Page 58 - EcoRéseau n°26
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CLUb ENtrEPrENDrE Business guides - Locaux et équipements de b2
ureaux
1 « La première chose que je demande systématiquement à mon client, c’est un organigramme, témoigne thomas Planquette, directeur de Kytom. Combien de personnes ? Qui travaille avec qui ? Quelles sont les interconnexions à créer ? Ce sont les questions de base pour faire réseauter l’ensemble. De cet audit simple découlent les plans, les métrés, les cloisons... » Une démarche trop peu souvent pensée en amont, comme le souligne ce professionnel du secteur : « Mises à part les en- treprises à très forte croissance, type big data, pour qui les locaux font partie intégrante du projet de développement, les sociétés, qui sont tenues par les baux commerciaux en 3/6/9 ne réagissent généralement qu’à N-1 pour l’aménagement de leurs nouveaux locaux, que ce soient des plateaux nus ou des
LES "COSMÉTIQUES", LE VÉRITABLE ENJEU ?
ORGANIGRAMME ET TIMING
Les cosmétiques ? C’est le jargon de la profession pour les peintures et la décoration. « Les couleurs ne sont pas significatives du moment qu’elles n’agressent pas, tranche clairement Jean-Pierre Zana. En re- vanche, la lumière a toute son importance. Fini celle des néons qui tombe du plafond, elle doit être montante pour être apaisante. » Du rouge, du beige, du blanc, tout est affaire de goûts. « Les sols de 60 à 70 €/m2, les peintures, c’est important, mais on peut y revenir. » Sortir des sentiers battus avec des formes et des couleurs oui, mais « l’identité passe d’abord par la cohérence », pointe thomas Planquette, pour qui l’enjeu d’aménagement concerne surtout, pour son portefeuille de clients et de prospects, des solutions techniques dont il ne disposait pas il y a encore cinq ans au niveau des éclairages led ou de la capacité du réseau informatique, passée de 100mo à plusieurs Gigas de débit.
3 espaces en rénovation. »
DÉTERMINER LES ESPACES
Zone d’accueil, box one-to-one, espaces partagés... Que vous ayez choisi du vert pomme où un wenge sobre, c’est la priorité que mettent en avant les professionnels : un espace = une fonction. C’est là que chaque entreprise peut trouver sa personnalité ou, tout du moins, faire de ses locaux un atout. Et cela commence dès l’entrée : « La zone d’accueil, qui peut être simple avec une table, quelques fauteuils et une cloison, est extrêmement importante, insiste raymond Leuliet. Pour deux raisons essentielles. D’abord parce qu’elle doit précéder certaines zones ou postes de travail qui doivent conserver un caractère confidentiel. Ou bien pour préserver du regard extérieur certaines habitudes de travail qui peuvent étonner le visiteur : beaucoup de catalogues sur le bureau d’un commercial, le nom des clients sur les dossiers d’un courtier en prêts immobiliers... » L’image est simple à comprendre : quand on reçoit chez soi, on ne passe pas par la chambre pour aller dans la salle à manger. C’est exactement cette idée qu’il ne faut pas perdre dans la distribution des espaces dans une entreprise. Des espaces clairs qui en déterminent de facto l’atmosphère. « Sur le marché du travail, les conditions de travail sont prépondérantes pour un candidat, peut-être au moins autant que le salaire, témoigne benoît baume, dirigeant de be Contents, une agence d’édition à Paris. Un environnement dans lequel on passe le plus clair de son temps dans un schéma de management différent où la relation patron-employé a souvent laissé place à l’addition des compétences au service d’un projet. » Dans cette entreprise, l’open space de 120m2 est adossé à deux salles de réunion « où chacun peut aussi se rendre pour passer tranquillement ses coups de fil personnels. Nous passons de plus en plus en plus de temps sur notre lieu de travail, il est normal de tenir compte des impératifs personnels de chacun ». A noter que le leader du mobilier de bureau, bruneau, qui fête ses 60 ans, a mis en place, une équipe dédiée aux projets mobiliers chargée de répondre aux besoins des clients souhaitant aménager leurs espaces de travail. Aujourd’hui, l’entreprise dispose d’un véritable bureau d’études capable de prendre en charge un projet mobilier de A à Z, de la réalisation des plans au montage des bureaux, tout en s'occupant de la partie logistique et la planification. 5
4 Debout-assis-debout-assis... Si la vie de bureau ne doit pas devenir un cours d’équitation, Jean-Pierre Zana n’y va pas par quatre chemins : « On peut parler de tous les gadgets technologiques que l’on veut, la véritable révolution à apporter à l’aménagement de nos bureaux est celle de l’assise. Les entreprises qui vont se saisir de cette problématique seront d’ailleurs regardées comme des pionnières. Les bureaux électriques, à pistons, réglables ? Pourquoi pas, mais c’est l’assise qui est la plus facile à régler. La sédentarité nous tue mais ce n’est pas une fatalité. L’intelligence technologique devrait nous permettre d’avoir ces sièges dont l’assise sera réglable dans les prochaines années afin d’avoir une alternance entre position assise, position debout-assis (où le poids du corps est réparti sur les pieds et le bassin) et debout. Le marché est immense, cela permettrait de faire beaucoup contre le mal de dos. Des chercheurs ont même montré que travailler debout était aussi une bonne prévention contre les risques de cancer. Mais les fabricants, eux, sont frileux. » Sommes-nous obligés d’attendre ? Commencez par fuir l’imprimante individuelle sur votre bureau au profit d’un copieur collectif dans le couloir qui vous fera faire plusieurs mètres chaque jour en allant récupérer vos impressions. optez pour des solutions d’armoires basses à 1m-1m30 de hauteur pour pouvoir y poser vos documents et travailler debout en alternance avec votre position assise face au bureau. « Un plateau, vous pouvez en trouver un chez Fly ou Ikea, mais pas de concession sur l’assise », précise raymond Leuliet. Le bureau jus- tement : « Plus il est grand, plus c’est le bazar, sourit Jean-Pierre Zana, les bureaux droits étant toujours plus faciles à régler et à installer dans un espace. »
COMBIEN ÇA COÛTE ?
ERGONOMIE : PRIORITÉ À L’ASSISE
LA question incontournable. « Il faut recenser les priorités, les hiérarchiser et être clairvoyant sur le budget, explique raymond Leuliet. On ne peut pas décréter que l’on veut refaire un plateau de 100m2 du sol au plafond avec des cloisons, de la climatisation et une salle de réunion high-tech pour 20000€. » Postes de travail, éclairages, électricité haute et basse tension, cloisons, sols, murs... mettre les choses dans l’ordre permet de faire des arbitrages. D’ac- cord, mais quid du budget pour donner du cachet à ses locaux ? raymond Leuliet est très clair sur le sujet : « Il existe trois fourchettes. La première, basse, de 200 à 300€/m2 pour une rénovation légère avec sol, peinture, électricité et du cloi- sonnement léger. Une autre, autour de 500€/m2 avec un travail plus fouillé de cloisonnement et d’électricité, la rénovation des sols et des plafonds. Enfin, au-dessus de cette tranche moyenne, une rénovation plus lourde pour laquelle il faut compter 800-900€/m2 avec la climatisation, la refonte du réseau courant fort et faible ». Soit une enveloppe moyenne de 50000€ pour un plateau de 100m2.
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Cahier pratique n°1 - Locaux et équipements de bureaux

