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n°25
ART DE VIVRE & PATRIMoINE Patrimoine - Assurance-vie
Focus sur un placement ou investissement afin d'analyser les tendances et évolutions
Le temps des questions
Ces contrats font des émules, ce qui n’empêche pas les souscripteurs de faire l’arbitrage entre sécurité
et rentabilité en période de baisse de taux.
2014. Une tendance qui ne devrait pas s’inverser après la nouvelle baisse de ré- munération du Livret A, dont le taux est passé de 1% à 0,75% au 1er août 2015.
Altariba, directeur des adhérents de la mutuelle d’épargne Carac, compare l’assurance-vie à « un cou- teau suisse qui permet de répondre à plusieurs ob- jectifs ».
rendements supérieurs.
Quelques arguments très simples expliquent l’attrait des contrats d’assurance- vie. « Le cadre juridique et fiscal offert est le plus abouti pour gérer son
« Nous avons une politique tarifaire très serrée car notre structure nous permet d’avoir des coûts de fonc- tionnement faibles. Nos ta- rifs sont inférieurs d’un tiers à la concurrence. Nous sommes les premiers à avoir pratiqué 0€ de droit d’entrée et 0,6% de frais de gestion », fait valoir le
FONDS EN EUROS :
LA DESCENTE IN-
FERNALE DES TAUX
Pour autant, l’épargnant a-
t-il raison de concentrer directeur de LinXea.
Un couteau suisse qui permet de répondre à plusieurs objectifs
épargne », résume Sté- phane Carlucci, directeur général de LinXea, spé- cialiste de l’assurance-vie en ligne. Dans le baromètre CSA “Les Français, l’épargne et la retraite”, 49% des personnes inter- rogées jugent l’assurance- vie comme un placement sûr et 32% soulignent l’avantage fiscal sur les droits de succession. Deux atouts de taille pour des Français qui choisissent l’assurance-vie afin de pré- parer leur retraite (48%) et d’aider financièrement leur famille (37%). Bernard
LUn succès qui repose sur l’impression qu’a le souscripteur de prévoir l’avenir pour lui mais aussi sa famille
son épargne sur l’assu- rance-vie ? La question mérite d’être posée au vu des derniers taux de ren- dement affichés. « En 2014, le taux de rendement moyen des fonds en euros s’élevait à 2,48% et nos prévisions tablent sur 2,25% nets de frais de ges- tion en 2015 », indique Cyrille Chartier-Kastler. Un taux satisfaisant par rapport à d’autres produits d’épargne sans risque, même s’il est loin des taux pratiqués il y a quelques années. « L’assurance-vie affichait 5 voire 6% de rentabilité par le passé, mais les taux actuels sont bons quand on regarde le paysage des placements sans risque », souligne Sté- phane Carlucci.
« Nous n’avons pas d’ac- tionnaires à rémunérer et nous nous positionnons sur une gestion de long terme », indique pour sa part Bernard Altariba pour expliquer les taux de ren- dement de la Carac.
’assurance-vie a Les encours accumulés de contrats d’assurance. conquis la place de continuent de croître à un Selon les chiffres d’août
Si l’assurance-vie est sans aucun doute à un tournant, la raison est à la fois simple et technique. Schématique- ment, on peut distinguer deux grands types de contrat : les fonds en euros et les unités de compte. Le contrat d’assurance-vie en euros est un contrat mono-support et l’épargne est investie en obligations, emprunts d’Etats, bons du Trésor. Les sommes enga- gées et les intérêts capita- lisés sont donc garantis par l’assureur. « Leur rentabi- lité est orientée à la baisse car l’OAT, le taux de réfé- rence des placements obli- gataires, qui s’affichait à 16%ilya30ansestré- cemment descendu à 0,9%, analyse Cyrille Chartier- Kastler. Et le matelas constitué par les encours en euros n’absorbera pas la baisse éternellement. » L’arrivée prochaine de Sol- vency II, qui va limiter la prise de risques dans les actifs des fonds en euros, est un autre élément à pren- dre en compte.
important », 2015 de l’Association fran-
produit d’épargne rythme
préféré des Français : 25% confirme Cyrille Chartier- çaise de l’assurance (AFA),
pour l’assurance-vie, 20% pour le PEL et 18% pour le Livret A. « L’assurance-
La Tontine, association collective d’épargne viagère, réunit des épargnants pour investir des fonds en commun avec un horizon de placement déterminé, entre 10 et 25 ans. Deux types de Tontine sont proposés : la Tontine à prime unique pour investir un capital de départ ou la Tontine à primes périodiques pour épargner à fréquence régulière. Au terme, le produit, à savoir les sommes investies, les revenus générés, les plus ou les moins-values et les bénéfices de mutualité, est réparti entre les bénéficiaires des adhésions dont les assurés sont en vie. L’adhérent peut souscrire une assurance décès permettant de verser un capital aux béné- ficiaires désignés.
Avec ce modèle, les fonds sont indisponibles pendant toute la durée du contrat. C’est là l’un des secrets des performances de la Tontine. « L’échéance fixe permet d’adopter une gestion financière fine à horizon déterminé. Ce long terme
confère à nos gestionnaires une liberté et une souplesse
Kastler, fondateur de Facts & Figures, conseil en stra- tégie sur l’assurance, et de Good Value for Money, prescripteur indépendant
les
depuis le début de l’année atteignent 89,6 Mds d’eu- ros, contre 85,9 Mds d’eu- ros à la même période en
cotisations collectées
vie enregistre une
mique de forte collecte.
dyna-
La Tontine
L’avantage du long terme
Cette baisse progressive des taux des fonds en euros est appelée à se poursuivre. « Nous évaluons la baisse entre -15 et -20 centimes par an pour les prochaines années », fait savoir le fon- dateur de Facts & Figures. S’il n’y a donc pas « d’alerte majeure pour l’épargnant », la rentabilité peut tout de même vite fondre entre les prélève- ments sociaux de 15,5%, l’inflation et les frais de gestion. Certaines compa- gnies servent toutefois des
de gestion uniques. Ils sont en mesure d’opter pour des in- vestissements à long terme, en se positionnant aux moments opportuns sur les marchés financiers », explique Le Conser- vateur, groupe mutualiste considéré comme le seul acteur sur le marché des Tontines.
« La Tontine affiche chaque année un rendement de 1 à 2% meilleur que les fonds en euros », souligne l’expert Cyrille Chartier-Kastler. De plus, la Tontine bénéficie du régime fiscal privilégié de l’assurance-vie : au terme de l’adhésion, les plus-values sont imposées soit à l’impôt sur le revenu, soit sur option au taux réduit actuellement en vigueur de 7,5%.
« Pour ouvrir une Tontine, il faut avoir bien intégré que votre argent est indisponible et que vous devez faire confiance aux gestionnaires », insiste Françoise, 45 ans, qui a ouvert une Tontine il y a 20 ans.
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