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L’Art du temps - L’actualité automobile ART DE VIVRE & PATRIMOINE ESSAIS & TENDANCES
ARenault cherche le Talisman du haut de gamme
près l’échec de la Vel Satis au début des l’univers des limousines, le jonc chromé qui en- sur la sonorité années 2000, et la grande confidentialité toure le vitrage latéral, ses jantes diamantées. Au- moteur et l’am- de la Coréenne Latitude (dérivée d’un mo- tant de clins d’œil à des références britanniques ou biance lumi-
Par Philippe Flamand
dèle Samsung) en 2010, Renault s’aventure à nou- germaniques, mais aussi parfois asiatiques (on neuse de
veau dans le haut de gamme avec sa Talisman. Cette remplaçante de la Laguna, concurrente di- recte de la Peugeot 508, se veut une rivale des mo- dèles premium allemands. Les efforts de finition et de qualité des matériaux déployés par le constructeur vont indéniablement dans ce sens et la belle a de solides arguments pour séduire. Reste à savoir si le but sera atteint en termes de longé- vité.
pense à la Mazda 6) qui pourraient faire de cette Renault un succès à l’exportation.
l’habitacle via
quatre modes
préprogrammés
(confort, sport, éco, neu-
tre) et un mode perso entièrement paramétrable. Vous l’avez compris, pour être simple d’utilisation la Talisman n’en est pas moins un véhicule techno en phase avec son époque et doté de tous les équi- pements de confort et de sécurité – ou presque – désormais disponibles (affichage tête haute, feux de route automatiques, régulateur de vitesse adap- tatif, park assist, etc.). Mais elle est surtout un vé- hicule remarquable d’agrément grâce à une tenue de route excellente et des qualités mécaniques in- déniables. Le châssis 4Control fait merveille sur route (roues avant et arrière braquées en parallèle) et en ville (braquage inversé des roues arrière qui améliore la maniabilité). Le petit quatre cylindres dCi 160 d’1,6 litre de cylindrée et 160 chevaux est parfaitement à l’aise, aussi bien en ville que sur route, couplé à la boîte auto EDC à six rapports, le tout combinant onctuosité et tonicité dans une grande zénitude. Renault a d’ailleurs appris cette qualité de ses concurrents et partenaires asiatiques, et régale désormais le conducteur de ces petites attentions de confort qui en imposent : la détection
de la carte main libre à l’approche dé- clenche l’allumage des feux et du plafonnier (tout comme l’éloignement verrouille le véhicule), l’éclairage du seuil de la portière, le déploiement des rétros extérieurs, l’ouverture des portes (mais uniquement côté conducteur....), puis le siège re- cule automatiquement pour faciliter l’accès à bord et se replace en position une fois le conducteur ins- tallé, le tout avec une signature sonore. Zénitude
Après l’Espace, le Kadjar, et dans une moindre mesure la Clio, Renault affirme avec force sa nou- velle identité de marque avec la Talisman. Identité que l’on retrouve aussi sur les nouvelles Megane et Scénic : calandre surdimensionnée, lignes dyna- miques, arrière typé : les designers du losange ont frappé fort et dessiné une très belle voiture qui se fait remarquer. L’élégance du modèle tient beau- coup à l’équilibre des volumes et des formes et au pointillisme des bonus esthétiques. Imposante par ses proportions (4,85 m de long pour 1,87 m de large, un grand empattement de 2,81 m, un coffre immense, façon soute de paquebot, de 608 litres), la Talisman se distingue du lot commun par la si- gnature avant de ses feux de jour à LED et le dessin de sa calandre, une incrustation chromée sur l’aile avant, une troisième vitre de custode empruntée à
L’intérieur est spacieux (très), lumineux et là aussi très élégant (en finition haute Initiale Paris) avec un magnifique camaïeu de gris pour les cuirs des sièges (très confortables et d’une excellente tenue, chauffants et ventilés) et de la planche de bord ornée d’un joli bois précieux. L’ensemble dégage une belle impression de sérénité et de simplicité avec la prédominance centrale du grand écran tac- tile 9 pouces de la tablette R-Link 2 – sans omettre toutefois des boutons de raccourcis, une molette rotative sur la console centrale et des commandes additionnelles au volant de façon à ne pas céder au tout tactile pour ne pas compromettre la sécurité en conduisant.
on vous dit.
La version break de la Talisman dévoilée à Franc- fort à l’automne dernier arrivera en concessions au printemps, où elle rejoindra avant l’été la nouvelle Megane, la Megane break et le nouveau Scénic présenté à Genève avant le nouveau SUV Koleos en fin d’année.
