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n°27
CLUB eNTrePreNdre Business guides - Entreprendre en 2016
TECHNOPOLES ET INCUBATEURS : LA FORCE DU TISSU LOCAL
1 Supports de la politique de développement d’un territoire à partir de l’innovation pour les premières, point d’ancrage initial et d’accueil pour les seconds, technopoles et incubateurs (auxquels il faut ajouter les pépinières qui ont vocation à héberger de jeunes entreprises et à leur fournir des services) maillent aujourd’hui le territoire. 43 technopoles et 32 incubateurs sont ainsi membres du réseau national de référence, retis. L’association fédère l’ensemble des dispositifs (elle regroupe également 28 Centres européens d’entreprises et d’innovation et cinq pôles de compétitivité) « dont la vocation se situe généralement en amont (aide au montage et à la création de la future entreprise), par rapport aux incubateurs privés dont la logique est davantage financière, ou encore aux incubateurs “corporate” développés par les grands groupes industriels », précise-ton chez Bpifrance. La démarche ? Géographique d’abord, avec un accès cartographié sur www.retis-innovation.fr. Puis, une fois la structure sélectionnée, il vous est conseillé d’envoyer un mini-business plan par mail pour une prise de rendez-vous en faisant notamment apparaître clairement le concept ou le produit, les raisons pour lesquelles il est innovant, quelques éléments sur le marché et les cibles, et enfin l’équipe que vous envisagez de constituer. Les technopoles des villes moyennes de province ne sont pas les moins actives. À Troyes, celle-ci ressemble aujourd’hui à un bastion d’entrepreneurs. Sur les ruines de l’industrie textile, une politique d’investissement sur le long terme – comprenez un temps généralement différent des mandatures électorales, même si, dans ce cas, l’implication du sénateur Philippe Adnot semble avoir été déterminante – permet aux porteurs de projets de Champagne- Ardenne mais aussi de l’Île-de-France toute proche de trouver des réponses et un accompagnement.
« Des outils sont dédiés à la pré-incubation, d’autres à l’accompagnement sur les parties commerciales et bancaires avec la pépinière, d’autres encore à la phase de croissance avec une installation dans le parc technologique et scientifique de 40 hectares, explique Jean- Michel Halm, directeur de cette technopole qui emploie sept personnes. Nous ne faisons pas seulement de la mise en relation et de l’hébergement : nous connectons les acteurs entre eux, nous avons la capacité à amener les professionnels d’un secteur à venir rencontrer les porteurs de projet, ainsi qu’à rassembler les expertises au sein d’un écosystème. Cela passe aussi par une certaine proximité avec les financeurs. » Soixante entreprises bénéficient aujourd’hui de la dynamique locale, orchestrée aussi par de nouvelles écoles d’ingénieurs, un incubateur étudiant, un club de business angels, des séminaires biannuels « Plug & Start ». Lancés il y a quinze ans, ils permettent de challenger 15 projets pendant trois jours et font sa renommée. Avec un marquage fort ? « Au début, nous avons chassé une thématique, nous qui sommes ancrés dans l’industrie textile. Nous y avons mis beaucoup d’énergie avant de comprendre que ce n’était pas un impératif, concède Jean-Michel Halm. En fait, il n’y a pas de projet exclu d’un dispositif comme le nôtre. » deux entreprises, Levels3d (Logiciel de scan 3d en temps réel) et romy-Paris (cosmétique connectée et sur mesure) étaient au dernier CeS de Las vegas pour en té- moigner.
2 C’est presque un slogan pour Bpifrance : 90% des décisions sont prises en région au plus près des entrepreneurs. et, dans les territoires pour le coup, c’est presque à celui qui en fera le plus. Accompagnement, recherche de terrains, de locaux, levées de fonds... Christelle Bizet, directrice de la pépinière d’entreprises innovagrasse dans les Alpes-Maritimes, pointe les spécificités de son territoire en même temps que l’effet d’accélération de croissance valable partout ailleurs. « Nous avons une couleur particulière dans la mesure où nous ne sommes pas une pépinière généraliste, mais à vocation scientifique en relation avec l’Université de Nice et sa filière chimie, le CNRS, etc. Cela implique donc une typologie d’entreprises spécifique, d’autant que la R&D demande du temps, des investissements importants, et que le risque est élevé : cette année, nous avons accompagné trois levées de fonds entre 1 et 2M€. Pour autant, on peut considérer qu’entrer dans un système permet de devenir, de fait, moins isolé, avec toute une chaîne qui ac- compagne, conseille et soutient. Un avantage quasi universel quel que soit le secteur. » Les enjeux pour le territoire ? « Ils sont très importants, concède Christelle Bizet. Pour nous, il s’agit d’aider à la création et au maintien des activités dans un bassin d’emploi historiquement tourné vers les technologies industrielles des arômes et parfums, la cosmétologie, la dermatologie, la santé. » didier Guiraud, PdG de Gridbeecom, entreprise experte en solutions de communication intelligentes et haut débit, a passé une année dans la pépinière innovagrasse avant de prendre des locaux plus grands avec ses 15 salariés en ce début d’année. « Pour nous, il s’agissait surtout de trouver des mètres carrés, financés par la pépinière d’ailleurs, dans un environnement sympathique. Ce que l’on y a gagné, finalement, c’est de l’émulation, du temps aussi au contact d’entreprises qui étaient plus avancées que nous sur la levée de fonds, sur la propriété intellectuelle avec des avocats spécialisés dans le domaine... Cette période nous a aussi permis de trouver un sous- traitant dans notre domaine, d’échanger sur des problématiques spécifiques en n’ayant qu’à descendre d’un étage. Enfin, si la place est rapidement venue à manquer, nous savons aussi que nos salariés ont pu être recrutés rapidement, sans erreur de casting, grâce à cet environnement très qualitatif. »
Dans ces structures qui aimantent les forces vives, une certaine émulation parmi les entrepreneurs...
SOLUTIONS D’IMPLANTATION EN RÉGION : REJOINDRE UNE COMMUNAUTÉ
50 Février 2016
Cahier pratique n°1 - Entreprendre en 2016
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