Page 83 - EcoRéseau n°30
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n°30
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Baromètre Finance & Investissements aRT dE ViVRE & PaTRiMOiNE
Sylviculture
intéressant... sur le long terme
La diversification du patrimoine ne passe pas nécessairement par des produits financiers complexes. Pourquoi ne pas investir dans du concret, comme... une forêt ? On peut y investir en direct, ou en passant par un groupement forestier. Comme la pierre, ce placement se distingue par son opposition aux valeurs dématérialisées, comme les actions ou les obligations. autre point commun avec l'immobilier : la filière bois est une valeur refuge, moins exposée aux retournements financiers. L'achat d'une forêt ou de parts
uLE Coin dEs AnALysTEs u Actions : Cholet Dupont reste positif pour
la fin de l'année
L'activité s'est améliorée modestement au mois de mars, et éloigne les risques de ralentissement global de l'économie, estime Cholet Dupont. « Un scénario d'une croissance peu vigoureuse mais assez stable s'est mis en place, entretenu par les Banques centrales qui aimeraient que les réformes prennent le relais au Japon ou dans certains pays d'Europe », écrit Vincent Guenzi, directeur de la stratégie d'investissement. La société d'investissement reste positive sur la fin de l'année, mais reconnaît que la forte volatilité persistante trouble la visibilité, soulignant que la remontée des cours du pétrole et des matières premières semble encore fragile. Il conserve sa recommandation Neutre à court terme sur les actions, en surpondérant les actions européennes, revenues à des niveaux d'achat. Afin de rééquilibrer les portefeuilles en valeurs plus cycliques et moins défensives, Cholet Dupont a modifié ses opinions sectorielles en Europe, en relevant par exemple le secteur Biens et Services Industriels à court et moyen terme à Surpondérer.
u Carmignac reste sur un positionnement
conservateur
Carmignac reste sur un positionnement conservateur
Le rebond des marchés action en mars, brutal et indifférencié, porte les caractéristiques d'un rachat de positions vendeuses à découvert, plus que d'un retour des investisseurs sur la classe d'actifs, analyse Carmignac Risk Managers dans une note de marché. « On notera la très forte surperformance des marchés émergents ou des valeurs cycliques européennes malgré le ralentissement économique en cours », souligne Didier Saint-Georges, membre du comité d'investissement et managing director. Le gestionnaire maintient un positionnement conservateur, qui se justifie selon lui par l'asymétrie entre des valorisations qui offrent un potentiel d'appréciation limité et un risque de baisse significative compte tenu de la perte de crédibilité des Banques centrales. « Notre
sélection de valeurs au travers de sociétés soit disposant
: un
placement
d'un potentiel de croissance de leurs résultats indépendamment de la conjoncture économique (...), soit offrant des valorisations et un potentiel de restructuration attractifs », ajoute-t-il.
uActions:desvalorisationstropélevées
pour Swiss Life AM
L'appétit pour les actifs risqués a de nouveau été alimenté par la forte hausse des prix du brut et les insinuations selon lesquelles la Réserve Fédérale américaine différerait tout nouveau resserrement de sa politique monétaire, observe Swiss Life Asset Management. L'analyste évoque des signaux contradictoires : l'embellie apparente de l'activité industrielle aux Etats-Unis, ainsi que les premiers effets des mesures de relance budgétaire en Chine sur les données économiques contribueront à reléguer encore plus au second plan les craintes de récession, anticipe-t- il. « De telles nouvelles devraient soutenir les marchés d'action. Or, pour l'heure, compte tenu de la forte corrélation des marchés d'actions et des cours de l'énergie, un nouveau fléchissement des cours du pétrole (...) fait encourir un risque important aux marchés. Par ailleurs, les marchés d'actions sont à notre avis de plus en plus vulnérables en raison de la maturité qu'atteint le cycle économique », ajoute-t-il.
d'un groupement forestier donne droit à
une réduction d'impôt sur le revenu
équivalente à 18% de l'investissement.
