Page 88 - EcoRéseau n°25
P. 88

www.ecoreseau.fr
n°25
ART DE VIVRE & PATRIMoINE Patrimoine - Assurance-vie
RISQUE ET RENTABILITÉ DES CONTRATS EN UNITÉS DE COMPTE Pour espérer une meilleure rentabilité, il faudra donc miser sur les contrats en unités de compte (UC). Avec ces contrats, l’épargne est investie sur différents supports finan- ciers : parts d’actions, parts de sociétés ou fonds de placement (actions de Si- cav, parts de FCP, de SCPI, parts ou actions d’oPCI...). Selon la fluctuation des marchés financiers et im- mobiliers, la valeur du contrat peut diminuer. L’épargnant prend donc un risque et peut, au terme de son contrat, retrouver un capital global inférieur à l’épargne versée.
prendre aux clients qu’UC n’est pas synonyme d’ac- tions, mais qu’il existe un panel de solutions. Le choix n’est pas binaire en- tre euros et actions », jus- tifie olivier Mariée, direc- teur des activités Epargne d’Axa France. D’une ges- tion pilotée pour les profils les moins avertis à une of- fre en architecture ouverte pour les clients qui veulent faire leurs arbitrages en gestion libre, Axa réalise aujourd’hui 40% de sa col- lecte en UC.
Si la fin des fonds en euros n’est certainement pas pour demain, un mouvement s’amorce. « Les fonds en euros sont largement ma-
montant ne représente en- core que 21% des cotisa- tions 2015, mais les ver- sements sur les supports UC sont en progression de
risque intermédiaire puisque le capital n’est ga- ranti qu’au terme d’une détention minimale de huit ans, mais que le rendement
serve le directeur des acti- vités Epargne d’Axa France. Le Trésor justifie d’ailleurs ce retard à l’al- lumage par « la baisse très importante des taux d’in- térêt, qui pénalise les nou- veaux fonds ne pouvant in- vestir sur le marché obli- gataire que dans des titres à rendement réduit, tandis que les fonds euros exis- tants, qui bénéficient en- core d’obligations plus an- ciennes, offrent un rende- ment supérieur bien qu’en décroissance. »
Les fonds euros existants, qui bénéficient encore d’obligations anciennes, offrent un rendement supérieur bien qu’en décroissance
joritaires aujourd’hui dans notre mutuelle, mais une diversification vers les UC est lancée. Nous ajoutons d’ailleurs une UC Immo-
36% par rapport à la même période en 2014.
« Après un demi-siècle de produits miracles, les clients vont chercher des
attendu est meilleur que les fonds en euros. Voulus par le gouverne- ment comme un outil de financement de l’économie,
Pour faciliter le décollage des fonds euro-croissance, il est envisagé d’adopter un dispositif temporaire permettant le transfert de certains actifs en plus-va- lues latentes des fonds eu- ros vers les fonds euro- croissance, dans une pro- portion à déterminer. « C’est scandaleux pour l’épargnant. De plus, les fonds euro-croissance ré- pondent à un souhait du gouvernement, mais n’ont pas d’intérêt pour l’épar- gnant », estime Cyrille Chartier-Kastler.
« Diversifier son épargne est intéressant sous réserve d’un certain horizon de placement. Tous les contrats en unités de compte ne se valent pas. Plutôt que les contrats standards, gérés par des asset managers, avec 10 à 20 unités de compte, qui affichent des frais de ges- tion élevés et pas les meil- leures performances du marché, il est préférable d’opter pour les contrats patrimoniaux avec 30 à 100 UC, voire même 200 UC référencées. Une gamme plus riche et plus variée pour faire ses arbi- trages et réaliser des plus- values », affirme Cyrille Chartier-Kastler. Un suivi précis est alors nécessaire, mais la faible culture éco- nomique et financière de bon nombre de Français constitue un frein. En 2014, le rendement moyen des supports en unités de compte s’élevait à 4,7%. Un taux qui peut grimper grâce à des arbitrages ju-
Le panorama de l’assu- rance-vie est donc beau- coup plus vaste que ce qu’imaginent la plupart des souscripteurs. Et après que « les Français se soient intoxiqués à l’assurance- vie sans diversifier, il est aujourd’hui nécessaire
Un profil qui privilégiera sûrement un contrat en unité de compte à un fonds en euros...
LinXea entend bien, lui aussi, couvrir la clientèle la plus large possible. « Les épargnants peuvent visua- liser en temps réel la si- tuation de leur épargne grâce à un outil baptisé
bilier à notre contrat mul- tisupport. Cette diversifi- cation s’effectue dans le cadre d’une démarche de conseils et dans une rela- tion de confiance nouée avec nos adhérents », in-
alternatives crédibles. La surcapacité d’épargne des Français et la probléma- tique des retraites laissent penser que l’assurance-vie va continuer d’être un vé- hicule privilégié. Le modèle va se réinventer, il n’y aura pas de solution évidente et l’expertise de spécia- listes sera primordiale », prévoit olivier Mariée.
les fonds euro-croissance n’ont pas connu le succès escompté. « C’est un bon produit mis sur le marché au mauvais moment », ob-
pour les o.
changer de cap afin de privilégier les unités de compte, l’engagement des épargnants sur le moyen- long terme et la promotion d’approches de prépara- tion à la retraite », conclut le dirigeant de Good Value for Money.
Séverine Renard
Portrait-robot du souscripteur
Une enquête de l’Association française de l’assurance (AFA), réalisée en mars 2014, révèle que les retraités constituent 35% des souscripteurs de contrats devant les employés (25%), les cadres moyens et les agents de maîtrise (16%), et les actifs non salariés (8%). Le revenu brut annuel moyen du ménage des souscripteurs se monte à 41200€, mais 57% déclarent un revenu inférieur à 35000€. Enfin, si le patrimoine financier moyen des sous- cripteurs s’établit à 102100€, plus de la moitié des sous- cripteurs déclarent un patrimoine financier inférieur à
45000€.
pérateurs de
Il faut faire comprendre que le choix n’est pas binaire entre euros et actions, il existe tout un panel de solutions
Profilage
dicieux...
Sur ce marché des UC, BNP Paribas, Axa et Al- lianz représentaient 45% de la collecte en 2013. « Nous avons pris le virage plus tôt et formé nos agents. Il faut faire com-
Agregus. Ils sont ainsi ac- teurs et s’affranchissent du conseiller. Nous main- tenons également un ser- vice avec un conseiller pour une approche didac- tique », commente Sté- phane Carlucci.
siste Bernard Altariba. Dans ce contexte, il est à noter que, d’après les don- nées de l’AFA, les verse- ments sur les supports uni- tés de compte s’élèvent à 18,4 Mds d’euros depuis le début de l’année. Ce
LE GOUVERNEMENT VEUT DOPER LES FONDS EURO-CROISSANCE Le produit de demain sera peut-être le fonds euro- croissance... Au sein des contrats multi-supports, ces nouveaux fonds, lancés en 2014, offrent un profil de
88
NoVEMBRE 2015


































































































   86   87   88   89   90