Page 68 - EcoRéseau n°30
P. 68

www.ecoreseau.fr
n°30
RH & FORMaTiON
Carrières & Talents - Les business schools dans tous les segments
dEs PmE ExCLuEs ?
Les fonctions de mana- gement se structurent, se formalisent à partir de 200 salariés. Est-ce à dire que les écoles de com- merce délaissent les pe- tites entités ? « Les indé- pendants sont de plus en plus nombreux, le statut d’auto-entrepreneur s’est développé, analyse alon Rozen, directeur général des Ponts business school. Les start up embau- chent. » Ne pas s’adapter à leurs demandes serait se priver d’un marché, qui pourrait être « juteux » si l’on se fie aux statis- tiques américaines. d’ici quelques années, un actif sur deux sera son propre patron, outre-atlantique. Les occasions de rencon- tre sont provoquées, les thématiques spécifiques abordées. Comment trans- former une PME en En- treprise de taille intermé- diaire (ETi) ? Un thème sur lequel l’idRaC, avec l’institut Confluences en auvergne-Rhône-alpes, a récemment planché. Les missions de recherche HEC Entrepreneurs de l’EM Normandie sont si- gnées à 80% avec des PME.
« Entreprises, inutile de me draguer... Cela fait deux ans que je travaille pour l’une d’elles dans le cadre de mes études... »
nue d’ici cinq ans. d’au- tres misent sur l’émer- gence – et ce n’est pas incompatible – d’une toute autre tendance. Loïck Roche est de ceux- là. Pour le président du chapitre des écoles de management au sein de la Conférence des grandes écoles (CGE), « leur rôle doit être pensé autrement. Demain, le mot d’ordre sera school for business for society. Notre ambi- tion est sociétale. Aupa- ravant les écoles de ma- nagement faisaient certes du bel ouvrage, mais elles étaient autocentrées sur elles-mêmes. Dorénavant, en bout de chaîne, se trouve le bien-être de la société. Quelle contribu- tion au monde ? Le sujet a été à l’ordre du jour d’un symposium de quelque 500 à 600 direc- teurs d’écoles, récem- ment. Les responsabilités sont nouvelles. L’inflexion est réelle. Plus que de leur inculquer comment faire carrière ou des pro- fits, les écoles doivent donner de l’épaisseur aux
importante qu’une nou- velle spécialité à créer au catalogue ! » Les ap- prentissages techniques pourraient s’effectuer à distance. Mieux vaut tra- vailler en classe la loi des 5 C – pour capacité coopérative, critique, créative, communiquer et compétences – que celles des quatre P –produit, promotion, prix et place. « Créer une émotion, un électrochoc à l’écoute de Raphaël Enthoven ou d’Edgar Morin, comme le fait l’Essec, apporte une plus-value supérieure aux sciences de gestion », soutient-il. Une thèse que ce docteur en socio- logie et philosophie dé- fend dans « Eloge du bien-être au travail », aux éditions PUG, cosigné avec dominique Steiler et John Sadowsky. Une position humaniste iso- lée ? Petit à petit, l’idée fait son chemin. Stéphane Galy, directeur des pro- grammes à l’idrac busi- ness school, n’hésite pas à prôner le « savoir-ai- mer ». « L’amour du beau
ET dEmAin,
dEs éCoLEs
du bonHEuR ? Va-t-on vers une ère du toujours plus ? Toujours plus d’étudiants ? avec des catalogues aussi épais
Murielle Wolski
que nos anciens bottins
téléphoniques, d’avant suivi jusque-là le même critique pour seule ob-
l’ère numérique ? Lire modèle de développe- session. ainsi, audencia étudiants. Leur apprendre
schools ont peu ou prou
plus existent, avec la taille
geste est essentiel, e. plique-t-il. Notre cheval de bataille ? S’épanouir dans ses activités. Le bon- heur intérieur brut doit supplanter le Produit in- térieur brut (PIB). » Leur pari : décliner cette stra- tégie pour accroître l’ef- ficacité en entreprise.
Il y a plus de synergies depuis six ans : les enseignants planchent, les étudiants apportent un regard extérieur,
dans une vraie co-construction
dans la boule de cristal ment, les scénarii prédic- table sur un doublement à respecter l’autre, à com- n’est pas chose facile. tifs pour 2025 diffèrent. de son chiffre d’affaires prendre ce qu’il est. Une Mais, si les business Les adeptes du toujours issu de la formation conti- mission autrement plus
Territoires
La mesure des relations des écoles avec leur territoire (BSIS)
x-
140 millions d’euros pour Sup de Co La Rochelle, près de 100 millions pour l’Institut d’administration des entreprises (IAE) de Grenoble, 88 millions pour l’ESC Pau... C’est censé être tenu secret, mais les business schools ne sont pas peu fières d’afficher au grand jour leur score au BSIS. Lancé par la Fon- dation nationale pour l’enseignement de la gestion des en- treprises (FNEGE) en 2012, le Business school impact score (BSIS) est une autre unité de mesure de la valeur d’une école, mais cette fois économique. Que se passerait-il pour le tissu économique proche si l’école n’existait pas ? Quelle valeur ajoutée au territoire ? Combien d’emplois créés ? Comment la matière grise vient irriguer l’environnement local ? Preuve de la prise de conscience des limites des mécanismes d’at- tribution des accréditations internationales, des classements du Financial Times ou de The Economist qui se basent sur le nombre d’articles publiés, le taux d’encadrement des étu- diants, la présence de professeurs étrangers... Finalement,
parler business pour une business school, rien que de très lo- gique... « Un process bien plus révélateur que les seuls sa- laires en sortie d’école », synthétise Patrick Houdayer, numéro deux de SKEMA. Un exemple ? 249 emplois équivalents temps plein comme ressource auprès d’entreprises locales, 185 projets de start-up lancés par des étudiants depuis 2000, 110 entreprises reprises sur le territoire des Pyrénées-Atlan- tiques, 1660 stagiaires formés dans le cadre de la formation continue... L’enquête conduite par la FNEGE va loin dans le détail. Ce sont ici les chiffres de l’ESC Pau, petite école aux résultats tout à fait honorables. Autre territoire, autres dimen- sions, avec Toulouse business school (TBS) et ses 310 millions d’euros. « Un euro investi dans l’école en génère 75 de re- tombées, souligne François Bonvalet, directeur général. Un argument qui permet de bénéficier d’oreilles attentives au moment où le tour de table du conseil d’administration de l’établissement est sur le point d’être constitué. » Pour Michel
Kalika, professeur à l’IAE de Lyon, à l’origine du BSIS, « nul doute, ces écoles servent leur territoire. Des étudiants en stage apportent une réelle contribution aux entreprises. Avec cet outil, le mot d’ordre est “back to the roots” ! » Un leit- motiv qui tranche avec la globalisation actuelle.
Aujourd’hui, 17 business schools, aussi bien en France qu’à l’international (au Pérou, en Chine, Hongrie, Espagne, Suisse ou encore au Canada...), ont été passées à la moulinette des quelque 120 critères du BSIS, en termes financier, écono- mique, d’image... Et ce n’est qu’un début. IAE, écoles de commerce ou d’ingénieurs... tous ces établissements ont vo- cation à le faire. A 20000 euros l’étude, en moyenne, c’est une aubaine pour la FNEGE et l’European foundation for management development (EFMD), partenaires pour cette opération. Et pour l’IAE de Lyon où enseigne Michel Kalika, chaque fois cité. De quoi augmenter son BSIS....
68
Mai 2016


































































































   66   67   68   69   70