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pas à équilibrer le budget de l’école, mais bien à in- vestir pour le lendemain. La responsabilité des alumni est centrale, au cœur du destin de l’école. » D’inspiration anglo- saxonne, ce cheminement n’est pas spontané, naturel dans la culture française. et en europe. « Aux Etats- Unis, attribuer son succès à l’école est coutumier, note Alon rozen, doyen de l’ecole des Ponts business School, avec le sentiment de lui être redevable. Et des pressions sont faites, avant même le début de la formation, pour donner. » Comme disait Kennedy, lors de son discours inau- gural en 1961, « ne vous demandez pas ce que votre pays peut faire pour vous, mais demandez-vous ce que vous pouvez faire pour votre pays. ». Dans la sphère des business schools, cette men- talité s’immisce peu à peu en France. D’où le développement ces dernières années des fon- dations. La plus connue d’entre elles, et la plus ef- ficace aussi : celle d’HeC. en juin dernier, à l’occasion deses10ans,100000€ ont été levés par la promo- tion 2006, grâce à l’aide généreuse de l’un d’eux, associé de l’une des prin- cipales sociétés euro- péennes de capital-inves- tissement, et donc parrain d’un soir, qui a décidé de... doubler la levée de sa pro- mo. Ils étaient 250. merci
Murielle Wolski
rH & FormAtIoN Carrières & Talents - La formation continue et les alumni
parfois les salariant en di-
bilisés - tous cursus confon- dus -, chaque année sur le campus de Grenoble école de management (Gem) pour procéder aux entretiens des jurys d’admission, 100 supplémentaires pour les jurys de sortie. Les entre- preneurs sont invités à par- ticiper au jury final à l’es- sec, qui a été la première école à se doter d’une chaire dédiée à l’entrepreneuriat social. « D’autres témoi- gnent dans nos brochures, se rendent disponibles pour échanger avec des pros- pects par téléphone, détaille Natalie Kettner, directrice des programmes dirigeants. Les anciens ouvrent même les portes de leurs sociétés pour accueillir des parti- cipants actuels pour les vi- sites d’entreprise. » L’im- plication est protéiforme. « Comme membres de la communauté, nous les pous- sons à partager leur temps, leurs savoirs, à donner ac- cès à leurs réseaux, à pra- tiquer le mécénat, précise Alexis von busekist de l’In-
rect. A l’edhec, dix colla- borateurs sont entièrement dédiés, soit un de plus qu’à Lyon. en Normandie, les effectifs ont triplé. « La professionnalisation de la gestion des bénévoles im- pliqués est indéniable, ex- plique Susan Nallet, direc- trice carrières alumni et re- lations employeurs de Gre- noble ecole de manage- ment (Gem). Au point de voir reconnu le coordon- nateur d’alumni comme un métier à part entière. » A l’instar de ce qui se passe en entreprise, l’efficacité des dispositifs peut être me- surée avec le Crm (custo- mer relationship manage- ment).
« Depuis que mon patron sait que nous avons fait la même école, il ne me lâche plus, même quand je pars à un aer work... »
KENNEDY
POUR SOURCE D’INSPIRATION Aucune obligation. rien n’est imposé. « On les en- courage à être actifs, insiste Denis Dauchy de l’edhec. Comme alumni, ils ont des droits et des devoirs. » Pas
shot ». »
toulouse business school, avec « un jour de formation offert tous les trois ans »... et25%deremiseàviesur
breuses à ce sujet, note Agnès Flouquet-Vilboux, executive director at Neoma Alumni. Quel est le retour
A Lille, du côté de l’edhec, on parle de « refresher courses ». Une invitation est lancée à revenir pour bénéficier d’une mise à jour sur certains domaines. Quelques exemples : nou- velles approches de la fi- nance ; théories innovantes en matière de stratégie... Pas moins de 100 occasions sont ainsi proposées chaque année de se « rafraîchir les méninges ». on peut y re- venir à loisir. Suivre gra- cieusement des formations courtes, une opportunité qui se développe à l’eSSeC pour les anciens de l’exe- cutive mbA qui ont recom- mandé le programme à des amis ou des collègues. bientôt mise en place à
Pour certains alumni des formations, des formats courts, comme des masterclass, des « refresher courses »,
et demain des Moocs...
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les programmes de forma- tion continue diplômante. « Les alumni sont plus in- téressés par les formats courts, comme des master- class », constate Alon ro- zen, doyen de l’ecole des Ponts business School. et demain, pourquoi pas des mooCs ? « Avec un coût de 20 000 à 50 000 euros, les questions sont nom-
sur investissement ? Quelle de régime dictatorial donc efficacité ? Où placer le dans les écoles, mais des curseur ?» sollicitations. et Gérard
sead. La valeur de ce qu’ils ont reçu va au-delà de qu’ils ont déboursé. Aussi, s’adresse-t-on à eux direc- tement. Viens avec ton pdg. Reste ouvert aux investis- sements prévus par l’école. L’établissement a besoin de ton don. Faute de contri- butions financières, difficile de rester dans la compéti- tion. Les dons ne servent
Despinoy, administrateur DES ÉQUIPES de l’Insead alumni fund, RENFORCÉES d’ajouter : « un peu comme Signe de la montée en Amazon aime montrer les gamme des services, de avis de ses consommateurs, l’attention portée aux les écoles de management alumni, les business schools capitalisent sur la satisfac- ont considérablement étoffé tion clients ». Ainsi, 250 les équipes des associations, anciens diplômés sont mo-
les alumni.
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SePtembre 2016

