Page 32 - EcoRéseau n°26
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n°26
PANorAmA COP21 - Regard sémantique
La mémoire des mots
Nomdutableau: DeveloppementDurable,MariageBio, 2010JaneBee
Nomdutableau: DeveloppementDurable,Lesabeilles, 2013, JaneBee © DR
© DR
©DR
Aomdutableau: DeveloppementDurable,Balance, 2011, JaneBee
N DÉVELOPPEMENT DURABLE, J’ÉCRIS TON NOM !
© DR
Nomdutableau: DeveloppementDurable,2014,JaneBee Dico d’époque
© jean paul goffard
Nom du tableau :
DeveloppementDurable,Turn, 2012,JaneBee
la faveur de la COP 21, opé- Le «durable» suggère que tous nos rons un arrêt sur image. Si actes peuvent ou non contribuer au l’on prend le temps d’obser- durable de ce monde.
Climat et vigilance orange
par Jeanne Bordeau
ver les mots du réchauffement cli- Le «responsable» s’interroge sur
«Fukushima» cristallise toutes les apocalypses possibles pour un monde saturé, fatigué, épuisé, une terre su- rexploitée. Nous ne sommes plus dans les temps des beaux discours mais dans la réalité.
matique récoltés, de tableaux en tableaux, depuis près de cinq ans, quel paysage sémantique s’offre à nous ?
notre responsabilité de consomma- teur ou d’entreprise. Sommes-nous responsables de ce que nous consommons, en privilégiant ce qui a le moins d’impact sur l’environne- ment ? «Responsable» gagne ce duel sémantique. il est peut-être moins culpabilisant que «durable». il nous met en posture de «consom’acteur» !
Fondatrice de l’institut de
Il était une fois «éco» !
Le «réchauffement climatique» sou- ligne en effet les limites de l’homme. incapable de faire face aux «réfugiés climatiques», aux folies de la météo : «flots meurtriers», «tsunami», «mer qui monte», «avalanche», «tornade», «feux». Le spectacle est désolant. Peu à peu «les climatosceptiques» perdent du terrain. «Alerte orange sur la Terre», après l’échec du sommet de Rio et la planète gronde. «ouragan, feu, cyclones, inondations, tempêtes» sonnent le glas de l’indifférence de tous ceux qui ne croient pas que la terre est en «surchauffe» ! La nature nous rappelle à l’ordre.
la qualité d’expression
réfugiés climatiques ou éco-réfugiés ?
retour vers le passé. En 2008-2009, la consommation responsable se glisse peu à peu dans le quotidien. Pour signifier que le mouvement est en marche, le fameux «éco» d’éco- logie envahit le vocabulaire. Nous voici dans «l’écoconduite», «l’éco- tourisme»... il s’agit même de sa- voir si nos gestes ou si notre consommation est «écocompati- ble». «Écomobilité» vient aussi à la rescousse. Le concept aura du mal à passer dans le langage de tous les jours pourtant il désigne un enjeu quotidien constant : satisfaire son besoin de mobilité sans polluer !
Ethique en ligne d’avenir
C’est une bombe à retardement. C’est une nouvelle catégorie de réfugiés qui subiront de plein fouet les humeurs d’un climat inhospitalier.
Durable ou responsable ?
Face aux «platisphères», océans peu- plés de sacs plastiques, l’homme sera- t-il au rendez-vous de la survie que lui fixe la planète bleue ?
il existe aussi «les réfugiés écologiques». ici, on trouve les victimes des dérèglements météorologiques mais aussi tous ceux qui s’en vont parce que par exemple le sol qu’ils cultivaient est frappé de toxicité. toutes ces situations recouvrent la notion de «réfugiés environnementaux».
Parallèlement à ce passage en mode « éco », on assiste à une cohabitation entre « consommation durable » et « consommation responsable », « marketing durable » et « marketing responsable ».
Quelle définition ?
DéCEmbrE / JANviEr
La justice néo-zélandaise a refusé en juillet dernier à un ressortissant d’un archipel du pacifique le statut de premier réfugié climatique. La montée des eaux qui pourrait recouvrir son archipel a été qualifiée de «défi pour l’avenir» et non de «grave danger» ! Définir une telle expression, une af- faire de juristes ou de scientifiques ? ou plutôt une affaire d’état ?
2011, une révolution verte qui se ré- pand. Elle est palpable dans les dis- cussions d’experts et les messages brandis par les associations. Ces dernières évoquent la consomma- tion «éthique» ou «équitable». Acheter «éthique», c’est respecter une certaine morale. Désirer être dans la «consommation équitable», c’est avant tout être militant en cher- chant l’égalité. Etre certain que les petits producteurs ne seront pas lésés par les gros distributeurs. «Equitable» et «éthique» se confon- dent souvent. ils décrivent une vi- sion de l’économie non fondée sur l’unique boussole de la rentabilité !
Une question juridique ?
Sur ce ciel en perte de repères, d’au- tres nuages pèsent. Ceux des «aller- gies alimentaires», ceux de «l’air pollué» irrespirable.
Une question sémantique ?
il n’y pas si longtemps, une telle expression aurait été mal comprise. A quoi pouvaientt bien faire référence des réfugiés du climat ? mais, de- puis les années 1990, l’expression ne surprend plus. Les experts imagi- nent déjà que dans 40 ans, presque un milliard de personnes seront contraintes de changer de pays à cause du climat.
C’est un nouveau statut de réfugiés qu’il faut donc définir !
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