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n°28
sTraTéGIE & INNOVaTION NUMérIQUE Décryptage - L’impact économique du streaming sur la musique en ligne L'occasion pour EcoRéseau Business d'expliciter en détails le sujet principal de Stratégie & Innovation Numérique
Boîte à musique, boîte de Pandore ?
srentré dans les mœurs de M. Tout-le-monde, le streaming redistribue les cartes du secteur et pose inlassablement la question de la répartition des revenus sur la globalité de la chaîne de valeur. Enquête.
uède : 1-France : 0 ! font faillite, se reposition- Pour changer, les nent vers le BtoB, ou su- grands blonds aux bissent une fusac ou une
barbes de hipsters rempor- absorption, à l’image de
tent une nouvelle victoire face à nous, porteurs de béret, la baguette sous le bras. Cette fois-ci, il ne sera pas question d’agilité économique ou fiscale. En- core moins de modèle édu- catif. Il sera question de musique. Mais rassurez- vous, pas d’Eurovision. Car le pays de Zlatan – désolé pour tous les autres – a su redynamiser le sec- teur de la musique via le streaming, avec un gain de croissance au global et une contribution intéressante des nouveaux entrants aux revenus de la filière. avec en cerise sur le gâteau, une population entière qui se convertit à la musique connectée. Ce faisant, le virage du streaming peut apporter son lot de bonnes surprises : nouvelle façon de créer de la richesse dans un secteur qui souffre struc- turellement et amélioration de l’offre et du service pour l’utilisateur final. reste l’éternelle question de tout jeune secteur : corne d’abondance ou nou- veau mirage numérique ? EcoRéseau Business vous en propose un décryptage et passe au crible les der- nières tendances.
La musique en ligne gagne en qualité : les voisins sont ravis !
la récente proposition de Pandora au sujet de Rdio ou encore du rachat de Beetfy par Apple. Ces exemples témoignent de la difficulté du secteur à pro- poser de la musique de fa- çon pérenne », poursuit xavier Filliol. Face à cette concurrence serrée, les ac- teurs de la musique en ligne n’ont pas d’autre choix que d’innover. « Plu- sieurs tendances se déga- gent en matière d’innova- tion. Certains acteurs comme Deezer ou Spotify procèdent à des Hackha- tons ou des meet-up pour mobiliser la créativité du personnel. Mais la re- cherche de nouveautés passe aussi par une exter- nalisation de l’innovation, en développant les rela- tions BtoB avec des start- up, de fait, plus agiles », note le président du GEsTE. autrement dit, il se dessine un écosystème où les start-up qui se créent, happées par les leaders du secteur, n’optent plus pour le BtoC. Cette tendance réduit dès lors leur ambi- tion disruptive sur le mar- ché comme peau de cha- grin, dans un contexte où la cherté des droits sur les contenus légitime ce posi- tionnement. En dépit des FrenchTech, BPI ou Cap Digital, l’Observatoire de la musique souligne d’ail- leurs dans sa dernière étude que la filière ne bénéficie que trop peu d’investisse- ments – en particulier d’or- dre privé –, et milite pour cette complémentarité fi- nancière. Un fait qui ex- plique le renoncement de Deezer à être cotée, ainsi que le questionnement au- réolant perpétuellement le secteur quant à son ave- nir.
SABLES
MOUVANTS 2.0
sortez les mouchoirs. La musique va mal en France. selon les chiffres de la sNEP, le secteur accuse une baisse de -6% sur le dernier semestre, pour un chiffre estimé à 207 mil- lions d’euros. Dans ce gâ- teau, la répartition des parts est encore en faveur des ventes physiques (57%). Mais les achats en dur re- culent toujours tandis que la musique en ligne pro- gresse. L’avenir, comme dans de nombreux secteurs,
se trouve donc du côté du dématérialisé. Mais le des- tin économique de la mu- sique n’est pas beaucoup plus harmonieux chez la petite sœur numérique. Le secteur de la musique sur Internet est également
ou amazon, se sont der- nièrement positionnés sur le marché en créant leur propre plateforme face aux payantes telles que sony Music, Napster, Qobuz, etc., aux gratuites (You- Tube, Dailymotion...), et
reux. aujourd’hui, l’entre- prise a stratégiquement opéré une levée de fonds par nécessité pour contrer les nouveaux entrants tels qu’apple – depuis juin 2015 – ou encore Tidal dont les business models
est mis en faillite... « Les dernières actualités de la musique en ligne posent la question de la viabilité du modèle économique de ces plateformes, qu’elles soient payantes ou spon- sorisées par la publicité »,
On assiste à un basculement du téléchargement vers l’écoute en streaming. De distributeurs de musique, les acteurs deviennent des médias diffuseurs
52 Mars 2016
DIFFICILE MILIEU POUR L’INNOVATION DISRUPTIVE
« On observe un mouve- ment de concentration qui s’accélère. Les entreprises
concurrentiel et subit en tant que jeune secteur des changements rapides. L’hé- térogénéité des acteurs et leurs ambitions empêchent toute visibilité sur ce qu’il adviendra de la musique en ligne dans quelques an- nées. Des majors telles que Universal, Warner Music, etc., ou certains des “Ga- Fas” à l’image d’apple
aux mixtes qui reposent sur un modèle freemium /premium : Deezer, spotify ou soundCloud. Dans cette jungle, des acteurs pourtant établis de longue date souf- frent ou ne concrétisent pas le développement es- péré. Il y a à peine trois ans, spotify développait son offre de 15 à 55 pays et coulait des jours heu-
reposent uniquement sur des abonnements payants. De même, Deezer a dû re- noncer à son introduction boursière, signe d’un manque de confiance et d’une méconnaissance des investisseurs au sujet du streaming musical. Enfin, le qualitatif Qobuz a lui subi un redressement ju- diciaire tandis que rdio
analyse xavier Filliol, en- trepreneur (MP3.fr et Mu- sic Wave), président du GEsTE (éditeurs de ser- vices en ligne).


































































































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