Page 40 - EcoRéseau n°32
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n°32
CluB eNtRePReNDRe Culture du rebond - Olivier Remoissonnet, sauveur de la brosse à dents française Apprendre de ses échecs et utiliser cet acquis dans une nouvelle aventure. Tel est le credo qui est suivi dans cette rubrique,
il reste très modeste, mais olivier Remois- sonnet a quand même réussi un certain tour de force, dont nombre de PMe ont un jour rêvé : celui de sauver de la li- quidation judiciaire en dé- cembre 2012 la Brosserie Française, dernier fabricant de brosses à dents de l’Hexagone, puis de relo- caliser la production sur le territoire national et de repartir sur un nouveau modèle stratégique.
la Brosserie Française a échappé à la liquidation judiciaire, grâce à un soupçon de relocalisation, une pincée de formation et de marketing. la recette d’olivier Remoissonnet.
Brosses à dents du bonheur
qui retrace une sortie de route pour mieux se tourner vers l'avenir
PREMIERS RÉSULTATS ENCOURAGEANTS
un succès total ? l’avenir le dira, mais les premiers chiffres sont encoura- geants. « Fin 2012 nous culminions à 4,2 millions d’euros de CA, 8 millions de brosses à dents, 400000 brosses à cheveux, 100000 brosses de toilettes. En 2015 nous sommes passés à 4,9 millions d’euros pour le même effectif, avec une démultiplication des ca- naux de vente, notamment en ligne », se réjouit l’in- génieur de formation. la
société picarde s’est aussi tournée vers l’internatio- nal, la Côte d’ivoire mais aussi la Chine, où elle a signé un partenariat avec un distributeur local spé- cialisé dans les produits européens. « Face aux scandales sanitaires, la classe moyenne chinoise se méfie des produits de santé nationaux et se tourne vers l’étranger », précise le dirigeant heu- reux qui vise les 5,1 mil- lions pour 2016, alors qu’un partenariat avec une des principales en- seignes bio vient d’être signé.
par les délocalisations. Après un passage dans l’industrie automobile, oli- vier Remoissonnet est « tombé » en 1998 dans la brosserie, pour le mas- cara et le vernis à ongle, évoluant dans le maquil- lage jusqu’en 2007. « Puis le propriétaire du groupe m’a sollicité pour que je l’aide à préserver le métier en regroupant tous les der- niers brossiers. Je suis de- venu directeur industriel. En 2010 la dernière délo- calisation nous menait droit à la liquidation. » le Picard, connu des équipes, se rend alors au tribunal avec un plan pré- cis de renaissance, basé sur la mise en valeur d’un savoir-faire régional de 160 ans et sur le made in France. « Fin 2012 était une période électorale en France, le domaine social était crucial. La plupart des repreneurs étant plus intéressés par le carnet de commandes et les marques que par les 26 salariés ; le tribunal s’est donc tourné logiquement vers moi », rappelle l’intéressé.
40 Juillet-Août 2016
Ceux qui vou- laient racheter la marque et délo- caliser peuvent se brosser...
© Hasselblad H3D
«AUBOUTDE MON IDÉE »
Créée en 1846, l’entre- prise nichée dans l’oise au cœur de la vallée du thérain, berceau histo- rique de la brosserie, de- vient, dans les années 1980, le fleuron de la Brosse et Dupont, alors filiale de lVMH. Rache- tée en 2005 par Duopole, elle est frappée de plein fouet par le ralentisse- ment de son marché et
le droit en lpratique Sortir d’un conflit qui s’enlise : une société peut-elle racheter les parts de ses propres actionnaires ?
ecasdecemoissebasesuruneex- option 2 : accepter de céder aux exigences tions lorsque la société met en œuvre une périence vécue dans le domaine de la de cet associé et lui racheter au prix fort des clause qui s’y rapporte, ce prix est fixé par musique. actions valant très peu. accord entre les parties. Sans accord le prix
Cinq personnes s’étaient réunies pour un option 3 : engager la société pour que ce est déterminé par un expert dédié.
projet commun. Comme dans d’autres do-
soit la structure elle-même qui rachète ses propres actions.
or, s’agissant d’une SAS, la société la plus couramment utilisée par les entreprises de croissance, la liberté domine dans la cession d’actions.
Seule condition à respecter : lorsque les ac- tions sont rachetées par la société, celle-ci est tenue de les céder dans un délai de six mois ou de les annuler.
maines, au bout d’un an la passion s’est avec éteinte et l’un d’entre eux souhaite quitter le
projet... mais ne veut pas céder ses parts. Après des mois de discussion, personne ne veut lui racheter ses parts au prix exorbitant qu’il propose.
Cependant, les hypothèses de rachat par une société de ses propres parts sont strictement prévues et encadrées par la loi. Concernant la SAS, l’article L227-18 du code de com- merce prévoit que si les statuts ne précisent pas les modalités du prix de cession des ac-
Dans notre cas et très clairement, les asso- ciés ont choisi cette option de faire racheter les actions de l’associé récalcitrant par la so- ciété. ils ont profité du délai de six mois pour céder à nouveau ces actions. ils au- raient pu aussi annuler ces actions mais cela aurait eu la conséquence négative de réduire leur capital social.
les associés avaient alors plusieurs op- tions :
option 1 : exclure cet associé récalcitrant en prenant le risque que ce dernier conteste le fondement de cette exclusion.
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