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n°34
StrAtéGIe & INNOVAtION NUMérIQUe Décryptage - Drones civils professionnels
L'occasion pour EcoRéseau Business d'expliciter en détails le sujet principal de Stratégie & Innovation Numérique
Objet volant de mieux en mieux identifié Les drones professionnels ne sont pas encore entrés dans les usages comme les drones de loisirs.
c’est en train de changer, à vitesse grand V.
être convaincus de la ren- tabilité du service », ajoute- t-il. Depuis quatre ans en France 2500 entreprises ont émergé, « soit 6 à 10000 emplois, sans compter les emplois indirects comme ceux de géomètres ou car- tographes. Elle est loin d’avoir atteint son altitude de croisière, mais quelques champions nationaux sont en train d’émerger, avec un début d’exportation et de gros contrats », se réjouit Stéphane Morelli, président de la fédération profession- nelle du drone civil. red- bird, spécialiste de la col- lecte et du traitement de données enregistrées par drone pour le btP et les carrières, vient par exemple de se rapprocher de la start- up américaine Airware pour créer un leader mondial dans son domaine. Le ciel semble se dégager au niveau international, puisqu’aux etats-Unis une nouvelle ré- glementation – quoique en- core limitative par rapport à la France – a été adoptée en juin. L’autorisation préa- lable n’est plus nécessaire,
PL
au salon Innov-Agri. Les
Chiffres
Game of drones
-8,4 milliards d'euros
Le marché mondial des drones en 2015. A lui seul, le secteur militaire en représente la quasi-totalité (6,8 mil- liards), suivi par le marché loisirs (1,3 milliard d'euros). Le marché des drones civils professionnels n'est que de 290 millions d'euros.
-4 milliards d'euros
Le marché des drones professionnels est celui qui devrait connaître la plus forte progression dans le monde (+1.200 %) d'ici à 2020. A cette date, les drones militaires devraient peser 9,2 milliards (+35 %), et le loisirs 4 milliards (+900 %). -150 millions d'euros
Le marché des drones civils en France en 2015. Il s'agit en majorité (90 millions) de drones de loisirs.
(Source : Oliver Wyman, février 2016)
46 OctObre 2016
© Airinov
de prototypage, présérie, preuve de concept. Leurs drones n’ont pas le “tout intégré” – aux Etats-Unis on a préféré segmenter – car cela nécessite des ex- perts de divers horizons : dans les capteurs, le conseil,
oussez tranquillement, blé et colza, on veille sur vous...
es têtes sont levées vers le ciel bleu per- sistant de septembre
les fantasmes et les a priori. Ces gens ont l’esprit pra- tique et s’aperçoivent que l’engin couvre en un temps record les parcelles, qu’il va loin et vite pour les ren- seigner sur la vitalité et les besoins de leurs cultures », explique romain Faroux, P-Dg d’Airinov qui a déjà balayé 150000 hectares et enregistre 10000 clients.
« Nos clients sont des coo- pératives, négociants, chambres d’agriculture, et finalement tout acteur sus- ceptible de trouver un in- térêt dans l’agriculture de précision et de moderniser son outil de production. »
barquer des capteurs de di- verses natures pour récolter de précieuses données. Une étude de prospective du ca- binet Oliver Wyman de mars 2016 annonce une ac- célération de grande am- pleur. Le marché des loisirs
visiteurs agriculteurs suivent attentivement la valse aé- rienne des drones d’Airinov, champions de la télédétec- tion par capteurs de mesure optique. « Nous réalisons 60 vols de démonstration en trois jours, afin de lever
La technologie est toujours plus sophistiquée, augmentant les possibilités d’offre : capteurs optiques, thermiques, lasers, modélisation 3D...
Une offre professionnelle inattendue ? Pas tant que cela. beaucoup de gens s’at- tendent à voir quotidien- nement flotter dans les airs ces petits engins, aussi bien dans leur sphère de loisirs que dans le cadre de leur travail. Les donneurs d’or- dre n’ont pourtant pas im- médiatement concrétisé leurs investissements dans le btob, alors que les drones ont démontré leur capacité à survoler des zones inac- cessibles – offrant parfois une alternative économique à l’hélicoptère – et à em-
va vraisemblablement par- venir à maturité d’ici deux ans, quand les usages pro- fessionnels vont décoller.
les services, la cartogra- phie... » celui qui a eu l’intuition en 2010 en ob- servant un drone de loisir survoler la ferme de son père a donc un boulevard devant lui, ou plutôt un ciel dégagé. Le groupe Parrot a d’ailleurs investi neuf mil- lions d’euros en 2014 dans cette société capable de réa- liser des cartes à 3 hec- tares/minute. « Notre drone est une aile de 700g qui opère dans les champs, il est inoffensif et les gens s’en rendent compte. Ils ne demandent finalement qu’à
mais le pilotage à vue est encore obligatoire. Ajoutons au joli tableau la baisse des coûts des composants (cap- teurs, matériaux...), le dé- veloppement exponentiel des logiciels capables d’ana- lyser les données et de four- nir les meilleures aides à la décision. Les appréhen- sions sont aussi petit à petit levées : « L’usage militaire et les drones malveillants qui ont surveillé des sites sensibles étaient encore dans les mémoires », ob- serve Guillaume thibault, associé du cabinet Oliver
TOUS LES
SIGNAUX AU VERT
La France a été pionnière en matière de réglementa- tion, autorisant dès avril 2012 les vols dans le ciel hexagonal. De ce fait la fi- lière a cultivé son avance par rapport aux voisins, comme le confirme romain Faroux : « Dans les autres pays les sociétés sont bien souvent encore en phase


































































































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