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Décryptage - Les start-up hexagonales de l'intelligence artificielle
StRAtéGie & iNNoVAtioN NuMéRiQue
une société qui veut rendre les smartphones plus intelli- gents, Rand Hindi a par exem- ple mis au point en 2013 une application mobile pour le compte de la SNCF. tran- quilien permet de prédire l’af- fluence dans les trains du ré- seau francilien, wagon par wagon. Début 2015, Smart Me up a fait partie de la dé-
impôt recherche (CiR). elles bénéficient également du dy- namisme du réseau d’accé- lérateurs français. le lyonnais Axéléo a ainsi aidé tellMe- Plus sur le plan commercial et marketing et lui a avancé de la trésorerie en échange de parts dans son capital. « Le rejoindre, en 2013, a été un moment très important
TellMePlus voit l’avenir dans les statistiques
TellMePlus a été créée en 2011 par Jean-Michel Combot,
un ingénieur informaticien qui a inventé le logiciel Business
Objets au début des années 1990, dont l’éditeur a été
acheté 4,8 milliards d’euros en 2007. La start-up développait
initialement une application de bons plans personnalisés pour créer du trafic en magasins. « C’est un modèle BtoBtoC, mais nous l’avons abandonné en juin 2013 car le BtoC était très compliqué et coûteux : il fallait beaucoup d’offres pour intéresser les consommateurs, et beaucoup de consommateurs pour intéresser les annonceurs », justifie Jean-Michel Combot. La start-up s’est donc recentrée sur sa technologie. Avec le concours du CNRS, elle a en effet développé une technologie de machine learning pour répondre à des problématiques métier. Sa première application ? Un logiciel permettant aux entreprises de prédire les actions de leurs clients, comme le désabonnement ou la fraude, et des recom- mandations pour s’y adapter. Des banques et des compagnies d’assurances l’ont adopté. Par exemple, TellMePlus fournit chaque semaine à LCL une liste de clients sur le point de changer de banque, et ce qu’elle doit leur dire pour les garder.
La jeune pousse de Montpellier est en train de prendre un nouveau tournant, en se lançant dans l’industrie 4.0 avec son logiciel de maintenance prédictive. Elle travaille par exemple avec un gestionnaire de parcs d’éoliennes qui lui a ouvert ses bases de données : « Chaque éolienne contient 80 capteurs, qui envoient des informations toutes les minutes depuis trois ans. On apprend les différentes pannes et on fabrique un modèle qui permet à chaque éolienne de dire que tel composant va lâcher dans dix jours, et sait expliquer pourquoi », explique Jean-Michel Combot. TellMePlus a levé 4,2 millions d’euros en février 2016 auprès de fonds d’investissement comme Ventec, XAnge et Runa Capital et des investisseurs privés, pour se lancer à l’international, viser de nouveaux marchés, et passer de 15 salariés aujourd’hui à 30 d’ici la fin de l’année, et 70 en 2017. Après 350000 euros de chiffre d’affaires en 2015, elle vise 2,5 millions en 2016.
légation invitée par la French tech au CeS de las Vegas. « Cela a suscité énormément de demandes de clients fran- çais, américains ou japonais, et LG nous a recontactés de- puis », soulignait Matthieu Marquenet, le directeur des opérations de Smart Me up, à Challenges quelques mois plus tard. et Bpifrance a par- ticipé à sa levée de fonds de deux millions d’euros en mars dernier. Cela vaut aussi pour l’accompagnement : Heuri- tech a ainsi intégré en 2014 l’accélérateur Start’inPost, de la Poste, qui l’a notamment aidé à structurer son marke- ting et sa communication. les start-up du secteur pro- fitent aussi du coup de pouce fiscal que représente le Crédit
dans le développement de l’entreprise, souligne Jean- Michel Combot, son fonda- teur. Notre technologie a né- cessité cinq ans de R&D, pendant lesquels nous avons dépensé beaucoup d’argent sans rien gagner. Nous avons connu des passages difficiles sur le plan de la trésorerie,
Smart Me Up donne la vue aux objets
Créée en 2012, Smart Me Up est spécialisée dans la reconnaissance faciale appliquée aux objets connectés. « Ils peuvent ainsi détecter si des gens sont autour d’eux, identifier leur genre, leur âge, où se porte leur attention, ce qu’ils regardent, et même leur humeur, explique Loïc Lecerf, le docteur en intelligence artificielle qui l’a fondée. Cela peut avoir une multitude d’applications dans l’automobile, les smartphones, ou encore la smart city. » La vente de son site internet d’échange de savoir-faire à Benchmark Group lui a
permis de financer les deux ans de R&D pour mettre au point la technologie. En mars dernier, Smart Me Up a levé 2 millions d’euros, notamment auprès de Bpifrance et de business angels prestigieux, comme Xavier Niel, Jacques-Antoine Granjon ou Jean-David Blanc. Parmi ses clients, la jeune pousse grenobloise
compte par exemple Netatmo et Photomaton, qui utilise sa technologie pour s’assurer que vos clichés officiels sont conformes à la réglementation. « Nous avons aussi des prospects dans l’industrie automobile en Corée du Sud, dans celle du smartphone en Chine, et dans l’électronique grand public aux Etats-Unis », précise Loïc Lecerf. Si bien que l’entreprise de 15 salariés, qui ne communique pas sur ses résultats 2015, vise 3 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2016 et 10 millions en 2017.
pendant lesquels. investi et s’est mouillé. Il a apporté des services, des contrats, et son carnet d’adresses, nous a aidés à nous structurer du point de vue financier et marketing. » tellMePlus a aussi remporté en 2012 un Prix oséo doté de 200000 euros.
Riminder, créée en 2015 à Paris par Mouhidine Seic et Josselin Noire, a développé un algorithme intelligent qui analyse CV et offres d'emplois pour faciliter le recrutement. Elle travaille avec une dizaine de grands comptes, dont Uber et Criteo, pour les aider à faire le tri dans les montagnes de CV qu'ils reçoivent.
Foodvisor est une application pour surveiller la qualité de son alimentation. A partir d'une photo de votre assiette, son algorithme en analyse le contenu pour en ressortir les informations nutritionnelles et des conseils. La start-up de "Food Tech" a été créée à Paris en 2015 par Charles Boes.
Juillet-Août 2016 55
Axéléo a
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Aymeric Marolleau

