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Business Story - Sigfox StrAtéGiE & iNNovAtioN NUmériQUE Retour sur l'histoire d'une entreprise française que les innovations portent vers les marchés internationaux
telecom simples et malignes
S Sigfox, l’une des dix start-up les plus puissantes de l’internet des objets selon Forbes, révolutionne ce secteur, mais en plus par le bas débit au contraire de tout le monde...
igfox est un opérateur se termine en 2008 par la re- est déjà expérimentée par conscients que l’implémen- compteur connecté. « Nous de plateformes ou partenaires au même titre que les vente de l’activité. Un contre- certains opérateurs. « Dans tation doit être rapide et mon- avons réussi par la suite à du déploiement du réseau à bouygues ou orange, temps qui pousse l’entrepre- ce contexte, nous avons diale pour susciter des effets lever 100 millions d’euros l’international.
opérateurs historiques, à la neur à reconsidérer sa porte frappé à plusieurs portes et de volume sur l’internet des en avril car nous avons été mais convaincre les fabri-
seule différence que le réseau de la start-up consomme 200 fois moins et maille l’espace dans 11 pays à l’aide d’an- tennes brevetées d’une cin- quantaine de centimètres. « Nous sommes sortis des che- mins conventionnels. Et des croyances selon lesquelles on a besoin de lever des mil- liards pour se développer en tant qu’opérateur. Ce réseau ne s’attaque pas au même marché que ceux visés par les opérateurs historiques. Les réseaux sont complé- mentaires et ne se phagocy- tent pas », vulgarise Ludovic Le moan, qui qualifie son entreprise de « Twitter des Télécom ». En d’autres termes, le cofondateur de Sigfox a réussi à développer un réseau alternatif qui com- ble les attentes d’une part énorme du gâteau de l’in- ternet of things. récit.
d’entrée dans ce secteur plein de promesses. Décisive, la rencontre avec Christophe Fourtet amène les deux en- trepreneurs et futurs co-fon- dateurs à ébaucher une solu- tion pour envoyer des mes- sages lointains, mais avec peu d’énergie. « Au début des années 2000, nous en- tendions déjà beaucoup par- ler de l’IoT, mais personne ne proposait de technologie
nous avons réussi à convain- objets. « Nous sommes tombés capables de prouver que no-
cants d’objets n’est pas tou- jours chose aisée. Un cycle d’ailleurs qui prend en moyenne neuf mois selon les dires du dirigeant et qui se conclut avec une certifi- cation permettant d’assurer une performance radio opti- male des objets, sur le réseau Sigfox. Centrale d’alarme, compteur électrique, borne à incendies, traqueur d’objet, capteurs de fumée... Au- jourd’hui, Sigfox compte plus de 200 produits certifiés, compatibles avec son réseau. Un développement qui épouse un secteur dans l’air du temps, la maintenance prédictive. Aucun concurrent ne semble pour l’instant en- traver la route du jeune opé- rateur venant à peine de souf- fler ses cinq bougies, si ce n’est peut-être bouygues avec sa technologie Lora, premier parmi les opérateurs historiques en France à dé- velopper un réseau pour l’iot. « En Espagne ou en République Tchèque, nos partenaires opérateurs sont ravis. En France, c’est dif- férent. On nous tourne le dos et les opérateurs sont très agressifs », regrette le P-Dg de Sigfox. malgré tout, l’entreprise prouve qu’elle en a toujours sous le pied. Et que son champ des pos- sibles, au regard des mœurs numériques, est intarissable. En attestent par exemple ses récents partenariats dans le secteur des smart grids avec Cofely Services, Sogedo et
« TWITTER DES TÉLÉCOM »
tout l’enjeu de la jeune pousse se résume à travailler uniquement avec des données de petite taille et donc à dé- livrer des messages qui n’ex- cèdent pas 12 octets (un texte Word d’une page envoyé pèse 25ko en moyenne). « C’est pour cette raison que je fais l’analogie avec le ré- seau social Twitter. Nous avons amené un protocole différent exploitable dans de nombreuses configurations, mais tenu par des contraintes importantes », complète Lu- dovic Le moan. Ce défi n’est cependant pas la première expérience du dirigeant. Au début des années 2000, Lu- dovic Le moan avait déjà lancé un projet dans l’internet des objets. il visait à déve- lopper les objets connectés à partir des technologies GSm, mais le coût et la complexité n’ont pas permis le dévelop- pement espéré. L’aventure
Le bas débit utile un jour pour que le frigo refasse seul le plein de lait?
prototype, prouver que nous n’étions plus dans le fan- tasme avec une station de base », se souvient le diri- geant. Les choses s’accélèrent ensuite. intéressé par le pro- totype, intel Capital investit à hauteur de 10 millions, ce qui permet à Sigfox de cou- vrir le territoire français. S’ensuit dans la foulée la couverture de l’Espagne et de l’Angleterre avec une nouvelle levée de 15 millions ; les deux fondateurs sont
qui n’avait aucune com- plexité. Il a donc fallu un grain de folie pour lancer le projet et convaincre », continue Ludovic Le moan.
une alarme connectée via Wifi ou 4G pour un coût mo- dique. Nous possédions un réseau impossible à pirater en raison de la taille et du débit des messages. Securitas nous a alors aidés à trouver un partenaire, Cellnex, pour co-investir et lancer le réseau espagnol », explique Ludovic Le moan. Premier «volume case», l’exemple espagnol convainc rapidement l’An- gleterre qui sollicite dès lors Sigfox sur une solution de
Etats-Unis. Et l’année 2015 se terminera visiblement par de nouvelles annonces.
Libelium sur le
COMMENT LEVER DES MILLIONS POUR GLOBALISER LE RÉSEAU ?
DÉVELOPPER UN ÉCOSYSTÈME
L’esprit agile de la start-up s’est aussi concrétisé par la prise en compte de chaque acteur de la chaîne de valeur, chaque maillon économique qui pourrait avoir un impact sur le réseau : des fabricants de modules radio aux fabri- cants d’objets, développeurs
Engie, avec.
sujet des smart cities ou avec Helsinki ventures pour faire des makers nordiques les créateurs de nouveaux objets connectés. La toile bas débit de Sigfox s’étirera bientôt au Proche-orient et en Afrique. La révolution est en marche.
La pub grand public et les derniers smartphones ne ju- rent que par les applications rendues possibles par la 4G quand, en parallèle, la 5G
Geoffroy Framery
200 objets brevetés dans 11 pays échangent des messages via le réseau
cre trois fonds, Elaia Part- ners, Ixo Private Equity et Partech pour une première levée de deux millions, afin de réaliser notre premier
inventé par Sigfox
un peu par hasard sur Se- curitas qui nous exposait le problème des brouilleurs achetés 30 euros sur Internet, qui permettaient de hacker
tre technologie était expor- table et exploitable », nous confie Ludovic Le moan. En six mois, Sigfox s’étend de trois à 11 pays, dont les
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