Page 20 - EcoRéseau n°26
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n°26
PANorAmA International - Norvège, Suède, Finlande et Danemark, eldorados négligés
Focus sur un pays qui étonne par ses caractéristiques, par le prisme de l'investisseur ou entrepreneur français
vikings au scanner
o mbre et lumière, tou- jours. « La Norvège, la Suède, la Finlande et le Danemark sont géogra- phiquement placés loin des turbulences de l’Union Euro- péenne. De ce fait, ils ont aussi peu d’immigration et la main d’œuvre n’est pas facile à trou- ver », nuance Philippe moreau Defarges, chercheur à l’institut français des relations interna-
financiers ont été dérèglemen- tés, les capitaux étrangers ont afflué dans ces pays et sont même devenus prédominants dans certaines entreprises. Pour finir, ces pays ont une stratégie de niches. Par exemple, ikea et Lego ont su trouver des produits dont nous aurons tou- jours besoin (les meubles et les jouets éducatifs). En choi- sissant des secteurs en plein
de la classe (selon le classement Doing business, il est le troi- sième pays où il est le plus fa- cile de faire des affaires en 2015). Son modèle écono- mique reste flexible. La main d’œuvre est toujours prête à bouger. Une mobilité rendue possible par de nombreuses formations qui facilitent la re- cherche d’emploi. En effet, contrairement à un Français,
avec l’entreprise reste impor- tante. « La culture de tribu existe au Danemark depuis longtemps. Nous sommes tous chefs et par ce fait une véritable considération réciproque et une solidarité dans la vie de tous les jours existe. » Ajoutons des secteurs informatique et de construction plus ouverts sur l’international qu’aupara- vant – « la construction du
de taxe pèsent sur toutes les entreprises pour que l’Etat puisse les placer dans son fonds souverain pour les générations suivantes. « Cette culture tour- née vers les générations futures pousse les Norvégiens à in- nover dans l’industrie : sous- marine, pétrolière, et celle de la technologie et de l’énergie qu’ils peuvent utiliser partout », souligne Ludovic Caubet, directeur de la Chambre de commerce Franco-Norvé- gienne. mais aujourd’hui, les montagnes russes des prix du pétrole ont considérablement remis en question le modèle. « Le pays se pose la question : devons-nous investir sur le pé- trole et le gaz ou nous tourner vers d’autre énergies nou- velles ? Dans le dernier cas : comment utiliser les techno- logies dans d’autres secteurs (la défense, la médecine...) ? » C’est donc le moment pour les entreprises étrangères, et notamment françaises, d’entrer dans le jeu. « Le digital, la santé et l’énergie sont autant d’opportunités à venir dans un marché qui est désormais plus ouvert et abordable. »
attire par ses performances et son esprit compétitif. « Du fait qu’il y a beaucoup d’in- teraction entre le monde aca- démique, professionnel et celui des investisseurs, l’en- vironnement devient plus in- téressant pour les start-up. C’est le cas à Stockholm. De plus l’administratif est effi- cace : tout se fait en une journée et de façon digitale », affirme victor millien de la Chambre de commerce Franco-Suédoise. Portée sur les secteurs de la biotechno- logie, l’industrie des trans- ports, les infrastructures, les tiC et tout ce qui touche au développement durable, la Suède reste le laboratoire de l’Europe. Ainsi, elle est ou- verte aux start-up innovantes du monde entier. or, il sem- blerait que celles-ci ne se pré- cipitent pas sur son marché. « Il faut au préalable com- prendre l’état d’esprit suédois qui se base sur la patience et la confiance. »
Pendant que Hans Christian Andersen envoutait les petits Européens avec ses contes imagés, le modèle économique des pays Scandinaves a fait rêver les grands. Et les entreprises ?
Le Fjord n’est pas qu’un yaourt, c’est aussi l’entrée du pays du Père Noël. On ne connaît pas assez la Scandinavie...
