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n°28
PaNOraMa International - Elections américaines et entreprises françaises
Focus sur un pays qui étonne par ses caractéristiques, par le prisme de l'investisseur ou entrepreneur français
Des primaires abracadabrantesques
Les élections prési- dentielles améri- caines, vues de France, paraissent toujours démesurées, notamment par le montant des sommes engagées, qui devraient pour l’édition 2016 dé- passer les cinq milliards de dollars, primaires in- cluses. Il faut dire que, sous de multiples points de vue, la fournée 2016 est la plus détonante de- puis longtemps, aussi bien chez les républicains que les Démocrates – mais dans deux styles très dif- férents. « On n’a jamais vu quelque chose de si- milaire, souligne Nicole Bacharan, politologue spé- cialiste des Etats-Unis. La possibilité de finir avec
et économiques européennes et françaises. La preuve...
L’arrivée d’un nouveau président aux Etats-Unis est toujours surveillée par les sphères politiques
deux extrêmes face-à-face, volution politique ». Plus tous les musulmans du Trump et Sanders, serait étonnant encore, il réussit pays), a bouleversé un pa- une première pour les cet exploit en se décrivant nel large (17 candidats au Etats-Unis. » Il y a en lui-même comme un so- départ) qui ne comportait effet toujours eu au moins cialiste, ce qui théorique- pas de favori fort et fédé- un modéré, qui d’ailleurs ment est l’équivalent d’un rateur. son succès durable l’emporte toujours face à suicide politique aux Usa. – il est toujours le leader un extrême. Du côté des républicains, dans les sondages, et vient
Les sociétés étrangères ne peuvent faire
de donations, mais leurs filiales locales peuvent organiser un PAC recueillant les contributions des salariés américains
Chez les Démocrates, un candidat auparavant peu connu du grand public, Bernie sanders, réussit au- jourd’hui à faire jeu égal avec Hillary Clinton, la grande favorite depuis 2015, en prônant une « ré-
le tableau est plus étrange encore. L’arrivée de Do- nald Trump, magnat de l’immobilier, qui joue la carte d’un populisme éche- velé et sans frein (il a tout de même proposé le fi- chage systématique de
de remporter une victoire écrasante dans la primaire du New Hampshire – n’avait été anticipé par personne. Ce qui est en train de sérieusement in- quiéter le parti républi- cain, qui ne veut absolu- ment pas de lui comme son candidat pour l’élec- tion. Pour encore compli- quer les choses, la radi- calisation des débats a pro- pulsé sur le devant de la scène le sénateur Ted Cruz, qui est – si c’est possible – encore moins apprécié chez les éléphants (1). Une situation ubuesque.
DES ENJEUX ÉCONOMIQUES EXTÉRIEURS PEU DÉVELOPPÉS
Un choix que les entreprises françaises aussi doivent faire...
Du coup, les débats et prises de positions se sont surtout concentrés sur des questions de politique in-
térieure et sur des attaques en tout genre, plus encore que la normale pour ce type d’élection. « Les pri- maires sont toujours un peu caricaturales, décrit Nicole Bacharan. On parle
Historique
de protéger les emplois locaux, de promouvoir les exports, de mettre des droits de douane... » Mais ce genre de promesses ne dure pas en général au- delà des primaires. De
Le PAC par qui les milliards sont arrivés
L’explosion des budgets de campagne au Etats-Unis doit beaucoup ces dernières années à une décision de la Cour Suprême de Justice datant de 2010 – le célèbre Citizen United versus Federal Election Comittee – qui a déplafonné le montant maximal des contributions qu’une personne physique ou morale pouvait verser, à condition qu’il n’y ait pas de « lien direct » entre le donateur et le candidat. C’est là que son nés les PAC (Political Action Comittee), des associations aux objectifs vagues (libérer le futur, construire l’avenir...), qui récoltent les fonds – sans plafonnement – pour un candidat et ensuite mènent des actions « non concertées » pour le soutenir, telles que des publicités télévisées. Un PAC est dans l’obligation de publier la liste de ses donateurs ainsi que les montants, mais un obscur statut de société, propre au Delaware, permet lui de recueillir des dons sans avoir à dévoiler quoi que ce soit, et ensuite de les
réinvestir, comme par exemple... dans un PAC.
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Mars 2016


































































































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