Mais c'est surtout en matière de
transmission que la forêt est avantageuse :
l'investissement sort de l'assiette taxable à
hauteur de 75% de son montant. Le
rendement est variable : il tourne autour de
1 à 2% net, mais peut atteindre jusqu'à 4%L principal moteur de performance actions restera donc la
avec une bonne gestion.
éthique & Finance
Le baromètre du « Finance Bashing » au plus bas ?
par
hing ». indigné, choqué, scandalisé, le monde entier a alors exprimé encore, les efforts réglementaires ne permettent pas non plus d’as-
Cohen
Président directeur général des éditions Hermann, Philosophe spécialisé dans les questions éthiques appliquées au secteur financier
depuis, législateurs et régulateurs ont œuvré pour durcir la régle- mentation, et la plupart des grandes institutions financières ont fait amende honorable. Tant et si bien qu’en juillet 2015, la Fédération bancaire française annonçait fièrement que « l’image des banques françaises [était] à son meilleur niveau depuis 2007 » : 67% des son- dés avaient retrouvé une opinion favorable des banques et 78% se disaient satisfaits de la leur. La tempête est passée, le climat s’est apaisé, l’ennemi public n°1 n’est plus la « mauvaise finance ». dans ce cadre, david allouche et isabelle Prigent, co-auteurs du livre Marchés financiers sans foi ni loi ? (PUF, 2016) reviennent sur la réaction moralisatrice exprimée alors : « l’idée de moraliser la fi- nance [serait] un concept séduisant mais inopérant ». Pour appuyer leur thèse, un simple argument d’autorité, une référence à l’affirma-
a crise financière de 2008, accompagnée par la forte média- tion d’andré Comte-Sponville selon laquelle le capitalisme ne serait tisation des excès du secteur et de diverses affaires, a éprouvé ni moral ni immoral, mais amoral. Cette sentence suffit à elle seule, l’opinion internationale et lancé la mode du « finance bas- sans autre explication, à récuser les travaux d’éthique appliquée. Plus
Arthur
son émotion, chacun selon ses moyens, dans les médias traditionnels, lors de conversations privées ou sur les réseaux sociaux. L’opprobre a été répandue sur ce que le candidat Hollande désignait comme « [son] véritable adversaire », « le monde de la finance [...] sans nom ni visage, sans foi ni loi, [...] capable de menacer des États [... ] et de déplacer des sommes d’argent vertigineuses en une fraction de seconde ».
sainir durablement les marchés, car l’action préventive des régula- teurs est par nature « difficile ». Bien sûr, on pourra regretter la pauvreté conceptuelle de l’analyse : nulle définition de la morale, nulle distinction des enjeux éthiques, nulle rigueur dans la démons- tration, qui se révèle en maints endroits trop allusive ; on pourra s’étonner du fait que ce soit un éditeur universitaire qui ait publié ce livre, qui n’est clairement pas destiné à un lectorat exigeant. Qu’im- porte, l’essentiel n’est pas là : le principal mérite du livre de d. al- louche et i. Prigent est de mettre en avant un acteur des marchés dont le rôle peut s’avérer décisif : l’individu. autrement dit : chacun d’en- tre nous, qui sommes tous porteurs d’une « responsabilité ». Là en- core, on déplorera l’absence totale d’analyse du concept de responsabilité, qui est d’ailleurs un concept central des théories nor- matives et qui aurait révélé l’utilité et la pertinence d’une analyse éthique des mécaniques financières ; mais les auteurs ont raison de ne pas accepter que les citoyens se défaussent sur les institutions ban- caires et de souligner que « chacun à son niveau peut tendre vers une attitude plus responsable, sans se dédouaner par une accusation simpliste de la mauvaise finance, en se faisant l’acteur d’une finance engagée dans la construction du monde de demain ».
Mai 2016
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