LE CARACTÈRE DE LA SUÈDE
Pendant très longtemps, la Suède a été prisonnière d’un modèle social lourd et coû- teux. mais vers 1990, de pro- fondes réformes de la poli- tique économique ont été ef- fectuées : réduction des défi- cits publics, changement de
LES ENTREPRENEURS FRANÇAIS BOUDENT- ILS CES EUROPÉENS
« POLAIRES » ?
tionales (iFri), spécialiste des questions européennes. Les pays scandinaves ont toujours été dépendants du commerce international. Certains secteurs sont cependant restés vérita- blement nationaux. En Scan- dinavie, il y a eu la volonté politique de soumettre certaines activités au contrôle de l’état. Le secteur financier, par exem- ple, a longtemps été très ré- glementé. Devant l’impossi- bilité de sortir des fonds de leur pays, les entreprises ont dû trouver d’autres moyens pour se développer à l’étranger, comme par exemple la cotation sur une place étrangère. Elles ont aussi réalisé un nombre important d’acquisitions en Europe et aux états-Unis dans les années 80. Ce qui leur a permis d’avoir accès à ces marchés plus facilement. Lorsque par la suite les marchés
développement, ils ont su s’adapter à la mondialisation tout en continuant d’innover. mais tout n’est pas rose. « La Finlande connaît par exemple actuellement des difficultés, avec une croissance presque nulle depuis quatre ans. La Commission européenne l’a
un Danois change de travail en moyenne sept fois. « Nous comme un pays pragmatique, déclare Anders torbøl, prési- dent de la Chambre de com- merce Franco-Danoise. Les procédures administratives sont simples et rapides et les règles du licenciement collectif sont
tunnel vers l’Allemagne n’y est pas étrangère », rappelle le président de la Chambre de commerce.
Si les entreprises françaises sont très peu présentes dans les pays scandinaves, c’est tout simplement parce qu’ils n’ap- paraissent pas sur leurs radars. il est vrai qu’en matière d’in- ternational, les Français ciblent les pays de l’UE et notamment l’Allemagne, le royaume-Unis et la belgique. Quant à l’ex- portation, ils visent plus les Etats-Unis, et les grands émer- gents comme la russies, la Chine et l’inde. « Les besoins des pays nordiques, pourtant
Les besoins des pays nordiques, pourtant toujours cités
en exemple pour leur stabilité et leur intelligence de développement, ne sont pas assez bien identifiés par la France
n exemple pour
LA NORVÈGE ÉNERG(ÉT)IQUE
Le pays a réussi à tirer profit de ses ressources naturelles au
placée sous surveillance pour très limitées en comparaison maximum. C’est l’histoire d’un la politique monétaire, pour- son déficit budgétaire », rap- de la France. Notre législation pays tourné vers la mer et vi- suite des réformes libérales pelle le chercheur. sociale est plus libérale qu’en vant de la pêche, qui vers 1960 dans le secteur public et res-
toujours cités e.
leur stabilité et leur intelligence de développement, ne sont pas assez bien identifiés. Mais c’est en train de changer, investis- sements hexagonaux et par- tenariats se multiplient », re- marque Dominique brunin, délégué Général de CCi France international.
Europe et nous n’avons qu’un découvre le Graal : du pétrole tauration d’accords collectifs LA FLEXISÉCURITÉ seul syndicat. » Le modèle et du gaz. il devient donc l’un négociés au niveau national. DANOISE AU danois fonctionne aussi grâce des rares pays qui a su Ainsi, le nouveau régime per- SOMMET à une particularité culturelle. construire son modèle social met à la Suède de bénéficier Le Danemark ouvre ses bras Si dans certains pays la délé- et économique grâce à ses ri- d’une accélération des gains aux autres pays et se présente gation du pouvoir peut être chesses et surtout, à s’inscrire de productivité qui se pro- depuis peu comme le premier très poussée, ici l’identification dans la durée. En effet, 75% longe jusqu’en 2007. Le pays
Anna Ashkova
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