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n°25
STRATÉGIE & INNoVATIoN NUMÉRIQUE Business Story - Schneider Electric
Retour sur l'histoire d'une entreprise française que les innovations portent vers les marchés internationaux
L’acier n’est plus qu’un souvenir
L a saga démarre en 1836 quand les frères Adolphe et Eugène Schneider font l’acquisition des mines, forges et fonderies du Creusot. L’essor de l’in- dustrie permet alors à l’en- treprise de se développer dans les secteurs de la mé- tallurgie, de la mécanique lourde, des chemins de fer et de la construction na- vale. Après la Première Guerre mondiale, l’élec- tricité, l’acier et le béton deviennent incontourna- bles et font prospérer Schneider jusqu’à la crise des années 1930 puis la Seconde Guerre mondiale. Dans une France à recons- truire, le groupe choisit les productions civiles et se tourne vers la construc- tion, la sidérurgie, l’élec- tricité et le nucléaire. Mais derrière des succès ma- jeurs, Schneider souffre du déclin de l’industrie lourde, d’une mauvaise gestion financière et d’un manque de prospective. Racheté par la famille Em- pain en 1969, le groupe connaît une période diffi- cile marquée par la crise des secteurs traditionnels et des diversifications ha-
Un groupe fort de 180 ans d’histoire, mais qui adopte une vision d’avenir, avec un pari mondial osé sur l’efficacité énergétique.
de réussites et d’échecs, Schneider Electric sait peut-être mieux appréhen- der et anticiper les évolu- tions que la moyenne. Le groupe, qui se définit comme le spécialiste de
clients des solutions d’amélioration de leur confort et de réduction énergétique. » Un pari am- bitieux qui semble d’ores et déjà gagné. Dans les secteurs de l’industrie, des
firme le directeur du dé- veloppement durable. Ce baromètre mixe des indi- cateurs d’évaluation de qualité des produits et d’évaluation des actions du groupe en interne. Le
UN ENGAGEMENT SOCIÉTAL MARQUÉ Si le groupe veut apporter à ses clients des solutions concrètes au défi clima- tique, il vise également à proposer des solutions
e
ment primé : 9 au classe-
ment mondial 2015 de Corporate Knights des 100 entreprises les plus avan- cées en matière de déve- loppement durable, 3e en- treprise industrielle la plus verte dans le Newsweek Green Ranking 2015, 1ère entreprise la plus durable du CAC 40 selon le clas- sement Enjeux-Les Echos...
sardeuses.
En 1981, l’arrivée à sa tête de Didier Pineau-Valen- cienne marque un nouvel essor avec une phase de rationalisation suivie d’une phase de conquête. Des acquisitions ciblées et un recentrage sur les métiers de l’électricité permettent à Schneider de renouer avec la croissance et de s’affirmer comme le spé- cialiste de la distribution électrique et des automa- tismes. Un positionnement qui se traduit par le nou- veau nom adopté en 1999 : Schneider Electric.
la gestion de l’énergie et revendique la place de lea- der mondial de l’efficacité énergétique, a ainsi mesuré très tôt les enjeux du dé- veloppement durable.
infrastructures, du bâtiment et des centres de données, Schneider Electric propose des technologies intégrées pour optimiser l’utilisation de l’énergie. « Nos solu-
dernier relevé du tableau de bord 2015-2017 montre ainsi la progression du chiffre d’affaires réalisée avec des produits labellisés Green Premium, aussi bien
d’accès à l’énergie au quart de la population mondiale qui en est privé. « L’accès à l’énergie est un droit humain fondamental. Tout le paradoxe énergétique est de trouver un équilibre entre l’empreinte carbone de notre planète et le droit indéniable de chacun à une énergie de qualité », résume Jean-Pascal Tri- coire, P-Dg de Schneider Electric, dans le rapport Stratégie et Développe- ment Durable 2014-2015. Derrière l’accès à l’énergie se cachent de multiples enjeux. « L’énergie, c’est la santé, la capacité de développement, une partie de la réponse aux flux mi- gratoires... », traduit Gilles Vermot Desroches. Toutes ces actions en fa- veur du développement durable valent à Schneider Electric d’être régulière-
Pour réussir à être agile cette entreprise présente dans 130 pays, Schneider Electric a surtout révolu- tionné son modèle orga- nisationnel et positionné ses équipes au cœur des territoires les plus dyna- miques de la planète. « Nous travaillons avec des collaborateurs aux compétences diverses ba- sés aux quatre coins du monde », indique Gilles Vermot Desroches, qui ne manque pas de rappeler
La création d’Adam revisitée par Schneider Electric...
Avec le développement du- rable, Schneider Electric cumule les récompenses, mais dope également son chiffre d’affaires, multiplié par presque 2,5 en dix ans. En 2014, le groupe a enre- gistré 24,9 Mds d’euros de CA bien répartis entre les différentes zones : 28% en Europe de l’ouest, 28% en Asie-Pacifique, 25% en Amérique du Nord et 19% dans le reste du monde. L’engagement de Schneider Electric et son programme d’accès à l’énergie dans les pays en développement n’est peut-être pas étranger à sa bonne pénétration des marchés émergents.
Dès les années 2000, nous nous sommes posé la question de la convergence entre les transitions numérique et énergétique
L’OPPORTUNITÉ VERTE
Fort de cette histoire riche
que l’illustration la. marquante de cette straté- gie fut l’installation de Jean-Pascal Tricoire et de plusieurs membres de l’état-major à Hong Kong en 2011, même si le siège social du groupe reste basé à Rueil-Malmaison, dans les Hauts-de-Seine.
60 NoVEMBRE 2015
« Dès le début du siècle, nous nous sommes posé la question de la conver- gence entre la transition numérique et la transition énergétique, confirme Gilles Vermot Desroches, directeur du développe- ment durable de Schneider Electric. Nous avons alors eu la conviction d’être l’entreprise mondiale qui allait réaliser cette conver- gence pour apporter à ses
tions permettent de mieux et moins consommer pour mieux vivre », explique Gilles Vermot Desroches. Cette efficacité énergé- tique, le groupe a choisi de la contrôler. « En 2005, nous avons mis en place un outil de pilotage : le baromètre Planète & So- ciété, avec pour ambition de transformer en progrès mesurables nos belles idées d’engagement », af-
que le nombre de per- sonnes défavorisées for- mées aux métiers de l’éner- gie. outil de communica- tion, de simplification et de progrès, le baromètre témoigne d’une volonté de transparence et d’exem- plarité. « Les résultats sont une composante de la ré- munération de nos colla- borateurs », souligne Gilles Vermot Desroches.
plus
Jacques Donnay

