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CLUb ENtrEPrENDrE Business guides - Voyages d’affaires, les plus des compagnies aériennes Surclassement dans les têtes
3,3 milliards de per- sonnes ont pris l’avion en 2014, selon les statistiques an- nuelles de l’Association internationale du trans- port aérien (iAtA). mais par nécessité ou par souci d’éthique, nombre d’entreprises ont réduit les budgets voyages de leurs collaborateurs. Certains grands groupes ont même demandé à leurs salariés de des- cendre en gamme, de la business vers la classe économique. Les com- pagnies redoublent donc les attentions pour re- conquérir cette cible à fort pouvoir d’achat. « Il nous faut les surprendre, voyageurs d’affaires comme particuliers », affirme Karin Drylie, directrice marketing chez openskies, filiale de british Airways. Certes leurs besoins sont différents, mais tous de- viennent intransigeants quant aux réponses four- nies par les compagnies. Sans compter que le phénomène de «blei- sure» apparaît – contrac- tion de business et lei- sure (loisirs) – avec des passagers qui mixent leurs affaires et leurs déplacements en fa- mille. L’iAtA a annoncé en juin que les bénéfices cumulés du transport aé- rien devraient atteindre cette année 29,3 mil- liards de dollars, mais toutes les compagnies ne sont pas logées à la même enseigne : tandis que celles des pays du Golfe et des états-Unis tirent leur épingle du jeu, les compagnies eu- ropéennes restent à la traîne et cherchent donc à rentabiliser au maxi- mum leurs vols. même si 27% des Français uti- lisent l’avion au moins une fois par an, selon un sondage bvA «Les Français et les trans- ports» d’avril 2015,
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Compétition et exigence des clients augmentent. Petites attentions subtiles mais rentables font donc toute la différence...
« C’est vous le passager de la business qui a demandé à la conciergerie une hôtesse de l’air vintage pendant le voyage ? »
et de services que la moyenne. « Ceux qui optent pour notre classe Economique Privilège bénéficient de services supplémentaires au checking : ils passent de manière prioritaire au même comptoir que les classes affaires et ont droit à deux valises. La qualité de leur siège est améliorée, ils dis- posent de plus d’espace et ont le choix entre deux plats servis en classe affaires. Leur ca- bine à part est plus cosy, avec une vingtaine de passagers, à l’avant de l’appareil », décrit Da- vid Gegot, Dg France, Espagne et Portugal d’Air Canada, qui a ins- tauré cette classe le 1er juillet 2013. Chez Luft- hansa les sièges sont jusqu’à deux fois plus spacieux qu’en éco, s’inclinent plus bas, et permettent même aux plus grands de déplier leurs jambes avec un espacement entre les rangées plus significatif. Les plus sophistiqués, comme chez Japan Air- lines ou Air France, dis- posent d’un système à coque qui permet, lors de l’inclinaison, de ne pas empiéter sur l’es- pace de la personne ins- tallée derrière. Autres petits plus qui font la différence : oreillers en
et les dirigeants affir- ment « vouloir équiper plus de 55% de la flotte dans les mois qui vien- nent ». Dans la cabine dédiée on est passé de 66 sièges classe éco à seulement 36 fauteuils plus confortables et spa- cieux. Les sièges en cuir s’inclinent jusqu’à 120 degrés, l’écran vidéo at- teint les 13 pouces. Du champagne, normale- ment réservé aux classes avant, ainsi qu’une carte des vins aux crus plus prestigieux sont propo- sés. Les gourmets peu- vent retrouver dans leur assiette des plats concoctés par un panel de «neuf grands chefs internationaux», plats qu’ils auront pris soin de commander sur le site dédié jusqu’à 24 heures avant leur dé- part. Enfin, il est possi- ble d’emporter 35 kg de bagages et de jouir d’un enregistrement priori- taire. Le cas n’est pas isolé dans la catégorie longs courriers. Air France,turkishAirlines, Lufthansa, Japan Air- lines, Cathay, virgin, Delta, Etihad, Air New Zealand ou encore bri- tish Airways, précurseur sur ce segment, sont de la partie. Cette offre est parfaitement positionnée pour les cadres d’entre- prise amenés à se dé-
l’ambiance n’est pas au beau fixe. Les acteurs du vieux-Continent se trouvent face à un véri- table casse-tête : séduire et donner l’impression au passager qu’il en a plus que pour son ar- gent, tout en augmentant la rentabilité de chaque siège. Certaines trouvent des solutions straté- giques en se rapprochant de concurrents, à l’exemple de Luft- hansa avec Singa- pore Airlines. Les deux sociétés vont pouvoir renforcer leur position sur les routes entre l’Europe
CLASSE PREMIUM
est montée en gamme vers l’ultra-luxe. « Il y a dix ans les vols de classe affaire n’avaient pas de lits plats, c’est maintenant un prérequis pour des passagers qui ont besoin de se repo- ser », explique-t-on à la communication de cette compagnie moyen- orientale. Une évolution qui a laissé la place à
et l’Asie ainsi que vers l’Australie, pour affronter l’alliance Emi- rates-Qantas mise en place en septembre 2012. mais la plupart cherche avant tout à créer des revenus addi- tionnels, alors que les marges ont fondu comme neige au soleil.
Donner l’impression au passager qu’il en a plus que pour son argent, tout en augmentant la rentabilité de chaque siège !
on gagne par exemple plus d’argent au siège avec un billet premium économie qu’en écono- mie basique. Cette ca- tégorie intermédiaire se glisse avec succès entre la classe économique et la classe business. Plus confortables que les classes éco et moins chères que les business,
placer constamment sur de longues dis- tances, et qui ont be- soin de confort pour récupérer durant les voyages, alors que les sociétés qui les emploient, notam- ment les PmE, ne
les «premium economy» apparaissent sous l’effet de la crise économique, de la concurrence des compagnies low cost. La classe éco a été tirée vers le bas avec des ser- vices très basiques pour lutter contre les low- cost, la classe business
cet entre-deux que sem- blent parfaitement maî- triser Air New Zealand, Qantas et Lufthansa, le top 3 des premiums eco- nomy dans le classe- ment Skytrax. Les pas- sagers ont l’impression d’être privilégiés, avec plus de place, de confort
plume, couverture, trousse de confort mieux garnie, casque anti-bruit, prise électrique, soutien dorsal, repose-pieds, en- registrement prioritaire ou encore large écran vidéo. Singapore Air- lines a inauguré cet été sa classe éco premium,
disposent pas de budgets assez conséquents pour toujours proposer la bu- siness class. Chez cer- taines compagnies, comme Delta Airlines, l’économie premium ne constitue pas réellement en une cabine à part en- tière, puisque les sièges
Cahier pratique n°2 - Voyages d’affaires
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