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Baromètre Finance & Investissements ARt De ViVRe & PAtRiMoiNe
intéressante lorsqu’on prend en compte la fiscalité
de ces livrets. ils sont en effet soumis aux uLE COIN DES ANALYSTES
u DNCA privilégie les actions européennes
Les marchés se reconstruisent peu à peu après avoir subi un épisode de forte volatilité sur toutes les classes d’actif en début d’année, observe DNCA Investments dans une note. Le gestionnaire remarque que les risques monétaires (Fed), politiques (Brexit, élections espagnoles et américaines) et économiques (Chine) demeurent prégnants. Les craintes sur la croissance mondiale ne sont toujours pas entièrement dissipées en raison des difficultés de certains pays émergents confrontés à des crises internes ou à des surcapacités industrielles, ajoute-t-il. DNCA ajoute que les actions européennes n’ont pas été épargnées par le sentiment négatif, malgré la reprise économique en zone euro. « Leur valorisation est certes proche de la moyenne historique, mais les anticipations de bénéfices par action s’avèrent peu ambitieuses. » Dans ce contexte marqué par un environnement de taux historiquement bas, le rendement des actions « constitue un soutien indéniable », écrit-il. « C’est pourquoi il faut continuer à privilégier les actions européennes qui devraient bénéficier du potentiel de croissance économique toujours intact de la zone euro. »
prélèvements sociaux (15,5%) et fiscalisés selon le taux marginal d’imposition de l’épargnant. la solution peut être de clore le livret à l’issue de la période « boostée »... et éventuellement de répéter l’opération dans une autre banque. une opération qui demande toutefois du temps et de la détermination.
u Actions : Cholet Dupont reste pru- dent
+ 0,7% : l’évolution des charges de copropriété en 2015
Le manque de visibilité reste notoire, remarque Cholet Dupont dans une note de marché. Après plusieurs semaines d’attentisme, les marchés financiers ont retrouvé un peu d’optimisme, observe- t-il, tout en déplorant une croissance économique toujours hésitante. « Les marchés sont-ils condamnés à vivre au jour le jour, au gré des nouvelles, sans tendance affirmée ? », interroge Vincent Guenzi, directeur de la stratégie d’investissement. L’analyste conserve sa recommandation Neutre à court terme sur les actions, tout en les surpondérant à moyen terme par le biais des actions européennes. « Les actions américaines restent moins risquées, mais elles offrent un potentiel de hausse limité », conclut-il.
u Quilvest AM attend une croissance durable aux US
Le consensus est probablement trop pessimiste à l’égard des perspectives de croissance économique mondiale selon Quilvest AM. Outre-Atlantique, si le rythme de croissance du PIB a pu décevoir au premier trimestre, un rebond au deuxième trimestre semble assez probable selon lui. Lieven Jacobs, directeur de la gestion chez Quilvest Asset Management, remarque que cette inflexion est une constante ces dernières années : « Depuis 2010, l’économie américaine connait chaque année une forme de point mort au premier trimestre, avec une croissance moyenne de 0,7%, puis rebondit au trimestre suivant, évoluant entre 2 et 3%. L’économie américaine conserve une orientation robuste ». Il attend une croissance modérée dans les prochains trimestres. « Le scénario d’un super-cycle américain est tout à fait crédible. Une croissance “molle” mais durable, de 1 à 2% par an, suffit à l’absorption du chômage et au maintien de la consommation de ressources, ce qui est rassurant »,
l
nalités et des institutions financières concernées, les autorités et régulateurs nationaux ont réagi avec fermeté, comme l’a confirmé le 12 juin Felix Hufeld, président de la Bafin (Au- torité financière allemande) : « Manipulation des normes, pra- tiques commerciales inacceptables, aide à la fraude fiscale ou au blanchiment d’argent. Sur ces points, certaines banques sont toujours en mauvaise posture ». les mesures de rétorsion sont-elles les mieux à même de résoudre le problème causé par la disparité des niveaux d’imposition ?
telle est la judicieuse question qu’a posée la CiFA (oNG avec statut consultatif général auprès des Nations unies) lors son forum international annuel. M. Adolfo enrique linares Franco, ancien ministre et président de la Chambre de com- merce, des industries et de l’agriculture de Panama, prétend que non. Son plaidoyer en faveur de la souveraineté fiscale de chaque pays n’est pas dénué d’intérêt : il cite avec perti- nence la Charte des Nations unies, qui reconnaît à chaque état indépendant le droit de conduire librement sa propre po- litique en la matière. il fustige « l’attitude absolutiste et em- preinte d’idéaux colonialistes » de certains pays, dont la France, qui chercheraient à imposer une harmonisation mon-
Après une baisse de 4,9% en 2014, les charges de « copro » sont restées quasiment stables l’an dernier selon une étude de l’Association des responsables de copropriété (ARC). Selon l’auteur de l’étude, cette quasi-stabilité ne serait pas due à une meilleure maîtrise des charges, mais une baisse du coût de l’énergie.
éthique & Finance
ajoute-t-il. Guerre fiscale en perspective ?
par
financière. Devant l’ampleur et la notoriété des person-
es Panama papers ont révélé un véritable système or- ganisé d’aide à l’évasion fiscale voire à la criminalité
diale de la fiscalité. Selon lui, cette uniformisation se réalise- rait au détriment des citoyens et des libertés individuelles au seul profit des états en faillite. il affirme qu’il n’existe aucun « paradis fiscal » (le Panama taxe les bénéfices des sociétés à 25%), mais que les pays « les plus endettés et les moins bien gérés » aspirent à devenir des « enfers fiscaux » avec des taux d’imposition confiscatoires et illégitimes.
Arthur
Cohen
Cette diatribe étonnante suscite la question de l’émergence d’une nouvelle forme de conflit inter-étatique, dont l’enjeu porte sur la domiciliation des revenus financiers. le Brexit semble d’ailleurs activer la crainte d’une guerre fiscale au sein même du territoire européen. Pour faire face, peut-être serait- il judicieux de relire Maurice Allais, qui proposait, dans L’Im- pôt sur le capital, une réforme fiscale adaptée à « un cadre concurrentiel » : plutôt que de taxer les bénéfices des sociétés, les revenus des travailleurs, les successions, les plus-values ou la propriété, il serait « plus juste et plus efficace » d’ins- taurer à la place « un impôt sur le capital portant sur les seuls actifs réels », d’attribuer à la seule collectivité les « profits provenant de l’augmentation de la masse monétaire par le mécanisme du crédit », d’instituer « une taxe générale et ho- mogène sur la valeur des biens de consommation ». Cette « fiscalité tripolaire », simple et transparente, assure Allais, « ne serait susceptible d’aucune fraude ».
Président Directeur général des éditions Hermann, Philosophe spécialisé dans les questions éthiques appliquées au secteur financier
Juillet-Août 2016
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