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rH & FOrMaTION Carrières & Talents - L’utilisation des cas d’école dans les MBA
cas permettent aussi d’ap- préhender la situation d’entreprises dans des sec- teurs ou des zones géo- graphiques parfois mécon- nus : qu’il s’agisse de grands groupes internatio- naux, de PME familiales ayant réussi leur expansion ou encore d’ONG, chaque
si, à travers cet exercice, certains apprenants dé- montrent d’emblée leurs qualités d’analyse et de synthèse, pour Pierre Chandon, « les cas ne ser- vent pas uniquement à ré- véler le talent intrinsèque des étudiants » : ils leur permettent également de
rant leur cursus, mais aussi celle d’une mise en situa- tion afin d’engager une réflexion par rapport à leur propre expérience. Du côté des enseignants, les études de cas permettent d’éva- luer la manière avec la- quelle chaque étudiant prend des décisions. Tou-
quent que « l’animation est l’étape essentielle de la méthode des cas », et que, « sans cette condition, le cas n’a aucune valeur ». ainsi, tout pédagogue ou
l’environnement dont les décisions des dirigeants devaient dépendre. Mais Claude Lombard et Thierry Teboul, dans la préface de “Traiter et ré-
Montpellier Business school. « On ne niera pas qu’il soit souhaitable que la situation globale reflète celle d’une entreprise, d’un produit, d’un projet
Trop souvent, il a été proposé aux apprenants des constructions de problématiques fictives, pour des entreprises elles-mêmes fictives, dans un contexte hypothétique
entité, quel que soit son modèle économique, peut faire l’objet d’une étude de cas, à condition que l’auteur de ce dernier res- pecte une méthodologie bien précise. C’est ainsi que chaque année, de nou- veaux cas sont élaborés et diffusés par le Case Center de Harvard Busi- ness Publishing ou encore la Centrale de Cas et de Médias Pédagogiques pour stimuler les étudiants. Et
progresser dans la com- préhension des problèmes ainsi que dans leur capa- cité à les résoudre. « C’est notamment le cas grâce au travail en équipe et à la présentation des résul- tats devant les autre étu- diants, les professeurs et, souvent, les protagonistes même des cas ». L’étude de cas offre non seulement aux apprenants l’opportu- nité d’appliquer les connaissances acquises du-
tefois, il faut noter que l’intérêt et le bon dérou- lement d’un cas ne dépen- dent pas seulement de sa dimension pédagogique ou de son réalisme : les qualités de l’animateur sont également détermi- nantes ! C’est notamment le propos développé par Michel Bédard, Paul Dell’aniello et Danielle Desbiens dans “La Mé- thode des Cas” (éd. Gaëtan Morin, 1991), qui expli-
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Mars 2016
DES SIMPLIFICA- TIONS INÉVITABLES Néanmoins, pour certains, c’est la nature même de la méthode des cas qui présente des difficultés et des limites. En 1940, Charles I. Gragg, l’une des chevilles ouvrières de la méthode des cas, défi- nissait cet exercice comme l’exposé d’un problème dans le domaine des af- faires que des dirigeants ont dû réellement affron- ter, complété des faits, opinions et préjugés de
spécialiste qu’il soit, l’ani- mateur ne doit pas seule- ment amener l’explication en amont ou élargir la ré- flexion lors de la phase finale de débriefing, en soulignant les différents concepts abordés : il a également pour mission de parvenir à « arbitrer, susciter et canaliser les prises de position des uns et des autres ».
soudre un cas pratique en management” (éd. Dunod, 2008), confient que « trop souvent, il a été proposé aux apprenants des constructions de problé- matiques fictives, pour des entreprises elles-mêmes fictives, dans un contexte hypothétique ». Un pis- aller certainement dicté par la volonté de certains professeurs de faire plan- cher les étudiants de MBa sur des scénarios qu’ils jugeaient stimulants mais dont ils ne trouvaient pas d’équivalent dans la réa- lité... Cette tendance sem- ble aujourd’hui disparaître et la majorité des cas en- registrés par les banques de cas portent désormais sur des situations bien réelles. Toutefois, la res- titution parfaite de la réa- lité dans toute sa com- plexité semble bien sou- vent impossible, comme le souligne Jean-Charles Bagneris, professeur à
à un instant donné... Mais, dans la réalité, elle reflète plutôt ce que l’on peut en révéler », explique-t-il, ajoutant que recueillir des informations pertinentes n’est pas tâche aisée, y compris de l’intérieur de l’entreprise. D’autant que de par sa nature et ses ob- jectifs pédagogiques, l’étude de cas incite presque tout le temps son auteur à mettre volontai- rement l’accent sur cer- tains aspects du problème, en occultant ou en pré- sentant comme résolus ceux qui, dans la réalité, ont été affrontés simulta- nément. Enfin, aussi ré- cente soit-elle, une étude de cas est toujours l’ana- lyse d’une situation pas- sée : contrairement à l’époque où ce type d’exercice a été élaboré, les marchés d’aujourd’hui évoluent sans cesse et le défi pour un manager est de parvenir à prendre en


































































































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