La marque haut de gamme de Nissan, façon Lexus pour Toyota, s’est d’abord fait connaître aux Etats-Unis à partir de 1989 avec des SUV imposants. Elle a débarqué en Europe en 2007 avec en point de mire les trois mousquetaires germaniques : Audi, Mercedes et BMW. D’abord confidentiel, Infiniti a peu
à peu grignoté des parts de marché sur le Vieux continent, surtout avec l’arrivée sur la grille de départ de sa berline Q50 motorisée par un quatre cylindres d’origine Mercedes. Portée par ses succès en Formule 1, Infiniti a ensuite misé sur un positionnement plus sportif pour concurrencer ses rivales d’outre-Rhin avec sa Q50 Hybride. Cette berline familiale est la quintessence de ce que la marque Premium souhaite mettre en avant sur son marché : un design très élégant et fortement iden- titaire, une finition haut de gamme, des équipements généreux (avec no- tamment un double écran tactile) et surtout une qualité mécanique hors pair. La motorisation hybride constituée d’un bloc essence V6 de 3,5 litres de cylindrée et 302 chevaux de puissance et d’un moteur électrique de 68 chevaux offre au global une puissance totale de 364 chevaux mise en œuvre par la technologie « direct response » dérivée de la F1. Effet décoiffant garanti dans les accélérations par un renfort de couple bien plus réactif qu’avec un turbo. Cette puissance est remarquablement contrôlée par la boîte auto sept vitesses à double embrayage, un freinage puissant et une direction électro- nique époustouflante de précision, le tout disponible en mode propulsion ou en version à quatre roues motrices. Résultat : un immense plaisir de conduite pour les passionnés et une totale sécurité dans un grand confort. Pour ceux qui veulent rouler premium mais décalé, sans sacrifier à la mode d’outre-Rhin. Quelques reproches néanmoins, comme l’absence d’affichage digital de la vitesse et un frein de parking à pied façon Mercedes d’il y a 20
ans. Deux défauts corrigés avec l’arrivée de la nouvelle Infiniti Q30, position- née dans une gamme de tarifs inférieure (à partir de 26300 euros contre 36750 pour la Q50). Cette compacte « premium » dévoilée à Genève l’an passé est en revanche moins originale que la Q50 puisqu’elle n’est qu’une interprétation de la Mercedes Classe A dont elle dérive entièrement. Infiniti souhaite ainsi élargir et rajeunir sa gamme de clientèle avec ce modèle pour la première fois entièrement assemblé dans son usine anglaise de Sunder- land. La ligne (plus haute et plus longue que la Classe A) a été redessinée par le bureau de style d’Infiniti, de même que la planche de bord dans un habitacle généreux en cuir, bois précieux et laque que l’on retrouve jusque dans les passages extérieurs de roues et le bas de caisse arrière.
Sous le capot la Q30 adopte les moteurs de l’alliance Renault-Nissan avec Daimler dont le 1,5 litre turbo diesel de 109 chevaux de Renault. Evidemment on n’est plus là dans le bonheur de
conduite de la Q50 Hybrid, mais
dans une circulation tranquille et
raisonnable à bord d’un clone
Mercedes (en mieux ?), plus
cossue et un poil moins oné-
reuse. Rien à dire côté fonda-
mentaux, ni pour le confort, ni pour
la sécurité, mais quelques regrets : pas de
verrouillage-déverrouillage sans clef sur toutes les portières, l’obligation d’utiliser la clef néanmoins pour démarrer (héritage Mercedes), un frein de parking élec- trique mais pas automatique... Infiniti qui espère doubler ses ventes en France avec la Q30 va par ailleurs multiplier les nouveautés sur le marché avec l’arrivée prochaine du crossover QX30 et du coupé sport Q60.
Modèles essayés : Infiniti Q50S Hybride AWD. Tarif : à partir de 56230 euros. Gamme essence à partir de 42300 euros. Gamme diesel : tarifs à partir de 36750 euros.
Un réel plaisir de conduite
L’ergonomie est au rendez-vous dès lors que l’on prend le temps de se familiariser avec l’outil don- nant accès notamment, en plus des fonctions clas- siques (navigation, audio, climatisation, téléphone, etc.) à la technologie Multisense qui agit sur le sys- tème 4Control (4 roues directrices), l’amortisse- ment piloté, la direction, le moteur et la boîte EDC, mais aussi sur les instruments de bord ainsi que
Modèle essayé : Renault Talisman Initiale Paris Energy dCi 160 EDC 4RD. Tarif : à partir de 41000 euros. Tarifs gamme essence : à partir de 31500 euros. Tarifs gamme diesel : à partir de 27900 euros.
Infiniti élargit ses ambitions avec la Q50 et la Q30
Nouvelle donne pour le Kia Sportage
Le nouveau Sportage de Kia marque une réelle montée en gamme sur le précédent modèle, tout comme c’était déjà le cas avec son grand frère Sorento. Les efforts réalisés par le constructeur coréen en
matière de design sont
encore plus évidents ici.
Le Sportage gagne en élé-
gance mais aussi en sta-
tut, notamment par sa
face avant très affirmée
avec une nouvelle calan-
dre surdimensionnée et
des feux de jour et projecteurs antibrouillard multifacettes à LED en finition GT Line. L’habitacle, plutôt bien fini, reste lui d’une tristesse infinie tout de noir vêtu mais avec une bonne ergonomie de commandes, un large écran tactile et un équi- pement généreux (dont un système de chargement de télé- phone mobile par impulsions sur certaines finitions). Essayé en version quatre roues motrices avec le nouveau moteur turbo essence 1,6 litre T-GDi de 177 chevaux et la boîte auto à double embrayage et sept rapports, le Sportage offre un réel agrément de conduite en position sport. Plutôt spacieux, mais doté d’un coffre bizarrement riquiqui, la 4e génération du best seller de Kia en France (près de 7900 exemplaires en 2015, et plus de 42000 depuis 2010) devrait facilement as- surer la relève avec des tarifs pas tellement inférieurs à ceux de la concurrence, mais qui incluent comme toujours une ga- rantie sept ans ou 150000 kilomètres.
Modèle essayé : Kia Sportage 4WD 1,6 T-GDI DCT7 177 ch GT Line. Tarif : à partir de 34400 euros. Tarifs gamme essence : à partir de 23000 euros.
Tarifs gamme diesel : à partir de 25000 euros.
AVRIL 2016
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