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n°27
CLUB eNTrePreNdre Business guides - Entreprendre en 2016
LOCAUX ET BUREAUTIQUE : DÉFINIR LES BESOINS AVEC PRÉCISION
6 Les configurations sont évidemment différentes selon que vous souhaitez ouvrir un commerce (dans ce cas, c’est d’abord l’emplacement, puis l’emplacement et encore l’emplacement !), recevoir ou non du public, que vous projetez de recruter des salariés ou non. Pour les indépendants, travailler de chez soi permet, outre le confort, de faibles coûts, d’autant qu’il existe des déductions de certaines charges (une partie de l’impôt foncier, des charges d’électricité et de chauffage) de son bénéfice. de plus en plus d’entreprises de prestations intellectuelles couplent d’ailleurs cette organisation à des locations ponctuelles de bureaux dans des centres d’affaires (Servcorp, regus) ou des espaces de coworking qui facturent à la demi-journée ou à la journée et permettent ainsi de recevoir clients, prestataires et partenaires. Attention toutefois : si vous exercez chez vous, vérifiez en amont que votre règlement de copropriété ou votre bail vous y autorisent. en effet, un logement n’a pas pour vocation d’accueillir une entreprise, encore moins de public sans accord préalable. « Renseignez-vous sur les exigences administratives et les exceptions en fonction de la ville où vous vous installez, souligne une to do list de l’APCe accessible sur son site internet, ainsi que sur les termes de votre contrat. » Si vous trouvez le local commercial de vos rêves, via des professionnels comme CBre, après avoir bien étudié les prix du marché, en avoir visité plusieurs, et vérifié son accessibilité, portez une attention particulière sur le bail commercial et rapprochez-le aussi de vos perspectives de développement, au moins à court et moyen terme « En effet, un bail vous engage au minimum sur trois ans (vérifiez d’ailleurs que le congé possible à l’issue de chaque période triennale est bien mentionné, NdLr), ce qui signifie que si vous devez le quitter avant, pour des raisons économiques, mais souvent parce que l’entreprise grandit et qu’il vous faut plus grand, vous devrez payer une indemnité. Le calcul du petit espace à petit prix du départ peut donc vite se transformer en une grosse épine dans le pied », analyse Matthieu Martignole, mandataire du réseau immoLiaison dans l’essonne. Pour une entreprise en création, tournez-vous aussi vers les pépinières et hôtels d’entreprises qui louent des espaces à des prix au m2 inférieurs à ceux du marché, et proposent un certain nombre de services mutualisés (salles de réunion, haut débit, accueil, courrier...).
Quant au matériel bureautique (ordinateurs, imprimantes, réseau, stockage...) dont vous allez avoir besoin, la réflexion est à peu près identique : là aussi ce qui est nécessaire, mais ne faites pas d’économies de bout de chandelle sur un disque dur ou un processeur qui vous fera gagner du temps, ou sur une assurance qui prolongera la vie d’un matériel justement coûteux.
7 Arnaud Bonnamour, directeur régional Centre est chez Natixis Factor, balayait l’idée dans un entretien en septembre dernier : « C’est une vision ancienne que de penser que l’affacturage ne s’adresse qu’à des entreprises en difficulté. C’est derrière nous. Cela arrive, mais il s’agit avant tout de se prémunir contre les impayés à travers l’assurance crédit, de déléguer la gestion de la relance et du re- couvrement des créances et enfin d’assurer des financements, en lieu et place des lignes bancaires classiques, notamment pour des entreprises qui connaissent des crises de croissance et qui ont besoin d’accompagnement pour financer leur déve- loppement. » de fait, le recours à un factor concernera sans doute encore plus d’en- treprises en 2016 que lors des mois écoulés. des TPe au CA de moins de 100K€ jusqu’aux plus grands groupes, voire même des sociétés en création sur la base du prévisionnel d’activité comme le font d’autres acteurs du marché comme BNP Paribas Factor ou Crédit Agricole Leasing & Factoring. Le principe est simple : le factor garantit le paiement des factures clients et les règle sans délai. en parallèle, l’entreprise envoie aussi ses factures à ses clients qui ont des délais de paiement différents (10, 30, 60, 90 jours), lesquels paieront directement le factor à la date d’échéance prévue. Pas d’attente donc pour recouvrer les montants de ces créances, ce qui permet de faire face aux décalages de trésorerie entre la facturation au client et le règlement, et mécaniquement, d’augmenter sa capacité de financement. Pour Christophe Fournier, dirigeant de Ô Service du Temps, une entreprise de paysagisme de trois personnes, ce service a tout changé. « De grosses entreprises et d’autres du secteur public ont des modes de règlement à long terme qui nous ont conduits vers l’affacturage sur les conseils de notre banque. Quand on nous avance de l’argent, on est inquiet du coût. Or, cela représentait la moitié de ce que pouvaient coûter les agios liés au dépassement de découvert. Cela a donc débloqué toute notre trésorerie et permis de verser nos salaires en début de mois. J’ai été rassuré sur la sécurité de mon entreprise parce que même si l’on sait qu’il y a du travail et que nous avançons, nous sommes souvent le combiné à la main pour appeler le banquier. Ce fut donc une bouffée d’oxygène, avec une mise en place très rapide. » Une facilité de trésorerie qui implique toutefois quelques inconvénients. des frais de gestion, des commissions (d’affacturage et de financement), un pourcentage sur le CA confié et un fonds de garantie pour couvrir le risque de factures impayées – des sommes « gelées » que l’entreprise ne touche donc pas même si elle peut en négocier le déblocage si leur montant est trop élevé.
AFFACTURAGE : FAIRE RESPIRER SA TRÉSO 8
BANQUES : QUELS FINANCEMENTS ?
votre love money réunie (apport personnel, mobilisation de l’épargne des proches), vous avez fait le tour des apports possibles, no- tamment en prêt d’honneur, un apport consenti par un organisme tel que initiative France ou réseau entreprendre, mais aussi compté les fonds propres des éventuels associés. vous êtes donc prêt, business plan sous le bras, votre prévisionnel sur trois ans et vos besoins de trésorerie sur la première année d’activité, à aller solliciter les banques pour financer votre projet. Bien, sachez qu’elles ne financent généralement pas plus de 60-70% de votre besoin d’investissement total. dès lors, à quoi prétendre ? Jusqu’en avril 2015, toutes quasiment sans exception vous auraient pré- senté le Prêt à la Création d’entreprise (PCe). Mais l’état a mis fin au dispositif. « Les banques disposent désormais d'une délégation de Bpifrance pour accorder cette garantie pour des prêts allant jusqu'à 200 000 euros. Pour bénéficier de ce dispositif, il suffit de s'adresser à son banquier », précise l’APCe. Bpifrance est un organisme caution parmi d’autres (Sagi, France Active) pour l’obtention d’un prêt, pour lequel les établissements ban- caires vous proposeront souvent de choisir le type de financement entre crédit bail ou prêt à moyen terme, avec des aménagements pos- sibles (modularité des remboursements, différés possibles, etc). dans tous les cas, faites évi- demment jouer la concurrence, et comme le conseille l’APCe, « pensez, selon vos besoins, à la création d'un "pool bancaire", plusieurs banques finançant votre projet, tout en ne minimisant pas vos besoins d’emprunt.»
54 Février 2016
Cahier pratique n°1 - Entreprendre en 2016


































































































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