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n°31
CLuB EnTREPREnDRE Business guides - L’électromobilité et mobilité douce
Encore quelques cols à franchir
Et si, après des débuts difficiles, les véhicules fonctionnant à l’électricité ou la force humaine s’imposaient auprès du grand public sensibilisé au réchauffement climatique ? Plusieurs défis sont encore à relever...
Par Pierre-Jean Lepagnot
Mots-clés
1 Le potentiel de l’électromobilité
2 Les constructeurs se mettent au courant
3 Les bornes montent en charge
4 Des services sinon rien
n’en déplaise aux fans des films de la série « Fast & Furious », le vrom- bissement des moteurs ne sera bientôt plus qu’un souvenir sonore dif- fus. nos chères voitures (sans oublier les deux roues à moteur) sont en effet destinées à se retrouver à la casse pour laisser place aux voitures élec- triques, non polluantes et silencieuses. Lors de la CoP21, l’ensemble des Etats européens et nord-américains ont signé la Déclaration de Paris sur l’électro- mobilité et le Changement climatique. L’objectif est qu’au moins 20% de la flotte mondiale de véhicule soient à traction électrique d’ici à 2030. Et presque partout dans le monde, les pouvoirs publics font feu de tout bois pour atteindre cet objectif. La France n’a pas attendu l’organisation de la CoP21 pour agir. Depuis déjà de nombreuses années, les collectivités se sont engagées sur la voie du changement, en particulier sur la mobilité. Le secteur des transports est en effet le premier pollueur en France avec 36 % des émissions nationales de Co2, sans compter une importante contribution aux émissions de particules fines. Face à cet enjeu de santé publique, il devient donc urgent de se déplacer autrement. La mobilité électrique fait partie des réponses technologiques pri- vilégiées, car elle allie d’évidents atouts environnementaux à l’introduction
5 A chacun son VUL
Fiction : La première voiture de Charlotte
de nouveaux usages. Dans le paysage français de l’électromobilité, Autolib’ a incontestablement joué le rôle de catalyseur. Lancé en 2011, le premier service public de location de véhicules électriques en autopartage a permis de démo- cratiser l’image de la voiture électrique et de lui donner le coup de jeune dont elle avait besoin. Les utilisateurs ont à la fois découvert un service pratique et les bienfaits de la voiture électrique : silence et zéro pollution à l’usage. Mais
le développement de la voiture électrique passe inéluctablemen.
tique incitative sur l’électromobilité, à commencer par le développement de la recharge publique et privée afin de garantir l’accès à l’électromobilité pour tous. De nombreux citadins ne disposent pas de garage dans leur immeuble. En réponse à cette situation, certaines villes proposent par exemple aux co- propriétés une aide financière pour les inciter à s’équiper d’infrastructures de recharge. D’autres proposent par exemple aux artisans une aide pour remplacer leur véhicule thermique par un électrique. L’enjeu est de taille. En effet, qui de l’offre ou de la demande doit faire le premier pas est une question cruciale qui paralyse l’innovation et ralentit la sortie du tout thermique.
t par une poli-
Mai 2025, Charlotte, 16 ans, vient de décrocher son permis de conduire. La
fin de son mono-roue et de ses différents vélos – traditionnels comme élec-
triques ? Ses parents se mettent en tout cas en chasse d’une voiture électrique.
L’occasion pour eux de se remémorer la fin des années 2010, époque où le
concept d’électromobilité prenait très progressivement son essor 1 . Julien,
le papa se souvient du peu de choix proposés par les constructeurs. Les prin-
cipaux ne proposaient qu’un, voire deux modèles, mais guère plus. Qu’avait-
il rêvé de s’offrir une Tesla ! Mais ces belles américaines coûtaient plus de
65 000 euros... 2 De son côté, Stéphanie, la maman se rappelait les innom-
brables pannes subies en rase campagne en raison de bornes de recharge en
nombre largement insuffisants 3 . Et que dire du temps perdu à recharger ! il
fallait attendre parfois huit heures pour faire le plein sur une borne classique.
Résultat, c’était la chasse aux rares bornes rapides, qui assuraient la charge
en 30 minutes... Le temps de faire les courses. Et encore, elle oubliait la pro-
blématique de l’interopérabilité des bornes ! Charlotte met un terme à ce mo-
ment de nostalgie. il est temps pour la famille de faire le tour des
concessionnaires à la recherche de l’automobile idéale 5 . Elle la veut belle,
confortable, rapide et avec une autonomie de plusieurs jours. La capacité de
la batterie est donc primordiale. D’autant que l’étudiante compte utiliser
l’électricité chargée dans sa voiture comme source d’énergie domestique : un bon moyen de réduire sa facture mensuelle d’électricité. Enfin, elle est très at- tachée aux services associés 4 . Passionnée de lecture, Charlotte exige en effet une voiture autonome, c’est-à-dire sans chauffeur. Et bien sûr, le système em- barqué à l’intérieur du véhicule permettra à ce dernier de sélectionner la borne la plus proche et la plus rapide. Ces exigences étant posées, la famille peut mettre le cap sur l’avenue de la Grande Armée. Cet ancien temple de la moto thermique est devenu au fils des ans « The place to be » des constructeurs élec- triques. Les temps ont changé, mais certaines habitudes ont la vie dure...
De moins en moins une douce utopie...
48 Juin 2016
Cahier pratique n°4 - L’électromobilité
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