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Grand Angle - L’industrie militaire dans les Régions françaises PANOrAMA
MbDA), dans des domaines variés : l’électronique em- barquée, les sous-systèmes, la mécanique de précision... Ainsi des sociétés comme Galopin, reconnue pour sa
un catamaran téléopéré par WiFi. rb3d, PMe de 17 salariés dont les deux tiers affectés à la r&D, spécia- lisée en robotique collabo- rative pour l’industrie, a de
de photons, activité qui a des répercussions dans le médical, les sciences, l’in- dustrie et la sécurité. Le marché civil constitue aussi une cible de choix pour
estiment que dans l’Hexa- gone près de 800 entreprises présentent un potentiel in- novant pour la Défense. L’influence de l’armée se manifeste en aval du pro- cessus d’innovation, mais aussi en amont. Il est peu étonnant qu’un nombre im- portant de laboratoires et pôles de recherche soient installés à bourges et ses environs. Ainsi une antenne de l’Ineris, installée dans la cité des bituriges, se consacre à la résistance des structures, notamment aux explosions ; le projet Dis- patmo consiste à modéliser des sites sensibles et à cal- culer les probabilités et mo- dalités de la dispersion at- mosphérique de substances dangereuses.
géographique du pays. et depuis, l’armement a mar- qué de son empreinte la région et continue de le faire : ce n’est pas un ha- sard si s’est tenue pour la deuxième fois en juin la 14èmeédition de la confé- rence envirorisk à l’Institut national des sciences ap- pliquées (INSA) centre- Val-de-Loire de bourges, où on s’est penché sur la maîtrise des risques dans tous leurs états, de l’in- dustriel à l’éthique en pas- sant par l’informatique ou l’environnemental, pour assurer un développement durable mais aussi une meilleure coordination des ressources matérielles et humaines. Des spécialistes de domaines variés et des usagers se sont rencontrés, ce qui a permis une meil-
nieurs de Bourges (ENSIB) a fait de la maîtrise des risques sa vocation et sa thématique », explique Joël Allain, son directeur. Au- jourd’hui, l’eNSIb ainsi que d’autres établissements ont fusionné au sein de l’INSA centre-Val-de- Loire, où cette orientation vers les risques industriels comme informatiques reste essentielle dans les forma- tions et cursus proposés. Aujourd’hui, « cette thé- matique du risque s’étend maintenant à tout le terri- toire. Ainsi, sa maîtrise est l’une des deux orientations fondamentales du Techno- pôle de Bourges », souligne eric bentz. De la même façon, parmi la dizaine de laboratoires de recherche présents dans la région, deux sont spécialisés dans
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L’industrie de défense à l’origine de nombreux secteurs civils d’avenir...
UNE CERTAINE IDENTITÉ DONNÉE AU TERRITOIRE
Le secteur de la défense et de la sécurité irrigue et génère donc d’autres sec- teurs. Mais non content de nourrir toute une économie, il contribue aussi à donner une « couleur » au territoire qui l’accueille, ce qui est loin d’être négligeable au regard des demandes de « smart specialisation » de la commission européenne en matière d’innovation. « Bourges est sortie de son sommeil en s’imposant comme l’épicentre de l’in- dustrie de l’armement de l’Hexagone », affirme ro- land Narboux, qui a aussi œuvré pendant 32 ans au sein de la société MbDA jusqu’au poste de directeur de la qualité. « J’ai tout vécu, de la production de morceaux de Concorde, d’Airbus et de Mirage à celle de missiles anti-chars, anti-navires ou encore nu- cléaires », se réjouit cette figure locale. Une situation
capacité à transporter des produits explosifs, peuvent émerger.
son côté mis au point un exosquelette pour soulager les fantassins dans leurs ef- forts, comme les opérateurs dans l’industrie devant ma- nipuler des charges lourdes. La start-up strasbourgeoise Vaylon a aussi enfanté d’un buggy volant. Photonis technologies, présente à
Kameleon. À commencer par les sociétés d’autoroute qui devront réduire la pol- lution lumineuse générée dans les portions éclairées. Le point commun entre ces nouveautés ? toutes ont bénéficié de subventions de la Direction générale de l’armement (DGA) dans le
leure identification des dan- gers ainsi que la construc- tion de solutions à forte valeur ajoutée. La raison d’un tel enthousiasme pour le domaine ? Le back- ground mécanique et tech- nologique est à l’origine de la spécialisation actuelle du territoire dans le do- maine de la maîtrise des risques. en fait, il y a 20 ans, l’armement a connu une petite baisse d’activité. L’état a donc lancé un plan de revitalisation, en prenant appui sur les compétences du territoire, et a décidé la mise en place d’un Pôle national des risques indus- triels (PNrI). Dans le même temps, les écoles d’ingénieurs locales se sont elles aussi spécialisées en la matière. « Dès sa créa- tion, en 1997, l’École na- tionale supérieure d’ingé-
un certain type de risque. Depuis quelques années, Nexter, MbDA et consorts ont conclu des partenariats et des conventions avec des laboratoires et des écoles du coin pour pouvoir profiter des ressources lo- cales. « Tous les ans, Nex- ter prend au moins entre quatre et cinq ingénieurs en stage. Ils nous ont contactés car ils avaient besoin de s’ouvrir sur le territoire et surtout avaient des besoins en formation spécifiques et techniques », détaille Laurent Noël. Des interactions qui conduisent à dire que quelque part, n’en déplaise à Nicolas Sarkozy, l’armée fait de l’aménagement du terri-
Julien Tarby
L’IMPULSION
D’UNE CERTAINE MENTALITÉ
Yossi Vardi, entrepreneur et capital risqueur, pape des start-up israéliennes qui en a soutenu plus de 90, cite bien souvent tsahal parmi les facteurs qui ont abouti à la « start-up nation », l’armée catalysant la r&D. en France, le ministère de la Défense propose d’ail- leurs un dispositif de fi- nancement qui subven- tionne les PMe, jusqu’à 80% de leurs dépenses de r&D. De quoi multiplier les innovations spontanées « duales », qui peuvent aussi intéresser l’industrie civile, comme récemment
Les experts estiment que dans l’Hexagone près de 800 entreprises présentent un potentiel innovant pour la Défense
brive depuis 1937, a conçu cadre du dispositif rapid qui en fait ne date pas la caméra Kameleon capa- (régime d’appui pour l’in- d’hier. Napoléon III lui- ble de voir en couleur la novation duale). chaque même a décidé de déplacer nuit même en cas de pluie année, la DGA dépense les entreprises du secteur (contrairement aux caméras quelques dizaines de mil- dans un endroit difficile à infrarouges), grâce à sa spé- lions d’euros, sachant atteindre pour un envahis- cialisation dans la détection qu’actuellement les experts seur potentiel : le centre
toire...
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