Page 37 - EcoRéseau n°30
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Créer aujourd’hui - Créer une deuxième entreprise ou se diversifier
CLUB ENTREPRENdRE
tout un tas de tâches ré- barbatives, comme rem- plir la TVA, et ce pour trois structures diffé- rentes. Or, c’est long et je déteste ça. Avant de se lancer sur un nouveau
boites si vous avez 300 employés à votre charge”, reconnaît Syl- vain Tavenot. Lorsque l’on est à la tête d’une société, il est en effet préférable de peser le
vain Tavenot a quelque
peu hésité avant de se
lancer dans le business
du merchandising d’ob-
jets en lien avec la pop
culture (La Tampon-
neuse) il y a trois ans
avec un ami. « Nous projet, surtout quand il pour et le contre avant
Pendant un certain temps du moins, se lancer dans une nouvelle aventure impose de faire une croix sur les congés et les loi- sirs. Ce qui peut être dangereux et mener au burn-out. « Il est toujours plus facile de se motiver à travailler le dimanche et le soir quand il s’agit de développer des choses qui t’appartiennent », remarque toutefois Syl- vain Tavenot. S’assurer de la solidité des fonda- tions de son entreprise originelle reste néan- moins la clef de toute diversification. Pour qu’une boite continue de rouler malgré une pré- sence et une attention moindres de la part de son capitaine principal, elle doit s’appuyer sur des middle managers aux épaules solides. « En créant une nouvelle so- ciété, vous redéfinissez votre poste de travail. Une entreprise ne peut pas fonctionner sans py-
L’étude de marché, l’identification des facteurs de risques et toute la réflexion en amont ne peuvent être sacrifiées au prétexte qu’on a réussi une première fois
avons lancé cette société pour nous amuser. Au- jourd’hui, je n’en ai pas besoin pour vivre, mais cela m’occupe, et cela permet d’assurer un sa- laire à mon cousin qui travaille dessus à plein temps », relate le jeune homme de 36 ans, avant de nuancer : « néan- moins, comme je n’ai pas de salarié dédié à l’administratif, je dois une fois par mois assurer
n’est pas vital, il faut bien être sûr que le côté épanouissement vaut bien la peine de perdre son temps à remplir de la paperasse ». Une bonne idée ne suffit donc pas toujours, surtout quand les enjeux ne se résument pas à se dis- traire en assurant un sa- laire à une connaissance. “Ce n’est forcément pas aussi simple de se concentrer sur deux
de se lancer dans un pro- jet parallèle. « Le risque numéro un, c’est la dis- persion, expose Stéphane degonde, auteur de J’ose entreprendre : Créer et diriger son entreprise : 100 risques à éviter pour réussir. En lançant une seconde activité, vous courrez le danger de ne plus avoir assez d’éner- gie ni pour l’une, ni pour l’autre. Résultat, c’est votre première entreprise
qui peut potentiellement en pâtir. Et je ne parle même pas de la gestion du temps ». Fragiliser un socle qui avait l’ha- bitude de fonctionner est en réalité ce qui refroidit pas mal d’ambitions. d’autant qu’un nouveau projet, lors de sa phase de lancement, impose de
Savoir se dupliquer avec subtilité... Certains n'y arrivent pas forcément...
s’y concentrer à 100%, et non d’y consacrer que la moitié de ses res- sources. Le processus d’étude de marché, l’identification des fac- teurs de risques et toute la réflexion en amont ne peuvent être sacrifiées au prétexte qu’on a réussi une première fois.
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