Paris s’est d’ailleurs équipée, pour filmer les mouvements de foules et rassemblements sportifs. Dans le cas des mines et des carrières, les terrains sont difficilement accessibles et praticables aux professionnels qui réa-
Plus le marché des drones civils mûrit, plus il devient un secteur de services et de données
efficace des données topo- graphiques et modélisation des stocks. egalement lors de catastrophes naturelles, le recours aux engins ma- giques permet d’obtenir l’en-
commandations. Plus le marché des drones civils mûrit, plus il devient un marché de services. « A terme, ce sera même un marché de données », estime
3D ou la topographie, tera- hertz (ondes électromagné- tiques) pour l’inspection d’ouvrages, multispectral ou hyperspectral pour l’agri- culture, infrarouge ther-
etats-Unis, la start-up Kes- pry a ainsi développé un service permettant aux ex- ploitants de carrières de sur- veiller l’état de leurs stocks grâce à des drones automa-
Livraison au 32ème d’une tour de la Défense. Mais l’acheteur a oublié que les fenêtres ne s’ouvrent pas...
cœur de métier reste l’agri- culture. La complexité de- vient telle que le drone doit être mis au point par exper- tise. Dans le secteur minier les topographes doivent concevoir le leur par exem- ple », soutient romain Fa- roux.
semble des renseignements nécessaires au global (pho- tos, vidéos, images ther- miques, concentration de gaz ou encore mesure de la radioactivité). enfin, l’uti- lisation de drones pour sur- veiller des sites sensibles devient maintenant réalité, grâce notamment aux fonc- tions de captation 3D pour la matérialisation des dégâts ou encore la détection de fissures ou de failles sur un site industriel ou touristique. « Nous recensons plus de 200 applications profession- nelles », résume Guillaume thibault.
Guillaume thibault. Le drone sera donc de plus en plus utilisé comme un outil de numérisation rapide et
mique pour l’analyse des bâtiments... Autant d’infor- mations qui seront ensuite intégrées à des bases de
tisés surveillant les sites pour les modéliser en 3D. en France, la division drones de SNcF réseau envoie de
DONNÉES ET SERVICES, L’AVENIR DES DRONES
Les opérateurs de drones fournissent de moins un moins un service unique re-
Aujourd’hui le gros du marché consiste en captation et traitement de données. Mais à l’avenir les progrès techno- logiques en matière de robustesse, de flexibilité, d’autonomie et de capacité d’emport des drones pourraient bien les faire « passer à l’action ». « Aéroport de Paris teste des drones pour percer des ballons flottant au-dessus des pistes, RTE réfléchit à des drones d’intervention pour poser des câbles. Sans parler d’Amazon ou de La Poste qui aspirent un jour à livrer par les airs », illustre Guillaume Thibault, associé du cabinet Oliver Wyman et auteur d’une étude prospective sur le sujet. Il ne sera plus question uni- quement de capteurs à données, mais de véritables robots volants automatisés et professionnels. « Ils seront des drones outils, capables de transporter, nettoyer, actionner, visser », entrevoit Stéphane Morelli, président de la
Prospective
Aujourd’hui l’information, demain l’action
Julien Tarby
fédération professionnelle du drone civil. BioCarbon Engi- neering, une start-up britannique créée par un ancien in- génieur de la NASA, entend ainsi proposer une solution radicale à la déforestation galopante de la planète : ses drones volent au-dessus des zones à reboiser pour collecter de nombreuses données sur le terrain, la flore, le paysage et ainsi améliorer les schémas de plantation. Puis avec des espèces de fusils mitraillent le sol de capsules contenant des graines pré-germées et recouvertes d'un hydrogel nutritif. La start-up revendique pouvoir planter jusqu'à 36000 arbres par jour pour 15% du prix des méthodes tra- ditionnelles. « Dans 10, 15 ans les drones réaliseront des missions sans intervention humaine dans un cadre sécurisé », assure Romain Faroux, P-Dg d’Airinov.
faire »
.dans le futur. « Notre
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