Page 80 - EcoRéseau n°29
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n°29
u Les OPCI ont le vent en poupe
Les Sociétés civiles de placement immobilier (SCPI) ont établi un nouveau record en 2015 en dépassant la barre de 4,3 milliards d’euros selon le bilan annuel de l’Aspim. Mais la pierre-papier n’est pas le seul produit im- mobilier à être au beau fixe. Les Organismes de placement collectif immobilier (OPCI) sont également très bien orientés. Et pour cause : les particuliers sont séduits par cette solution de diversification du patrimoine. Un placement en OPCI comporte une part d’immobilier physique (bureaux, commerces, logements...), mais aussi dans des actifs divers, comme des actions, des obligations ou encore des actifs monétaires. Outre cette plus grande diversification, les OPCI se dé- marquent par une liquidité supérieure aux SCPI. Selon une étude de l’IEIF, les OPCI ont affiché un rendement moyen annualisé de 6,3% entre 2008 et 2015... nettement mieux que l’assurance-vie ou le livret A. At- tention, toutefois : ce placement n’offre aucune garantie de performances.
ART DE VIVRE & PATRIMOINE Baromètre Finance & Investissements
Brèves, études, actus et chiffres du mois concernant les placements et investissements que peut réaliser tout particulier
Éthique & Finance
uLES BONS PLANS DU MOIS
par
Les crédits immobiliers continuent de coûter de moins en moins cher. Au mois de février, les emprunteurs se sont endettés à 2,09% en moyenne hors assurance selon l’Observatoire Crédit Logement/CSA. Ceux qui ont acheté un bien ancien ont bénéficié des meilleures conditions d’emprunt, à 2,08%. Une ten- dance qui s’explique par la baisse du taux de l’emprunt d’Etat Français à 10 ans, qui sert de référence aux crédits. Et l’abaissement par la Banque centrale européenne de son taux directeur de 0,05% à zéro pourrait encore accentuer cette tendance. D’autant plus que son taux de dépôt s’enfonce dans le négatif : il a reculé le mois dernier de 0,05% pour tomber à -0,40%. Les experts anti- cipent donc une nouvelle baisse des taux immobiliers, qui pourraient, selon certains spécialistes, tomber dans les prochains mois à 2%... voire même 1,80%.
L’AMF émet régulièrement des avertissements concernant les publicités trompeuses et les escroqueries sur Internet, notamment sur le Forex et les options binaires. Une fois de plus, le gendarme de la Bourse tire la sonnette d’alarme. Cette fois, c’est le « copy trading » qui est visé. Cette technique consiste à imiter les prises de position d’un trader professionnel et de les dupliquer de façon automatique au sein du portefeuille du client. « Même lorsque les sites sont autorisés à proposer du trading en ligne aux particuliers, leurs pratiques sont parfois déloyales », avertit l’AMF. L’Autorité souligne ainsi qu’il est particuliè- rement risqué de suivre aveuglément les choix d’un trader, même expérimenté. Dans tous les cas, ceux qui souhaitent se lancer dans le trading en ligne doivent impérativement choisir un intermédiaire figurant sur la liste des établissements financiers autorisés à exercer en France. Cette liste est consultable sur le site www.regafi.fr.
u Immobilier : des taux toujours plus bas
u « Copy trading » : attention, danger
Arthur Cohen
Président Directeur général des éditions Hermann, Philosophe spécialisé dans les questions éthiques appliquées au secteur financier
La lutte contre le financement du terrorisme doit s’intensifier
Le 22 mars dernier, l’Europe a encore une fois été la cible d’attaques terroristes, et la plupart des experts partage hélas la conviction que la guerre de l’Occident – et donc de l’Union européenne – contre le terrorisme islamiste sera longue. Les experts sont également unanimes sur la nécessité d’approfondir la coopération internationale dans la lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme : pour limiter les moyens d’action des organes terroristes, il importe au préalable de leur couper les vivres et, pour ce faire, une coopération internationale est strictement requise. Le premier fer de lance de cette lutte, bien connu, est le Groupe d’action financière sur le blanchiment des capitaux (GAFI), organisme intergouvernemental créé en 1989 par le G7 à Paris, chargé d’émettre des recommandations (au nombre de 49) permettant de lutter efficacement contre le fi- nancement des activités illégales.
uLA SPÉCULATION DU MOIS
ArcelorMittal : un cours
Un deuxième acteur de cette lutte, moins connu mais non moins important car plus opérationnel, est le Groupe Egmont. Fondé il y a une quinzaine d’années, ce groupe est essentiellement un système de partage et de collaboration des Cellules de rensei- gnement financier d’une centaine de pays, qui se réunit en principe au Palais d’Egmont à Bruxelles – situé à quelques centaines de mètres à vol d’oiseau de la tristement célèbre station de métro Maelbeek où les activistes islamistes ont frappé.
