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n°32
CluB eNtRePReNDRe Business guides - Affacturage, la réponse aux Fintechs
Dans chaque numéro, EcoRéseau Business s'intéresse de prêt à une (ou des) problématique(s) que peut se poser un cadre dirigeant
la contre-attaque des factors
l FaceàlanouvelleconcurrencedesFintechs,lesaffactureursorganisentleurripostedématérialisée.
(logistique, marketing, finance, communication...) en demandant l'avis des prestataires et conseils
e marché de l’affacturage poursuit Par Pierre-Jean Lepagnot solutions », précise-t-elle. les thèmes son essor. Après six années de choisis correspondent aux remontées croissance ininterrompue, le mon- d’information à partir des enquêtes
tant des créances prises en charge par clients : dématérialisation des factures,
les sociétés d’affacturage, pour l’essentiel des filiales de grandes banques, comme CAl&F (groupe Crédit agricole), BNP Paribas Factor, Natixis Factor ou HSBC France, a progressé de 9,7% à 61,9 mil- liards d’euros au premier trimestre 2016. une performance impressionnante, mais à relativiser. en 2015 en effet, moins de 41000 entreprises françaises ont eu recours à l’affacturage, soit seulement environ 1,2% des sociétés implantées dans l’Hexagone ! De quoi susciter l’appétit du secteur des start-up de la finance, surnommé « Fintech », contrac- tion de finance et de technologie.
reporting, scoring du risque de crédit, blockchain, affacturage, etc. « Les Fin- techs ont développé d’excellents outils. Les banques jouissent de la confiance des clients et ont une capacité à financer. Il y a une complémentarité évidente », souligne Béatrice Collot.
UN MARCHÉ FLORISSANT
en parallèle, les factors s’emparent, eux aussi, du « factoring 2.0 ». Pour optimiser le processus de l’affacturage et permettre à ses clients d’utiliser cet outil en toute fluidité, HSBC utilise, à l’instar des Fintechs, le digital. Ainsi, plus de 90% des factures sont au- jourd’hui dématérialisées. « Les plate- formes des principales Fintechs sont ergonomiques, mais leurs services ne sont pas moins chers que les nôtres et ils sont un intermédiaire supplémen-
« Notre premier objectif est de convaincre
les 98,8% des TPE et PME françaises
à sauter le pas et à adopter nos solutions d’affacturage », assure Alexandre Weiss,
directeur général de Créancio. Fondée en 2015, cette start-up veut devenir un véritable compte de trésorerie pour tPe/PMe. un an après sa création, la société a déjà financé plus de 3000 factures. le financement moyen actuel est de trois millions d’euros d’encours par mois. les raisons du succès sont multiples : « En premier lieu, aucune caution personnelle n’est demandée. Ensuite, le poste client est totalement dématérialisé : le chargement des factures se fait en un clic sur l’appli Créancio. Son circuit court et rapide lui permet enfin de financer en 24 heures une facture, ou mieux, le jour même pour les demandes effectuées avant 11 heures. L’entreprise bénéficie d’une assurance-
Désormais les financements arriventparlenuage...
crédit impayé, sans frais additionnels. De plus, nous proposons de l’affacturage confidentiel à tous clients, même les TPE, contrairement aux factors tradi- tionnels », précise Alexandre Weiss.
Il s’agit d’incorporer une brique start-up dans nos solutions
EN MODE FINTECH
développer de nouveaux produits et services digitaux, la lourdeur de leurs procédures de décision et des contraintes opérationnelles brident leur capacité à proposer des solutions aussi innovantes », affirme Alexandre Weiss.
taire », précise Béatrice Collot. CAl&F n’entend pas non plus rester à la traîne. Depuis quelques années, la filiale des financements spécialisés du groupe Crédit Agricole a mis en place Créances Services, qui permet aux chefs d’entreprise de céder les factures de leur choix au coup par coup via internet, et de recevoir le financement de ces dernières en 24 heures. « CAL&F a été, en 2007, l’un des premiers factors à mettre en place une plateforme internet pour faciliter la cession des factures. Aujourd’hui, nous restons précurseurs sur le digital puisque nous avons lancé en 2014 la première application mobile d’affacturage disponible
LA MENACE SE PRÉCISE
la menace des Fintechs sur le secteur de la finance n’est donc pas un mythe, comme le rappelait en décembre 2015 Standard & Poor’s, en soulignant que des changements dans le « modèle commercial et culturel » sont des prérequis si les banques veulent rester dans la course durant la prochaine
sur tous supports. Cette année, la nou- velle version de notre plateforme internet va largement s’inspirer de cette appli- cation, pour permettre une navigation simplifiée et optimisée », rappelle orli Hazan, directrice de la relation client
LES FINTECHS À LA MANŒUVRE
décennie. Forts de ce constat, les établissements traditionnels tentent de s’adapter. HSBC France vient par exemple de créer le laboratoire d’inno- vation. « Nous souhaitons fonctionner en mode start-up. Il s’agit de proposer des solutions clients innovantes, de les tester en grandeur réelle et de faire évoluer l’offre des produits de HSBC », ex- plique Béatrice Collot, directrice trade et Affac- turage et du laboratoire d’innovation chez HSBC France. Ce laboratoire prend appui sur les ressources internes de la banque et externes des Fintechs. Plusieurs modalités sont envisagées : projets en partenariat, solutions intégrées en marque blanche ou intégrées avec acquisition de technologie et, enfin, prise de participation dans des start-up. « Il s’agit d’incorporer une brique start-up dans nos
affacturage de Crédit Agricole leasing & Factoring. l’établissement dit observer avec intérêt l’arrivée des Fintechs spécialisées dans l’affacturage. « Nous étudions leur écosystème et regardons de
Créancio n’est pas la seule Fintech à investir ce créneau porteur. le groupe Finexkap propose par exemple un service de cession de créances com- merciales, sur un modèle économique proche de l’affacturage, « à des conditions plus attractives que les factors traditionnels », explique léa Véran, directrice marketing du groupe. les entreprises peuvent désormais profiter grâce aux start-up des nouvelles opportunités offertes par le développement des technologies numériques. une demande difficile à satisfaire pleinement par les partenaires financiers traditionnels. « Ces établissements sont en fait pé- nalisés par leur historique et leur taille qui les rendent moins habiles. Même s’ils investissent pour
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leur business model mais nous ne sommes
près.
pas inquiets pour autant : nous avons la capacité d’innover pour répondre aux défis de demain, tout en nous appuyant sur notre expertise, reconnue depuis plus de 50 ans. Cette analyse est importante car les Fintechs ciblent des marchés sur lesquels nous sommes très présents, et sur lesquels nous souhaitons continuer notre développement, à savoir le marché de la TPE/PME », précise orli Ha- zan.
Cahier pratique n°1 - Affacturage

