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n°29
STrATéGiE & iNNOvATiON NUMériQUE
Décryptage - Les prochaines énergies renouvelables
européenne de l’énergie éo- lienne.
au monde, développée par EdF et conçue par dCNS, avec l’installation d’une ma- chine de 850 tonnes et 16 mètres de diamètre. « Nous en sommes encore sur l’énergie hydrolienne à la phase de pré-industrialisa-
polluante, gratuite et surtout inépuisable. Et qui présente un avantage sur l’éolien ou le solaire : « Elle est certes alternée mais elle est rela- tivement prévisible sur de longues périodes. L’inté- gration au réseau des
Certes pléthoriques, ces in- novations EMr représentent toujours une goutte d’eau dans notre mix énergétique global. En cause : la pro- blématique de stockage. « Le développement des énergies renouvelables électriques intermittentes comme l’éo- lien et le photovoltaïque né- cessite de trouver des solu- tions pour optimiser leur insertion dans les réseaux d’énergie. C’est tout l’enjeu du “Power-to-Gas” », relève didier Mayer. le “Power- to-Gas” est un principe de conversion qui repose sur le stockage de ces énergies renouvelables grâce à leur transformation en hydrogène ou en méthane de synthèse. Selon une récente étude (2014) de GrdF et de l’AdEME, « il permettrait de produire entre 20 et 30 TWh/an de gaz renouvelable injectable dans les réseaux existants, s’imposant comme une solution de stockage des excédents de longue du- rée. » de l’innovation à la
DES MARÉES TRÈS PROMETTEUSES
dans cette course aux re- nouvelables, l’énergie hy- drolienne (exploitation de
Le "Power-to-Gas" ? Un stockage des énergies renouvelables grâce à leur transformation en hydrogène ou en
Photovoltaïque
Le Roi Soleil
Le solaire, une (petite) énergie qui monte, qui monte... Inépuisable et modulaire, elle est devenue, selon l’ADEME, « une composante incontournable des politiques énergétiques ». Et même si les tarifs d’achat de cette énergie ont fondu avec les années (de 36 centimes en 2010 à 8 centimes actuellement le kilowatt heure), la France abrite de plus en plus d’installations solaires. Mi-2015, « la puissance totale raccordée sur le territoire français métropolitain est de 5702 MW (5,7 GW) pour 330000 installations dont 334 MW (5,9%) sur le réseau de RTE, 4978 MW (87,3%) sur le réseau géré par ERDF », détaille le site spécialisé ww.photovoltaique.info. Et de préciser que « désormais, ce sont les installations de plus de 250 kWc qui représentent près de la moitié de la puissance solaire pho- tovoltaïque en France ; les petits systèmes étant toujours ma- joritaires en nombre. »
les eaux qui viennent rem- plir un gigantesque bassin de retenue. « L’eau passe également par les conduits des groupes qui sont ouverts à ce moment-là. Lorsque la marée a atteint son plus haut niveau, les vannes et les conduits des groupes sont fermés, précise-t-on chez EdF qui exploite le site. On attend ensuite que la mer soit suffisamment redescendue pour avoir une certaine hauteur de chute
Une planète qui sera contente, et des surfeurs aussi...
une puissance nominale de 5 MW, plantés dans l’eau à l’aide d’immenses trépieds, peuvent ainsi mesurer jusqu’à... 160 mètres de dia- mètre. Gigantesque. Malgré ces freins, la France de l’énergie veut néanmoins croire aux forces du vent, de la houle et des courants marins. « En termes de puis- sance installée, l’éolien offs- hore devrait être au même niveau que l’éolien terrestre en 2030 et atteindre 25 GW dès 2020 », précise Jean- Frédéric Charpentier. l’an- née dernière déjà plus de 3 MW supplémentaires ont été installés au large du vieux Continent selon l’Association
“POWER-TO-GAS”
hauteur d’eau) ou encore capture physique d’une masse d’eau (via une re- tenue). »
méthane de synthèse
l’énergie des courants) fait également une percée re- marquée. En janvier, la Bre- tagne accueillait ainsi la première ferme hydrolienne
tion, considère le chercheur de l’école navale. Mais la France est plutôt bien pla- cée sur cette technologie. » Une source énergétique non
fermes hydroliennes n’est donc pas impacté par un caractère imprévisible de la ressource. » idem pour l’énergie marémotrice, issue du mouvement de l’eau créé par les marées. Une source d’exception encore qui sup- pose l’implantation d’un barrage marémoteur sur des sites rares et bien particu- liers. En France, c’est du côté de dinard et de Saint- Malo que ce type de barrage est visible avec celui de la rance, long de 750 mètres et en acticité depuis 1966. Un mastodonte – considéré comme le deuxième plus grand barrage marémoteur au monde (derrière celui de Shiwa lake en Corée du Sud) – d’une capacité de 240 MW, soit la consom- mation annuelle d’une ville de plus de 200000 habitants. Quel en est le principe ? A marée montante, les vannes du barrage laissent passer
d’eau entre le niveau. » Cette chute permet de faire tourner les turbines qui en- traînent leur alternateur et créent ainsi de l’électricité. C’est aussi, à l’instar des surfeurs, sur la crête des vagues que les chercheurs puisent leur énergie. Une énergie dite houlomotrice, produite à partir de la houle et des vagues. il existe dans ce domaine un vaste inventaire de solutions, cer- taines d’entre elles étant immergées, d’autres ins- tallées en surface, sur le rivage ou au large, relate France Energies Marines. les systèmes de capture d’énergie varient d’un pro- totype à un autre : « Cap- ture d’énergie mécanique en surface (ondulations) ou sous l’eau (translations ou mouvements orbitaux), capture des variations de pression au passage des vagues (variations de la
Energies marines renouvelables
Les écoles (aussi) s’y mettent Plusieurs universités et écoles proposent désormais des cursus EMR. Sélection.
La première formation dédiée à avoir vu le jour est le master « Energies Marines Renouvelables » dispensé par l’ENSTA Bretagne. Créée en 2009 et labélisée par le Pôle Mer Bretagne, cette formation est accréditée par la Conférences des grandes écoles (CGE). L’école Centrale de Marseille propose également un master en « Ingénierie et Energies Marines », également accrédité par la CGE.
L’université de Caen Basse Normandie à travers son Ecole Supérieure d’Ingénieurs a mis en place une formation d’ingénieur consacrée à la production industrielle avec une option EMR.
L’ESITC (Ecole d’Ingénierie et Travaux de la Construction) à Caen propose également un master spécialisé « Ouvrages Maritimes et Portuaires ». Cette formation, elle aussi accréditée par la CGE, forme des ingénieurs spécialisés dans le domaine des projets d’énergies renouvelables marines. De nombreuses écoles d’ingénieur et universités proposent également des formations plus généralistes abordant – notamment mais pas exclusivement – la problématique des EMR.
Source : Les énergies marines renouvelables – les défis d’une filière industrielle émergente (REE – collectif, 2012)
52 Avril 2016
qu’au
production jus. consommateur final... les EMr – et plus globalement les énergies vertes – se cher- chent elles aussi leur modèle économique. « C’est un bu- siness comme un autre... heureusement », rappelle didier Mayer. Et assurément une filière d’avenir.
Pierre Tiessen


































































































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