Morgan Stanley a initié le suivi d'ArcelorMittal à Surpondérer, avec un objectif de cours de 5,90 euros. Il estime le géant de l'acier « fortifié pour des temps difficiles ». Il remarque notamment que l'augmentation de capital de trois milliards de dollars et la vente de la participation du groupe dans Gestamp améliorent le bilan du groupe et lui apportent de la liquidité.
En février dernier, les principaux responsables des cellules de renseignement financier membres du Groupe Egmont avaient tenu colloque à Monaco, pour discuter des moyens de parer à la croissance des actions menées par les organisations terroristes comme l’Etat islamique (Daech) ou al-Quaida et à la prolifération des combattants terroristes étrangers dans leurs rangs, qui constituent de « sérieuses menaces à la sécurité et à la stabilité financière inter- nationale ». Bien évidemment, la guerre contre ces organisations (ou ces Etats) terroristes exige, comme prérequis, que soit réalisée une analyse opérationnelle précise de leurs circuits de financement. Or, pour que cette analyse soit aussi aboutie que possible, et en dépit des nombreux progrès constatés depuis quelques années, le Groupe Egmont a souligné la nécessité de pousser plus avant la coopération inter- nationale entre les cellules de renseignement financier. Espérons que cet appel sera entendu et que les échanges (d’informations et de technologies) entre les pays permettront de mieux protéger la population mondiale.
u NN IP favorise le secteur bancaire
L'activité économique est repartie en Europe, remarque NN IP dans une note d'analyse. Un contexte dans lequel les valeurs bancaires constituent des opportunités appréciables selon lui, en raison de leur exposition directe à la reprise du cycle du crédit en Europe. « La déroute boursière observée depuis le début de l'année offre des points d'entrée particulièrement attractifs à partir du moment où le scénario d'un retour récessif en Europe est exclu, ce qui est notre conviction », écrit Nicolas Simar, responsabledelastratégieEquityValue.Pouropérerunesélection pertinente, il faut selon lui recenser celles qui disposent des bilans les plus sains. Il ajoute que malgré la sanction boursière récente, les banques ont les moyens financiers d'augmenter leur distribution de dividendes. Au sein des valeurs cycliques « value », NN IP préfère investir sur les sociétés disposant d'une meilleure exposition à la demande domestique européenne, avec une préférence pour les secteurs de la construction et du transport. Ces valeurs offrent selon lui un réel potentiel de hausse des dividendes en cas de poursuite de la reprise en Europe.
engagé une reprise sensible, mais les actions disposent encore d'un potentiel d'appréciation à moyen terme. A court terme, l'analyste demeure attentiste, mais favorise les achats d'actions européennes sur repli. Cholet Dupont est en revanche « toujours peu favorable » aux actions émergentes, en l'absence de signes de stabilisation économique. Sur le plan sectoriel, il a relevé son opinion sur le secteur Média à positive et à neutre pour les secteurs Produits de Base, Chimie et Automobile.
uActions:AllianzGIpréfèrelemarchéallemand
Il faut s'attendre selon Allianz GI à une hausse de la volatilité. Plusieurs éléments pourraient selon lui pénaliser temporairement les actifs risqués : le contexte de recul des résultats des entreprises, les inquiétudes persistantes entourant les perspectives de croissance d'un certain nombre de pays émergents et notamment de la Chine, le caractère hautement incertain de la poursuite du processus de relèvement des taux d'intérêt de la Fed, les risques géopolitiques et de liquidité, ou encore les valorisations constatées dans certaines classes d'actifs. Etant donné la faiblesse de la croissance et des rendements réels, les dividendes sont une composante essentielle de la performance totale des actions, souligne-t-il. Dans ce contexte, l'analyste privilégie les actions allemandes dont les valorisations ont reculé suite à la récente correction du marché. « Elles sont désormais considérées comme étant de moyennes à attrayantes sur la base du ratio cours/bénéfices ajusté des facteurs cycliques », écrit-il.
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AVRIL 2016
u Cholet Dupont reste prudent sur les actions émer- gentes
Pour Cholet Dupont, le comportement récent des marchés a redonné confiance aux investisseurs, même si les perspectives économiques restent mitigées. L'arrêt de la baisse du pétrole a été déterminant, mais ce n'est pas le seul élément positif, remarque-t-il. Pour lui, les marchés financiers déprimés ont
uLE COIN DES ANALYSTES
en acier trempé ?

