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RH & FORMATION Carrières & Talents - Exécutive Education, les programmes sur-mesure
difficultés de recrute- ment, à promouvoir en interne ou à fidéliser les hauts potentiels. La lo- gique de certification voire de diplomation se fait plus pressante. Si le BADGE permet de conci- lier des cycles courts de formation, il peut aboutir également à l’obtention d’un Mastère spécialisé (MS) suite à plusieurs badges qui de façon co- hérente correspondent à ce type de programme. Autre tendance de fond observable, les pro- grammes sur-mesure se polarisent. Avec d’une part des formats touchant à l’opérationnel ou à des mono-sujets qui connais- sent un raccourcissement de leur format, et d’autre part des programmes plus longs qui peuvent s’éten- dre sur un an voire plus et cristallisent l’accom- pagnement au change- ment des entreprises par les grandes écoles. « No- tre métier consiste à faire du design et à assembler les compétences : com- prendre le contexte his- torique récent et ce que veut être l’avenir de l’en- treprise. Chaque entre- prise possède sa méthode, héritée d’une culture qui lui est spécifique. Par exemple, les entreprises ne possèdent pas toutes la même vision du lea- dership. Pour certaines, ce sera l’occasion de tra- vailler avec Saint-Cyr, de travailler dans l’in- connu, de diriger une équipe dans des condi- tions parfois extrêmes. Mais pour d’autres, le travail sur ce savoir-être prendra tout son sens avec un chef d’orches- tre », note Jean-Marie Ardisson à l’ESSEC.
mais aussi sur des pro- gie, anciennement GDF rateurs. Le terrain de l’ac- blématiques d’accompa- Suez, a recouru aux sé- compagnement au chan-
Guillaume Soenen, pro- fesseur de stratégie, concepteur du pro- gramme sur-mesure In- novation for Growth à l’EMLyon Business School. Le discours des écoles met en exergue une volonté de change- ment plus que le seul an- gle de la montée en com- pétence ou de la forma- tion. « Innovation for Growth n’est pas un pro- gramme de formation mais un engagement de
plète Guillaume Soenen. Dans ce cas précis, l’es- sence du programme re- vient à recruter des start- up et à ensuite lancer en immersion les cadres par- ticipants à cette formation dans cet écosystème de fait plus agile. Un process qui semble faire des émules.
gnement au changement minaires «
Coup de gement semble donc in-
Les programmes sur mesure, outils d’excellence pour l’accompagnement au changement
des entreprises
carner un terreau fertile à l’expertise des grandes écoles. « Inno- vation for Growth répond à l’attente des directions des grandes entreprises
ACCOMPAGNER
LE CHANGEMENT AU SEIN DES ENTREPRISES
Le sur-mesure épouse aussi d’autre contours. La démarche repose sur un processus dialogique entre l’entreprise et l’équipe de l’école afin de corréler l’ingénierie pédagogique aux besoins de l’entreprise, qui repo- sent non seulement sur des enjeux de formation
la seule logique de for-
mation pour notamment
permettre aux grandes pour les salariés. Une ne valide pas un rapport
e
des structures. Le prin- cipal enjeu ? L’analyse du contexte interne et ex- terne et l’identification des objectifs pour les
Pousse » de SKEMA pour développer un esprit intrapreneurial. L’idée de ce type de programme est bel et bien de dépasser
LE BLENDED
AU SERVICE
DU SUR-MESURE L’apport des technologies et les nouvelles manières d’enseigner aux cadres expliquent aussi le succès de ces programmes sur- mesure. Nombreuses sont les écoles à travailler se- lon les méthodes de blen- ded learning ou de l’ac- tion learning. « Nous avons beaucoup pro- gressé sur la manière de dispenser de la formation à distance. Notre offre distancielle est plus riche, plus interactive et permet un trafic en boucle pour échanger entre les ensei- gnants, intervenants et participants », précise Jean-Marie Ardisson. La technologie permet éga- lement de rendre les for- mats plus flexibles en ré- pondant à la probléma- tique de mobilité profes- sionnelle des cadres, qui peuvent se former sans pour autant s’astreindre au présentiel pur et dur. Toutefois la technologie n’est pas seulement an- nonciatrice de bonnes nouvelles. La concur- rence pour ce marché mondial ne cesse de s’ac- croître. Outre les cabinets tels que Bain ou le BCG qui dispensent de la for- mation exécutive depuis des années, de nouveaux acteurs émergent tels que LinkedIn dont le cœur de métier s’érode, avec
Porter l’innovation grâce au sur-mesure, pas si évident...
convertir en sessions de formation. « 70 à 75% des demandes de forma- tions tournent autour des thèmes du changement et de la transformation, ex- plique Jean-Marie Ardis- son. Notre rôle revient à aider les organisations à accélérer le change- ment voulu. Les de- mandes sur les forma- tions fonctionnelles (mar- keting, supply chain, fi- nance) sont beaucoup moins nombreuses. » Dans cette optique, En-
qui exigent des pro- grammes avec impact fort
transformation porté col- lectivement. Le “comdir”
structures de retrouver une agilité, afin de redy-
nécessité au regard du constat dressé par les
de formation. Il donne l’impulsion à cette de-
le rachat de la plateform. professionnelle Lynda.com ou encore des start-up et des fonds d’investisse- ments associés spéciali- sés dans les « edtech » ou technologies de l’édu- cation. Les prémices d’une révolution de l’en- seignement exécutif ?
Il nous arrive de concevoir des solutions uniques de formation en établissant des campus éphémères, les pop-up campus
namiser les leviers de économistes, gestion- mande d’engagement. Le croissance en interne en naires et entreprises graal de la formation, misant sur l’esprit d’en- d’augmenter la R&D et c’est d’aboutir à une treprendre des collabo- l’innovation », explique transformation », com-
Geoffroy Framery
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AVRIL 2016

